Chapitre 26 : the dark side

Par Alexandre et Eléa le 31 décembre 2018 1
Dans Expériences de candaulistes

Je me montrai patient dans la quête d’un amant et Eléa accepta que l’on rencontre un autre homme dont les photos lui avaient particulièrement plu : Mike, un beau black, hétéro pur jus, d’une quarantaine d’années.
Cet homme était en tous points à l’opposé de Clarence, il n’avait aucun désir de charmer par écrit, et se montrait même plutôt distant. Nous fixâmes un rendez-vous dans un bar, un soir en semaine. Mike qui comprit que j’avais, pour ma part, besoin de contact à l’écrit, fit cependant quelques efforts pour m’exciter en m’envoyant plusieurs messages encourageants la veille et la journée du rendez-vous.

Nous arrivâmes avant lui dans le bar. Le barman, un beau black, à la barbe très bien taillée nous accueillit avec un sourire si chaleureux et des yeux si pétillants que je crus un instant que c’était Mike. Il nous plaça à une petite table, Eléa s’installa sur la banquette qui courait tout le long du mur, et je pris place à un tabouret en face d’elle. Mike pourrait ainsi s’assoir tout à côté de ma chérie. C’était la configuration « classique » lors de nos rencontres. Peut-être aurait-elle voulu que je sois plus protecteur en me positionnant d’emblée à coté d’elle, peut-être appréciait-elle que je cède cette place aux hommes dont nous faisions la connaissance, ou peut-être se moquait-elle tout simplement de qui devait s‘asseoir où… Il me semblait pour ma part naturel de favoriser le rapprochement entre Eléa et son potentiel futur amant. Cela leur donnait une plus grande intimité et, si d’aventure l’envie leur prenait, permettait quelques effleurements discrets.

Non loin de nous, sur la banquette et à la table voisine, quatre jeunes femmes étaient installées. Le long du mur opposé, un groupe nombreux et bruyant monopolisait l’attention des serveuses. Le bar fut bientôt rempli.

L’heure tourne. Il est en retard… Un instant nous évoquons la possibilité qu’il nous ait posé un lapin. Je guète l’entrée du bar : il arriva enfin.

Salutations d’usage, la discussion s’engage rapidement. Si par écrit, Mike était franchement laconique, il se révèle bien plus engageant à l’oral. Loquace, souriant, la glace se brise bien vite. Nous parlons de nos expériences libertines passées et de ce bar qu’Eléa et lui connaissent bien déjà. Mike est animé, à l’aise, nous aussi mais je surprends Eléa poser sur lui un regard dubitatif quand il esquive une ou deux questions par une pirouette. Il est lui aussi en couple « ouvert », mais ne s’appesantit pas trop sur sa situation personnelle, préférant orienter la conversation sur Eléa et moi. Mike a visiblement une certaine habitude de ce genre de situation, il nous considère comme une entité et prend soin, quand il s’adresse à l’un, d’inclure l’autre par le regard. Nos verres sont terminés, voilà le moment de vérité. Chacun rentre-t-il chez soi ? Ou bien partons pour un second round ? Eléa me demande d’aller au bar lui commander un autre verre. Je me dirige vers le comptoir : le regard circonspect qu’elle lui a lancé tout à l’heure reste présent à mon esprit : était-il de mauvais augure ? a-t-elle besoin d’un peu plus de temps pour déterminer si Mike lui plait ? Ou bien a-t-elle déjà pris sa décision : elle veut profiter de l’ambiance du lieu puis nous nous séparerons une fois le second verre bu ? Je trouve Mike bel homme et très plaisant mais n’arrive pas à savoir ce qu’Eléa, elle, pense de lui. D’habitude, je cerne bien mieux ses réactions.

Le barman me remet le cocktail d’Eléa, je me retourne pour me diriger vers notre table, et là, surprise : ils sont en train de s’embrasser à pleine bouche !!! Décontenancé, je m’arrête net. Les premières notes de ma musique préférée, la symphonie candauliste, viennent de retentir. Arpèges : « Tu es parti, comme un gentil petit mari, prévenant et obéissant, chercher un verre pour ta Déesse, et elle a profité que tu aies le dos tourné pour entamer les hostilités. » Mon cœur s’accélère, je retourne à la table, m’assois et pose le cocktail d’Eléa. Dans ma tête, un petit violon moqueur se met à me jouer : « Ils ne prennent même pas la peine d’arrêter quand tu reviens ! Ils t’ignorent superbement ! » Puis les violoncelles s’en mêlent : « Et ils font ça au vu et au su de tout le monde ! Regarde, c’est officiel : tout le monde sait que tu es cocu ! » Je réalise en effet à cet instant que les autres clients et les serveuses n’ont pas pu ne pas remarquer qu’Eléa était rentrée à mon bras et qu’actuellement c’est un autre homme qu’elle embrasse sans pudeur. Alors que j’avais saisi la main d’Eléa, pour faire corps avec elle, je la retire doucement… me disant que si les regards se portent sur notre table, nos mains jointent ne font que confirmer ce qui est déjà trop évident : ma condition de compagnon complaisant ! Un sentiment de gène mêlée d’excitation monte en moi… Leur baiser profond est interminable… Eléa ne m’avait jamais fait ce coup là : se laisser embrasser par un autre en public… Et quelle fougue dans ce baiser !

Leurs bouches se séparent. Mes pensées s’accélérèrent, j’ai envie de leur dire de continuer… Mike a parlé tout à l’heure d’un autre salon dans ce bar que les serveuses ouvrent de temps à autres pour y placer les clients qui se bécotent un peu trop ouvertement… J’imagine Mike demander qu’on ouvre ce salon pour Eléa et lui, et qu’ils s’y rendent main dans la main pendant que je reste seul… Puis je reviens à la réalité.
Plus besoin de demander à ma chère et tendre si Mike est à son goût. Eléa termine son second cocktail puis nous sortons du bar pour nous rendre dans un appartement qu’un ami de notre complice lui a prêté pour la soirée. Nerveux et pressé d’arriver, je fume trois cigarettes sur le chemin. Je suis surpris de voir qu’Eléa et Mike semblent parfaitement détachés. Sur la route la conversation a en effet repris un ton badin, comme si rien ne s’était passé… et comme si rien n’allait se passer. Dans ma tête tout tourne à cent à l’heure, suis-je donc le seul pervers de ce trio ?

Arrivés dans l’appartement, nous enlevons nos épaisses couches de vêtements, Mike met un fond musical agréable. Nous faisons rapidement le tour du propriétaire, et alors que la discussion s’engage sur l’appartement, je descends pour passer prestement à la salle d’eau. Lorsque je remonte dans le salon, moins d’une minute après, ma petite musique intérieure démarre au quart de tour, second mouvement de la symphonie pour cocu, intitulé « quand le chat est parti les souris dansent » : Eléa et Mike debout contre le mur, sont à nouveau bouche contre bouche ! Bien sur je suis candauliste, il n’y a donc pas de « tromperie » mais c’est pourtant un sentiment d’être trompé, et surtout ridiculisé qui m’étreint en ce moment : par deux fois je tourne le dos, par deux fois ils en profitent pour s’embrasser ! Eléa sait connait parfaitement le plaisir « brut » que je prends à la voir dans les bras d’un autre, mais a-t-elle idée de l’excitation que je tire du sentiment d’humiliation que je ressens actuellement ? Ont-ils juste cédé à une envie, ou bien ont-ils au contraire orchestré ce second baiser pour que je tombe dessus « par hasard » ? J’ai envie de les encourager : « Manquez-moi de respect ! Faites pousser mes cornes ! » Mais je ne peux décemment pas mettre en avant mes pulsions candaulistes. Le but de cette soirée est qu’Eléa se fasse plaisir. Et pour cacher la honte que je ressens à aimer être ainsi le cocu de service, je lâche sur le ton de la plaisanterie :

- Non mais c’est une manie ou quoi ? Dès que j’ai le dos tourné vous en profitez !

Je m’approche d’eux et commence à caresser le ventre d’Eléa. Elle m’arrête net, en me décochant un sourire malicieux :

- Qui t’a permis de me toucher ? Il faut demander la permission avant !

- Parce que Mike a demandé la permission, lui ?

- Il n’a pas besoin de permission. C‘est l’amant : il a le droit !

J’ai envie de la remercier de prendre ainsi soin de moi en me disant ces mots qui, elle le sait, font mouche. Alors que Mike continue de ses mains et de sa bouche l’exploration du corps d’Eléa, je me plie aux volontés de ma Déesse, lui demandant la permission de la toucher et de l’embrasser.

- Non, me répond-t-elle. Toi tu regardes, c’est tout ce que tu as le droit de faire !

Je suis abasourdi. Je ne m’attendais pas du tout à cette réponse !

Je pensais qu’Eléa ne cherchait qu’à m’émoustiller et qu’elle me laisserait bien évidemment la toucher, une fois la permission humblement demandée.

Appuyée sur un rebord de mur intérieur, elle me regarde avec un sourire triomphant, alors que Mike, qui a passé une main sous le tissu de sa culotte, commence à caresser son entrecuisse.
Je tends une main vers elle, qu’elle repousse aussitôt.

- Qu’est-ce que je viens de dire ? Il faut te gifler pour te faire comprendre ?

Les caresses de Mike se font plus appuyées, il est dans le dos d’Eléa, toujours la main dans sa culotte. Eléa à son tour pose sa main sur la bosse qui déforme sa braguette.

- Tu sens quelque chose d’intéressant par là ? lui dit-il.

- Tout à fait intéressant.

Je suis complètement déstabilisé. Elle est vraiment sérieuse : je n’ai pas le droit de l’approcher ! Je n’y tiens plus… la voir à quelques centimètres de moi et ne pas pouvoir même l’effleurer. Je me tords les mains de frustration… et commence à me toucher à travers mon pantalon. Je ne bande pas, c’est mon cerveau qui bande.

Eléa ne s’était jamais montrée si dominante en présence d’un amant, jamais elle n’avait osé pousser le jeu aussi loin. Mais d’ailleurs, était-ce un jeu ? Je scrutai Eléa. A l’air légèrement sadique qu’elle affichait, je réalisai que non. Non, elle ne « jouait » pas à me frustrer, elle ne faisait pas semblant de m’imposer ses volontés. Non, elle ne venait pas d’enfiler un masque de domina… au contraire : elle venait de laisser tomber celui de la pudeur et prenait purement et simplement le pouvoir, à la fois sur moi mais également sur ses propres tabous. Un sourire de contentement illuminait son visage. Je l’avais observé à de très rares occasions lorsqu’elle avait osé me mordre ou bien me flageller de toutes ses forces avec la badine, me laissant implorant au sol, brisé et comblé à la fois. Ce sourire vainqueur, ce soleil intérieur, voilà ce qui animait alors Eléa. Elle avait réussi à crever la bulle réconfortante du couple, et des convenances qui lient deux êtres qui s’aiment, pour être en accord avec ses pulsions les plus profondes. L’heure n’était plus à la retenue, à la conciliation, ou à la tendresse. Elle venait une nouvelle fois de laisser s’exprimer ses envies, sans honte, et cette fois en passant outre la présence de Mike (peut-être même celle-ci l’y encourageait-elle) et osait se montrer parfaitement salope, cruelle et supérieure. J’étais subjugué de la voir se libérer ainsi.
Sa libération et mon asservissement conjugués… Dieu que cela me plait, mais pourtant je lutte pour ne pas la toucher, ça en devient douloureux… Mike, pour sa part, ne se prive pas. Il vient de retirer le dernier rempart entre ses mains et l’intimité d’Eléa. Elle est penchée en avant, les coudes appuyés sur la table du salon, les jambes écartées, son collant et sa culote tendus à l’extrême entre ses chevilles. Elle offre sa croupe à Mike dans une pose réellement obscène.

- « Regarde-moi ce cul ! » dit Mike, en malaxant sans vergogne le postérieur généreux de ma chérie. Sa main claque d’autorité sur une de ses fesses. « Elle a vraiment un cul splendide ! »
Habile homme que ce Mike, visiblement habitué aux couples candaulistes : à la fois il complimente Eléa et l’objétise à mes yeux, en parlant d’elle à la troisième personne. Mon cerveau bout de plus en plus. Il la saisit par la taille et vient frotter son bas ventre contre ses fesses dans un mouvement lent et appuyé. D’où je suis et avec l’obscurité ambiante, je n’arrive pas à voir s’il a sorti sa queue ou pas. Peu importe : les gestes de Mike sont déterminés, les mots qu’il emploie sont sans fard : il sait ce qu’il veut, et sait aussi parfaitement qu’il va l’obtenir. Voilà l’amant phallique et dominant qu’il fallait à Eléa. Ce simulacre de levrette, qui fait d’elle le jouet consentant de Mike, me transporte. Le triangle parfait se dessine : je me soumets à Eléa, elle se soumet à son amant… Leur envie commune monte, c’est palpable. Eléa va bientôt vouloir qu’il entre en elle. Pas besoin de mots, les deux semblent s’être compris. Eléa retire ses bottes pour se débarrasser définitivement de son collant et de sa culotte. Je voudrais me jeter à ses pieds pour les embrasser, mais ce n’est pas le programme qu’elle et son amant ont en tête. Mike emmène mon amour au rez-de-chaussée dans la chambre, je les suis, comme un petit chien fidèle.

Eléa s’installe à genoux sur le lit et aide Mike à enlever les boutons de sa chemise. Il retire son pantalon et son slip presque dans un même mouvement. Je tente d’allumer la lampe de chevet, peine perdue, celle-ci ne fonctionne pas. Quel dommage, je ne pourrai qu’entrevoir leur étreinte imminente. Je me déshabille prestement. Il fait un peu froid dans la pièce, Eléa a fait tomber sa jupe mais garde son haut noir. Mike est debout près du lit, Eléa à quatre pattes sur celui-ci, s’avance, panthère, pour engloutir sa belle queue d’ébène dressée. A cause de l’obscurité, il ne me sera malheureusement pas donné de voir l’éclat lubrique et complice dans les yeux bleus de ma douce alors qu’elle pompe en rythme son amant.

Je m’allonge sur le lit au plus près possible d’Eléa qui continue à sucer Mike avec gourmandise. Bon dieu, que j’aimerais pouvoir gouter sa queue aussi… je suis certain qu’il serait très bien dans ma bouche également… mais il est 100% hétéro… c’est frustration sur frustration… Eléa, elle, s’en donne à cœur joie et Mike se remet à commenter :

- « Bon sang, ce qu’elle suce bien ! Elle a une bouche merveilleuse ta chérie ! » Il pousse de petits gémissements de plaisir alors qu’elle accélère encore la cadence. « C’est vraiment une bonne suceuse ! »

Oh, ça je le sais… mais entendre Mike le dire, m’excite au plus haut point. A nouveau, ses mots sont à double tranchant : « une bonne suceuse »… Je ne sais pas commet Eléa les entends elle. Pour moi, c’est à la fois un compliment et un manque de respect pour ma tendre et douce, reléguée au rang de salope dont il utilise la bouche… « suceuse, pompeuse, bouche à pipes… » ces mots qu’il ne dit pas je les entends pourtant résonner… il continue :

- Ah, putain, elle suce comme une pro ! Tu ne trouves pas ?

Voilà, l’analogie est faite : « comme une pro », mes pensées accélèrent, je perds pied, alors qu’il compare ouvertement ma Déesse à une putain. Eléa enfonce le clou, abandonnant temporairement de la queue de Mike, elle lâche, d’un petit air moqueur :

- Oh, lui je le suce rarement !

Mon cerveau explose… Elle avait répondu à ma place, comme si je n’avais pas mon mot à dire…. Et tous ces sous-entendus contenus dans cette remarque bondissent dans ma tête. Cela veut dire « oh, lui il n’a pas le droit ! » et « De toute façon, lui il ne bande pas ! »

J’exulte qu’elle m’humilie aussi ouvertement devant Mike... Elle ne perd pas de temps en palabres supplémentaires et happe de nouveau le membre de son mâle, sans doute très fière de m’avoir séché ainsi.
Mike redouble de vigueur et empoignant les cheveux d’Eléa, s’enfonce plus loin dans sa bouche. Je suis estomaqué de le voir donner des coups de reins profonds et de se servir ainsi sans ménagement de la bouche de ma chérie. Il n’y va pas de main morte et Eléa se laisse faire. La gorge profonde n’est pas sa spécialité mais elle semble vouloir faire plaisir à son amant et lui offrir ce qu’il attend d’elle. Me voilà à la frontière la plus extrême de mes fantasmes. Mes désirs les plus obscurs… ceux que je peine, par honte, à avouer à Eléa. Que penserait-elle de mes sentiments si je lui en parlais trop ouvertement ? C’est pourtant ce que je vais faire en rédigeant ce blog… C’est la femme de ma vie, je l’aime de toutes mes forces, je veux la protéger, l’entourer, la vénérer mais je prends pourtant un pied magistral à la voir se faire malmener par cet homme : Mike est littéralement en train de lui baiser la bouche ! D’utiliser MA Déesse comme la dernière des salopes ! Ivre de plaisir, je tente de me contenir mais jouis une première fois. Honteux, je le garde évidemment pour moi…

Au bout de quelques secondes de ce traitement de choc, la bouche de ma belle lâche la queue de son amant. Il n’a pas perdu de temps et se saisit d’une capote. Eléa s’allonge sur le dos pour reprendre un peu son souffle et ses esprits. Mike enfile le préservatif et se couche sur elle. Je m’assois à coté d’eux, et me penche vers le visage d’Eléa pour l’embrasser. Elle n’a plus la force ou le désir de m’en empêcher maintenant, elle est passé dans un autre mode. Je dis doucement à Mike de la caresser, de l’embrasser dans le cou pour faire monter en elle le désir. Il ne prend pas la peine de le faire ou d’initier un cunnilingus, et Eléa abonde dans son sens, me glissant doucement :

- Non, ça c’est ton rôle à toi, de m’embrasser. Lui il est là pour me prendre.

Quel compagnon idiot je fais… je n’avais pas perçu qu’Eléa avait déjà dépassé le stade des embrassades et des coups de langue. Moi qui me targue d’être à l’écoute de son désir, je m’en veux d’avoir mal jaugé son excitation. Etais-je trop préoccupé par mes propres fantasmes pour comprendre qu’elle réclamait maintenant ce qui avait été l’évidence de la soirée : Mike, elle le veut en elle !

Si Mike avait accepté que je le touche, j’aurais volontiers frotté son membre contre les lèvres trempées d’Eléa puis introduit lentement sa queue dans l’antre avide de ma Déesse, mais le rôle de simple spectateur qui m’est dévolu me l’interdit. Impossible non plus de voir leurs sexes s’imbriquer : moi qui aime tant voir sa petite chatte glisser contre une queue avant de l’engouffrer, je n’aurais que le visage d’Eléa, et ses gémissements pour témoins. Il la pénètre alors…

Mike sait y faire. Ses premiers vas-et-viens sont lents, profonds sans l’être trop, comme elle aime. Il prend son temps. J’embrasse Eléa dans le cou, mais j’ai peur de la déranger. Elle gémit doucement, nul doute que c’est son amant qui la fait vibrer ainsi. Je saisis sa main. La serrant avec force. Mike continue à s’introduire et se retirer avec douceur mais fermeté. Je change de place pour mieux les observer. Sans succès : le corps d’Eléa disparait presque totalement sous la carrure imposante de son amant et je n’arrive pas à capter son regard. Seules ses jambes blanches relevées dépassent. Ses magnifiques pieds tressaillent en l’air quand Mike s’enfonce en elle. Il accélère maintenant la cadence projetant sa queue avec plus de force au fond de l’intimité d’Eléa, celle-ci commence à gronder de plaisir. Il continue à la prendre, sans faiblir, sans fléchir… inlassablement… depuis combien de temps cela dure-t-il ? Cinq minutes ? Dix ?

Ils changent de position. Eléa se met à quatre pattes sur le lit et Mike passe derrière elle. Il caresse son petit trou. Eléa gémit, alors qu’elle n’apprécie pas d’ordinaire qu’on sollicite cet endroit. J’en profite pour passer une main entre ses cuisses et agacer doucement son clito. Mike introduit une phalange entre les fesses d’Eléa… Malheureux ! Il va se prendre une ruade ! Etrangement, Eléa le laisse faire… c’est à n’y rien comprendre, moi elle m’aurait déjà éjecté manu militari de cet endroit tabou… Il pousse un peu plus loin jusqu’à ce que ma chérie lui demande d’arrêter. Il s’exécute et présente sa queue à l’entrée du sexe d’Eléa puis entre en elle à nouveau.

Ses vas-et-viens reprennent, je caresse toujours le bouton rose d’Eléa, mais le rythme qu’il imprime et la puissance de ses coups de reins ne me permettent pas de poursuivre. Il saisit ma belle par les hanches et continue à la pilonner consciencieusement. Il y met tellement de force qu’Eléa ne peut plus rester en levrette et finit par s’effondrer sur le lit et sur moi. Je ressens, par l’entremise du corps d’Eléa, l’intensité de la saillie que lui offre Mike. Nos regards peinent à se croiser, Eléa succombe à la fougue de son amant et tombe la tête dans l’oreiller et contre mon épaule. Elle agrippe tour à tour les draps et mon torse, en profitant pour me pincer les tétons. Je gémis à mon tour… elle me connait tellement… elle sait ce que je ressens quand elle me torture ainsi les seins… et sait aussi parfaitement que se faire baiser ainsi sur moi me rends dingue. Nous ne restons pas longtemps dans cette position car je sens qu’elle a le cou cassé. Je profite d’un très bref instant de répit pour me dégager afin qu’elle soit vraiment à l’aise et apprécie pleinement cette étreinte avec Mike. La position reste visiblement un peu inconfortable et Eléa se remet sur le dos. Mike entre en elle avec plus de force encore ! De nouveau son corps disparait sous celui de son amant. Il se met à la prendre si puissamment que je les vois rebondir tous deux sur le lit au rythme des coups de reins de Mike. Est-ce possible ? Une chevauchée si sauvage et surtout si longue ? Voilà ce que c’est qu’un étalon, un « bull » disent-ils outre atlantique. Bien sur, j’en ai vu des hommes endurants dans les films X, j’en ai vu des femmes qui se faisaient démonter mais là, c’est ma femme qui bénéficie, sous mes yeux des talents de baiseur indéniables de son amant. Mike est exactement cette force phallique incarnée que nous cherchions. Tout à fait mon opposé, évidemment.

Mike qui n’a pas l’air d’être prêt à arrêter complimente Eléa sur sa propre endurance :

- Elle encaisse bien ! Tu la veux ma queue, hein ?

Eléa acquiesce avec une timidité totalement en décalage avec la scène qui se joue. Mike s’allonge de nouveau sur elle et continue à la sauter avec force et détermination comme si cela ne devait jamais s’arrêter. J’entends Eléa monter peu à peu dans les tours… ses râles de plaisir se font de plus en plus longs et rapprochés…

A défaut de pouvoir voir Eléa, et même de la toucher, je m’abreuve de ses gémissements et de ses « oui ! » qui se multiplient. Une nouvelle fois, Eléa se lâche et laisse tomber la pudeur…

- Oui ! Vas-y baise-moi !

A cette phrase, j’explose de plaisir et m’inonde le torse…qu’elle lui demande aussi crûment me retourne le cerveau…

J’ai déjà joui deux fois… lui pas encore… il continue à la baiser… encore et encore… Les rugissements d’Eléa s’accélèrent, j’aime l’entendre ainsi transportée… Je sais ce qui monte en elle… pas une simple jouissance… non, un vrai et bel orgasme… J’empoigne son pied et me mets à le sucer, chaque orteils, sous la plante, partout ou je peux… Je ne suis pas en mode soumis, je ne cherche qu’à augmenter ses sensations. Elle monte et monte encore… et finit par hurler de plaisir !!!!

Un râle infiniment long…. Une libération… Mike lui a donné un putain d’orgasme…

Cette quête entamée il y a plus d’un an et demi a enfin abouti ! J’ai envie de hurler à Eléa que je l’aime… qu’elle est incroyablement belle quand elle jouit ainsi… Je me tais et la laisse profiter des vagues de plaisir qui secouent son corps.

A de nombreuses reprises, nous avions parlé avec Eléa des partenaires que nous avions eus et qui s’étaient révélés, au contraire de Mike, tout à fait incapables de la faire jouir ainsi. Elle m’avait dit :
- Finalement, en un sens ça t’arrange qu’aucun de mes amants n’ait réussi à me donner d’orgasme. Tu restes le Number One !

Disant cela elle ne parlait que des complices que nous avions rencontrés depuis que nous étions ensemble. Cette réflexion excluait son ex, un connard fini qu’elle haïssait maintenant, mais qui au lit était visiblement un dieu. Ça me détruisait d’ailleurs que cet homme stupide, manipulateur, malhonnête, ait pu la faire jouir si fort, de si nombreuses fois et porter ce titre de « Pourvoyeur d’orgasmes Number One ». En dépit de ma queue ridiculement inutile, j’avais pourtant, selon les dires d’Eléa, détrôné son ex. Je considérais mon titre avec circonspection, sachant pertinemment que je l’avais acquis en grande partie sous le coup de l’amour qu’elle éprouvait pour moi.

- Peut être que tu ne supporteras pas qu’un amant me donne un orgasme réel ! m’avait-elle dit. Tu serais peut-être ravagé de perdre ta place de « Number One », même si évidemment tu la garderas dans mon cœur.

Et pourtant, cela venait de se jouer sous mes yeux. Oh, je ne le supportais pas seulement… Non : j’étais comblé de bonheur ! Je voulais remercier Mike d’avoir propulsé ma chérie sur des sommets de plaisir.

Je ne n’arrive pas à cerner le processus mental derrière tout cela. Je n’étais pas au moment de l’explosion d’Eléa dans le désir d’être rabaissé, humilié…

« Regarde c’est un autre qui fait jouir ta femme, toi tu ne peux pas avec ta queue molle ! »

Non, la symphonie pour cocu s’était tu. Ce n’était pas cela qui tambourinait dans mon cœur.

Mêlé à ce bonheur que je ressentais, il y avait certainement une petite part de fierté mal placée, à avoir réussi à amener Eléa à rencontrer Mike. Mes efforts n’avaient pas été vains. Sans moquerie, sans reproche, oui je pouvais dire à Eléa : « tu vois, c’est agréable d’avoir un amant. J’ai bien fait de te forcer un peu la main, non ? » Oui, il y avait de cela : le sentiment que j’avais contribué à lui faire un cadeau agréable. Même si au final je n’avait fait que l’emballage… le cadeau c’était Mike qui lui avait donné.

Mais par-dessus tout, c’était simplement de la voir jouir qui me transcendait. Placé-je trop haut la jouissance physique féminine sur l’échelle du bonheur ? A contempler, l’orgasme féminin est tellement plus puissant, plus beau, plus total que l’orgasme masculin. Suis-je un allumé en disant que voir Eléa avoir un orgasme est pour moi comme une transfiguration ? J’ai le sentiment qu’elle est en accord avec l’univers, qu’elle vibre sur des ondes supérieures qu’il ne me sera jamais donné de connaitre. Qu’elle fait un avec ses désirs, son corps, et l’énergie du monde ! Quand elle s’envole aussi loin, elle est divine, au sens propre. Elle irradie, elle allume des soleils !

Est-ce une part d’égoïsme ? Car ces soleils qui apparaissent dans mon vide cosmique, je dois bien l’avouer, ils me donnent vie, je m’y réchauffe … J’aime l’aider à les allumer en m’occupant d’elle avec ma langue, mes doigts et mes jouets. J’aime me sentir certes utilisé, mais surtout utile à ses explosions de plaisir. Je veux la faire jouir au quotidien… Mais Eléa mérite le meilleur… et le meilleur lui a été donné par Mike… Si cela ne tenait qu’à moi, et dans un monde où nous n’aurions ni enfants, ni contraintes, j’encouragerais Eléa à avoir des amants tous les jours… Pas pour me dédouaner de mes obligations, je prends trop de plaisir à la faire jouir, mais pour la voir et savoir qu’elle s’éclate et profite de la vie, de sa féminité, de sa beauté ! Un orgasme continuel, perpétuel, seulement ponctué de quelques grappes de raisins et des gorgées d’hydromel… Eléa, divine, choyée, entourée de ses amants phalliques, n’ayant qu’à choisir au gré de ses envies… à ressentir explosions sur explosions… Entourée de mon amour inconditionnel…

Retour au réel.

Mike laisse Eléa en paix quelques minutes, passe à la salle de bain puis revient. Je lèche un peu mon amour. Je veux la faire monter à nouveau, que cette nuit ne finisse jamais. Son sexe à l’odeur de Mike, c’est puissamment érotique… puis je décide de la prendre à mon tour… saillie ridicule qui dure une quinzaine de secondes… Eléa ne m’en veut pas. Mike revient à l’assaut mais Eléa n’en peux plus. Elle a le sexe en feu. Pourtant je la connais, je sais qu’elle pourrait enchaîner les orgasmes… Mike, lui, est encore en forme… Eléa entreprend donc de le sucer. Elle y met à nouveau tout son cœur, elle veut rendre la pareille à son amant. Fatiguée au bout d’un moment elle s’aide de sa main. Mike gronde aussi… il va jouir à son tour… Eléa le branle encore, plus vite. Mike lui demande sa bouche. Eléa ne comprends pas (ou bien ne veut-elle pas comprendre). Mike hurle maintenant :

- Je veux ta bouche ! Donne-moi ta bouche !

Eléa engloutit alors l’infatigable queue de son amant, qui éjacule enfin dans un cri libérateur.

Eléa est contente de son coup. Tout le monde a joui… et s’approche de moi pour m’embrasser… J’imagine que cette adorable perverse veut me faire gouter un peu du sel de son amant qui doit encore parfumer sa langue. Elle sait que j’ai été frustré de ne pas le sucer… Moi qui vins de jouir pour la troisième fois, je ne suis plus vraiment d’humeur à y goûter mais je meurs d’envie de l’embrasser…

Mais là, surprise ! Ce n’est pas un simple baiser… Eléa m’entrouvre les lèvres avec sa langue et recrache dans ma bouche tout le sperme de Mike !

Elle s’éloigne un peu et me regarde dans les yeux. Je vois à nouveau son visage éclairé par ce sourire supérieur. Doux mais implacable. Il s’impose à moi. Il me dit : « Non, ce n’est pas MOI… C’est TOI, la salope ! Avale ! » Ai-je sur-interprété ? Ai-je inventé un ordre qui n’existait pas ? Peu importe… Je veux lui montrer que je suis à elle, que je suis totalement servile, prêt à tout pour lui plaire… J’avale docilement toute la semence de son amant…

Jamais Eléa n’avait été aussi loin dans la « perversion », la domination avec moi…

Jamais Eléa n’avait joui comme cela avec un amant…

Alors que nous finissions de nous préparer avant de nous séparer, je fus agréablement surpris de voir Eléa aller vers Mike pour lui dire qu’elle avait passé une excellente soirée. En général, à la fin de nos soirées « rencontres », Eléa faisait tout pour que cela que se termine au plus vite et rentrait vite dans notre « bulle de couple ». Ce petit geste insignifiant en apparence, prouvait qu’elle l’avait trouvé à la hauteur de ses exigences et que nous allions le revoir. Et le plus rapidement possible, souhaitai-je.

J’étais encore plus amoureux d’elle… prêt à me jeter à ses pieds…

1 commentaire

Chapitre 26 : the dark side

Par Angecalin le 4 janvier 2019

Caviar et champagne ! Du pur candalisme, top !
Et toujours aussi magnifiquement écrit ! J’étais avec vous...
Un merveilleux cadeau de noël : merci à vous deux !!!

Wyylde La plus excitante des expériences de couple
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