Chapitre 25 : a new hope but...

Par Alexandre et Eléa le 30 décembre 2018
Dans Expériences de candaulistes

Lassés de la population des sites de rencontres gratuits, nous décidâmes, en septembre, de passer à la vitesse supérieure. Priant pour que l’abonnement payant élimine d’emblée les fantasmeurs, nous nous inscrivons sur LE site de rencontres libertines, Wyylde.

Eléa, tenant à honorer sa promesse de s’impliquer plus dans le processus de recherche d’amants, rédigea elle-même notre annonce, et nous voilà de nouveau partis en quête du complice idéal : l’amant qui saura allier charme, décalage, et puissance.

Nous nous inscrivons en tant que couple bi, puis au bout de quelques jours je me ravise et me déclare hétéro. Il serait dommage de passer à côté d’un homme qui pourrait faire vibrer ma chérie mais qui aurait potentiellement peur d’un « mari » bisexuel… Ca ne sera peut-être pas l’amant de NOS rêves, mais cela pourrait être celui des rêves d’Eléa… même si en y réfléchissant bien, Eléa ne rêve pas d’avoir un amant. Elle se satisfait simplement de moi, de nos jeux D/S, de mes mains et ma langue… L’inefficacité de ma queue pourrait pourtant la frustrer, faire qu’elle soit en demande d’un véritable homme érectile, phallique, endurant… mais non… Elle m’aime ainsi et ne ressent pas de manque.
C’est le comble du candauliste : avoir une épouse fidèle qui se contente de son chéri.

En dépit de cette fidélité, nous voilà donc en pleine brousse Wyyldéenne à la chasse à l’amant. C’est luxuriant : des flopées de torses nus et de queues érigées. Les visages ? Il faut les débusquer dans les albums privés… Capturer notre proie ne sera pas aussi aisé qu’on le pensait.

Puis quelques profils sortent du lot. Dont un, Clarence, un jeune homme, bisexuel (parfait pour moi !), à peine 30 ans, artiste, les cheveux longs. Tout à fait le type d’homme qu’Eléa apprécie. Il a de la discussion et, sur le tchat, une approche différente des autres. Son excentricité nous plait et nous décidons de l’inviter un soir.

Après une bonne heure et demie de discussion et de rires autour de verres de rhum et autres victuailles, Clarence et Eléa se rapprochent enfin sur le canapé… Ils finissent par s’échanger un baiser langoureux sous mes yeux émerveillés.

L’instant d’après, alors que ce vampire juvénile butine le cou de ma chérie, elle m’adresse un regard tendre et un sourire complice. Voilà ma manne céleste, le signe que j’attendais : il signifie à la fois « je t’aime » et « il me fait du bien. » : je suis aux anges ! Il descend sur sa poitrine, son ventre puis vient placer sa tête entre les cuisses d’Eléa. Elle pousse quelques gémissements. Voilà un beau préambule.

Nous plaçons le canapé en positon lit, puis je continue à les observer, le cœur empli d’amour pour ma belle qui se laisse aller sous les coups de langue de son amant. Cela sera malheureusement là le point culminant du plaisir d’Eléa avec cet homme et de mon excitation à les voir. Clarence ne poursuit pas le cunnilingus entamé, il réagit mollement la fellation qu’Eléa lui prodigue (et pourtant elle sait y faire) et ne sait pas se servir de ses doigts, faisant mal à plusieurs reprises à ma chérie… Pire encore, quand il s’agit d’enfiler le préservatif, son érection retombe… Je me retrouve en alternance à sucer Clarence pour lui redonner de la vigueur et à lécher Eléa, que je sens de plus en plus circonspecte vis-à-vis de l’attitude et des réactions physiologiques de notre complice. Son hétérosexualité est clairement trop peu exacerbée pour que nos esprits s’échauffent. Le but de cette soirée n’étant pas de tenter de s’éreinter à donner une érection à cet homme, je décide de m’occuper de ma chérie. Plus tard, alors que j’ai à mon tour le visage entre les cuisses de mon aimée, il m’encourage :

« Vas-y, fais la jouir ! »

C’est le monde à l’envers… l’amant qui demande au « mari » de faire jouir sa propre « femme »… Candaule doit se retourner dans sa tombe…

A nouveau, je brûle d’envie de lui dire « Bien sur que je vais la faire jouir ! Tu crois quoi ? Que je vais m’arrêter là ? C’est une Déesse ! Et en tant que telle, elle mérite de jouir, jouir et jouir encore ! Tu devrais te plier en quatre pour assouvir ses désirs et lui donner un orgasme ! Et au lieu de ça, tu reste à t’astiquer à côté de nous à jouer au supporter-voyeur ! …. »

Evidemment, je ne dis rien, et continue à laper Eléa.

S’il n’avait pas été aussi beau et aussi sympa (et s’il n’avait pas oublié sa bague chez Eléa…), il n’aurait clairement pas eu de seconde chance. Eléa lui accordera donc un second rendez-vous en tête à tête, à la fois pour lui rendre sa bague, et pour voir si ce n’était pas ma présence qui au final, passé le stade des baisers, avait coupé chez Clarence tout velléité hétérosexuelle.

Mais que je sois là ou pas, cela ne changera rien à l’affaire, il fut certes plus dominant et plus érectile, mais ne réussit pas à donner de jouissance réelle à Eléa… Après ce second rendez-vous le verdict fut sans appel : au revoir, au suivant…

Comme après chaque rencontre avec un homme. Eléa se referma pendant plusieurs semaines. Je déplorai ce nouveau désintérêt de sa part à trouver un complice. C’était comme si elle me disait à chaque fois : « Voilà, je t’ai fait plaisir, tu as vu que je n’étais pas fermée à la gaudriole à plusieurs, mais maintenant laisse-moi un peu tranquille. » Nous commencions, de plus, nos démarches de recherche d’appartement pour enfin vivre ensemble, et celles-ci reléguaient la quête d’un amant aux fins fonds de la liste des priorités d’Eléa. Moi comme à chaque fois, imaginer cet amant me permettait au contraire de supporter le quotidien un peu fade : métro boulot dodo, enfants.
Je m’efforçai donc pendant toutes ces semaines de ne pas trop lui parler des profils prometteurs vus sur Wyylde. Elle ne se connectait plus, et je me retrouvai, comme par le passé, seul dans mon univers fantasmatique à temporiser mes désirs et celui des hommes qui nous contactaient.

Le sujet du type de profil recherché était cependant venu sur la table à plusieurs reprises : nous avions cherché un séducteur, un homme qui maitrisait les mots, capable de nous faire « mouiller le cerveau ». Clarence, qui correspondait pourtant à cette image que nous avions du partenaire de jeu idéal, s’était révélé totalement incapable de transformer l’essai. C’était bien beau de faire monter l’excitation avant la rencontre et aux premiers instants de celle-ci, mais si sous la couche poético-libertine que nous cherchions, il n’y avait pas un amant physiquement et sexuellement déterminé et doué, à quoi bon ? Nous décidâmes alors de changer notre fusil d’épaule : tant pis pour la partie séduction, finis les poètes, les artistes… Nous étions prêts à sacrifier cette part d’excitation mentale qui nous semblait pourtant primordiale pour trouver un homme qui ne se liquéfie pas au moment de passer aux choses sérieuses.

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