Chapitre 17 : deuxième rendez-vous avec Martial (version d’Alexandre)

Par Alexandre et Eléa le 21 février 2018 2
Dans Expériences candaulistes

Lundi 29 janvier 2018

Lundi, dès les premières heures du jour, Martial m’envoya un SMS pour savoir si Eléa avait apprécié leur première rencontre. Nous n’avions pas communiqué du weekend, et j’étais heureux qu’il pointe bien vite le bout de son nez : j’adorais parler avec les amants (potentiels ou effectifs) d’Eléa. Même si laisser se développer leur connexion avec Eléa en « tête à tête » était essentiel (elle m’avait informé vouloir « s’approprier » son amant pour qu’il y ait entre eux une véritable connivence), j’avais besoin de maitriser un peu la chose. Ce dialogue constant me permettait non seulement de tisser des liens avec ces hommes (après tout nous avions bien stipulé dans notre annonce que nous cherchions un homme bi, le feeling entre mecs devait donc être bon) et de réaffirmer ma place légitime à ses côtés auprès d’eux. Mes désirs candaulistes, mes envies de soumission, et mes performances sexuelles limitées, pouvaient laisser croire aux amants que je cédais ma place et qu’ils avaient carte blanche. Je tenais donc à faire comprendre à Martial, (comme je l’avais fait par le passé avec chaque prétendant pour qui Eléa avait eu une attirance) que j’étais un homme attentif, intelligent, qui n’allait pas laisser la situation lui échapper, et surtout un homme amoureux et aimé en retour. Eléa était la femme de ma vie ! Je ne voulais pas la perdre ! En fait, je ne consentais à la « perdre » que dans un cadre bien déterminé.

Et si j’étais en plein travail sur moi-même pour qu’Eléa se sente justement libre d’entrer et de sortir de ce cadre, ses amants, eux, devaient s’y inscrire, contents ou pas. Je me souviens, aux débuts de notre relation, avoir justement écarté, grâce à ce dialogue poussé, un des hommes qui avaient pourtant plu à Eléa. Ses réponses sibyllines ou ses absences de réponses à certains de mes messages alors qu’il draguait en douce mon Eléa, et son côté poly-amoureux de mes deux, m’avaient convaincu que c’était un nuisible, un intriguant. J’avais informé Eléa qu’après réflexion, il ne me plaisait pas, et elle accepta mes griefs, avec cependant, à l’époque, une certaine incompréhension.
Martial, lui, avait déjà gagné ma confiance, la situation était claire. Il saisissait parfaitement ce qui était du domaine du jeu, ce qui était tabou, ce qui était réalisable à deux ou à trois. Discuter avec lui demeurait cependant crucial pour que ma jalousie malsaine ne vienne pas enrayer la belle machine que nous venions de créer. Mais il faut être honnête, si je parlais autant avec lui, c’est également que l’aspect érotico-pornographique de nos échanges me plaisait au plus haut point. Comme deux idiots, nos messages s’enflammaient au fur et à mesure que nous nous renvoyions la balle. A chaque SMS, notre langage devenait plus cru, nos fantasmes plus intenses.
Quand je lui confirmai lundi matin qu’elle avait apprécié leur rendez-vous du vendredi et qu’il faudrait bien qu’il revienne pour réparer la chasse d’eau dont il n’avait pas encore pu s’occuper, je lui lançai :

-C’est l’occasion pour aller plus loin cette fois, et bien la sauter comme elle le mérite !

Bien évidemment, cette phrase avait volontairement un double sens. Je voulais sincèrement qu’Eléa puisse connaitre tout le spectre des sensations physiques. Oui, elle le MÉRITAIT, au sens propre du terme. Car, sans même parler de l’amour qu’elle m’avait apporté, Eléa m’avait fait redécouvrir la sexualité, la poussant même jusqu’à des extrémités où je n’aurais pas pensé aller (une inversion presque totale des rôles), elle m’avait offert des choses merveilleuses. Mais moi ? Que lui avais-je apporté ? Certes, je lui avais permis de développer sa part masculine, et même plus, sa part dominante et j’espérais qu’elle prenait un réel plaisir à avoir de plus en plus de contrôle sur moi, à me prendre, à me soumettre. Mais une petite voix me répétait sans discontinuer qu’elle faisait tout cela par amour. Eléa avait beau me dire se satisfaire pleinement de nos étreintes si particulières, je n’arrivais pas à la croire. Lors de celles-ci, en effet, un pan entier de sa sexualité s’en trouvait oblitéré. Je voulais lui permettre de vivre pleinement sa beauté, sa féminité, sa jeunesse, d’expérimenter d’autres choses, de vivre complètement et pas seulement à moitié. Je voulais encourager son attitude rebelle, qu’elle dise merde aux convenances. Je tirai une grande fierté, peut être déplacée, à ne pas être dans le moule de la société, à encourager la « déviance » de notre couple, de notre amour. Une fierté aussi à être celui qui lui permettrait de vivre autrement, être le facilitateur, le compagnon de vie idéal, celui qui lui offrirait de vivre à la fois ses désirs de femme et ses désirs masculins. Je voulais être unique pour elle, indispensable à son bonheur.

Évidemment, j’avais peur qu’elle me quitte un jour, qu’elle se lasse de mes défaillances, de mon incomplétude en tant qu’homme. Lui proposer d’avoir des amants sur lesquels j’avais une (em-)prise, n’était-il pas un moyen détourné de m’assurer de sa fidélité et de son amour « éternels » ? Qu’elle ne me tromperait jamais ? Qu’elle ne développerait pas de sentiments pour un autre homme que moi ? Présentée ainsi, la chose était bien moins romantique, mais j’étais sien, je voulais qu’elle soit mienne. Je voulais un absolu.

Quant à Eléa, il m’était très difficile de cerner ses motivations profondes. Elle se confiait peu. Pourquoi acceptait-elle de rencontrer d’autres hommes ? Pour elle-même, la situation n’était pas si claire que ça. Elle me disait qu’elle n’avait aucunement besoin d’amant et que je la comblais en tous points mais m’avait tout de même confié que, tant qu’à chercher un complice, autant que celui-ci soit à même de satisfaire sa part d’ombre, sa face cachée. Et, sans qu’elle ose le verbaliser ainsi, il lui manquait donc bien quelque chose sexuellement, avec moi. Elle souhaitait donc trouver un amant « dominant », qui saurait faire ressortir son côté « salope ». Un amant « pénétrant », qualificatif qui dépassait d’ailleurs de très loin le simple cadre de la pénétration. Il ne s’agissait pas uniquement de trouver une « queue raide et infatigable », non, nous voulions trouver un homme dont les gestes, les fantasmes, l’attitude, le mental, laissaient transpirer cette force « pénétrante », ce désir profond, naturel, et en partie bestial, de s’imposer à Eléa, se s’emparer d’elle. Un homme par essence « phallique ». J’avais immédiatement fait figurer cela dans notre annonce : évidemment des tonnes de lourdingues qui n’avaient pas compris notre recherche, et une nuée de bites sans visage, sans manière, sans tact se proposaient de venir « baiser » Eléa. Parmi eux, une sale engeance, celle des hommes autoproclamés « males alpha », dont la force de volonté se réduisait à un égocentrisme sans bornes, des hommes à qui on n’avait visiblement pas appris la frustration quand ils étaient encore jeunes et qui voulaient prendre, prendre sans donner, et qui faisaient rapidement de vilains caprices quand le plan d’attaque proposé ne suivait pas leurs moindres désirs.

Mais je m’égare. Revenons-en à Martial, qui lui, répondait point par point, à l’exigeant cahier des charges que nous avions dressé avec Eléa.
Je lançai donc à Martial par SMS :

-C’est l’occasion pour aller plus loin cette fois, et bien la sauter comme elle le mérite !

Outre le véritable mérite d’Eléa que j’ai déjà évoqué, cette phrase pouvait également s’entendre comme : « Elle mérite une bonne punition, cette petite garce infidèle ! », qui allait à coup sur lancer Martial sur des idées un peu sauvages et débloquer ses inhibitions (si tant est qu’il en eut encore).

Il répondit du tac au tac :

-La prochaine fois, je compte la plaquer contre la table, et la prendre dessus !

Vraoooooum ! La machine était lancée ! Nous passâmes plusieurs jours à nous monter le bourrichon par texto sur le prochain rendez-vous à trois.

Vu les calendriers de chacun, c’était encore une fois mission impossible avant plusieurs semaines. Ce n’était décidément pas la bonne période pour voir un amant. Et le seul créneau qui ressortait, tombait à nouveau pendant les règles d’Eléa…

Eléa, fatiguée avec les enfants, était noyée sous le travail. Il fallait qu’elle s’organise pour les faire garder deux soirs d’affilée afin de mettre un coup de collier au taf. Mercredi 7 et jeudi 8 février seraient des journées de boulot intenses. Je proposai à Eléa de venir chez moi ces soirs là : « Peu importe l’heure à laquelle tu termines ton taf : tu viens à la maison et tu mets tes pieds sous la table ! Après le repas : câlins, massage ou autres… Tu te détends, je m’occupe de tout ! »

Eléa me fit comprendre que si elle faisait garder ses enfants c’était pour rester tard le soir au taff et y arriver tôt le matin. Venir chez moi lui prenait 50 minutes, en repartir, 50 de plus. Elle était sur les rotules, elle déclina donc mon invitation. J’étais un peu déçu de ne pas pouvoir m’occuper d’elle. Etre son homme, c’était aussi ça pour moi : l’entourer dans du coton, la choyer. Nos soirées ensemble étaient déjà rares, j’avais peu d’occasion de jouer mon rôle de compagnon protecteur. Vu que je n’avais pas non plus le rôle viril auprès d’elle, je me demandais à quoi se réduisait ma part dans le couple et de quelles façons je pouvais encore lui prouver mon amour et mon désir.

C’est à ce moment qu’elle décida de proposer à Martial qu’il passe chez elle un de ces deux soirs. J’étais piqué au vif. Je lui avais proposé de venir se faire dorloter chez moi et elle avait refusé par manque de temps, d’énergie, et à cause de sa surcharge de travail. En revanche, organiser un petit rendez-vous chez elle ne semblait pas être sujet aux mêmes contraintes. Qu’à cela ne tienne, je pouvais me rendre chez elle jeudi. Mercredi, ça m’était impossible, j’avais les enfants. Je vis Eléa hésiter, changer de sujet… Elle prenait un temps infini à répondre à ma proposition. J’avais compris… La voyant tergiverser je lui résumai la situation pour obtenir une réponse franche :

-Bon… tu préfère le voir sans moi mercredi, ou avec moi jeudi ?

-Mercredi, sans toi.

Ce fut une réponse prudente, assortie de mille précautions. Nous avions en effet convenu au début, avec Eléa qu’elle avait le droit de voir un homme une fois sans moi, mais que je serais présent dès le second rendez-vous. Là, elle sortait du cadre prédéfini et elle marchait sur des œufs pour ne pas me peiner. J’avais sincèrement évolué depuis l’édiction de cette règle stupide et égoïste. Je lui donnai mon accord, sans la moindre hésitation : je voulais lui faire plaisir, qu’elle ait une fois encore l’opportunité de se sentir libre sans moi, et c’était une très bonne occasion pour qu’elle tisse des liens plus forts avec son amant. J’étais confiant et heureux qu’elle veuille « transformer l’essai ». Cette fois, elle n’aurait pas ses fichues règles et Martial pourrait à son tour lui donner tout le plaisir qu’elle méritait.

Je pense que même Martial ne s’attendait pas à un second rendez-vous en tête à tête. Une fois celui-ci confirmé lui et moi avons échangé pas mal de messages dans lesquels je lui donnais toutes les clés que j’avais glanées depuis un an pour donner du plaisir à Eléa. Indiquant à Martial ses zones érogènes et ce qu’elle attendait d’un amant. Il montrait un réel désir de la faire jouir et ne tarissait pas de questions. J’avais l’impression de me départir d’un trésor, mais c’était pour la bonne cause : pour qu’Eléa profite pleinement de son deuxième rendez-vous. Je finis par dire à Martial d’être simplement lui-même et de ressentir les choses, en particulier le moment où il faudrait passer en mode « soudard ». J’avais confiance en son discernement. Il avait montré depuis le début de la patience et une grande finesse. Il n’avait même sans doute pas besoin de mes conseils pour faire jouir Eléa… Il me demanda enfin si Eléa fumait autre chose que du tabac. Je souriais intérieurement, connaissant parfaitement l’effet « bête assoiffée de sexe » que le joint procurait à ma chère et tendre.

-Oui, répondis-je, et elle devient une véritable furie quand elle a fumé !

Le soir du rendez-vous venu, je pensais à Eléa et Martial sans peur ni excitation particulière. Je regardai une série à la télé avec mon fils, puis après qu’il fût couché, je me précipitai devant mon ordinateur, allumai facebook dans l’attente fébrile d’un message d’Eléa.

A 22h24, message d’Eléa.
Je m’étonnai qu’elle s’adresse à moi aussi tôt dans la soirée. Faisaient-ils un break avant de reprendre de plus belle ? Voulait-elle se montrer en caméra avec son amant ? Voulaient-ils juste me faire coucou tous les deux en sirotant un rhum pour me faire bisquer par anticipation sur ce qui allait se passer ? Ou Martial était-il simplement déjà parti ?

Il venait de partir. J’étais étonné, presque déçu pour elle, que cela fût si bref. Pour savoir si ce départ hâtif était synonyme de soirée ratée, je lui demandai : « alors ? », « C’était comment ? », « Il est passé au stade d’amant officiel ? », « C’était bien ? ou pas bien ? »
Eléa mit du temps à me répondre mais elle lâcha :

- J’ai pris un pied de malade mental !

Mon cœur sauta dans ma poitrine. Elle avait enfin éprouvé du plaisir avec un amant. C’était le premier. Elle enchaina :

-Comme une grosse salope ! J’ai kiffé ma race de grosse chiennasse !

J’avais du mal à reconnaitre sa façon d’écrire. Je conclus, à tant d’humour vulgaire, qu’elle était encore dans les vapeurs hilarantes du joint qu’ils avaient partagé.

-Ce n’est pas toi qui parle mon amour, lançai-je amusé.

- Non, c’est l’autre : Miss Hyde !

- Il a fait ressortir la « salope » en toi ?

- Oui ! La salope soumise et qui kiffe par tous les pores de sa peau ! Un truc de folie !
Elle me remercia. Je compris en relisant plus tard qu’elle me remerciait d’avoir donné à Martial le tuyau pour le pétard. Mais sur le coup, je le pris comme un « merci de m’avoir permis de vivre ça » qui me rendit fou de joie.

Elle se mit ensuite à me raconter l’expérience sensorielle qu’elle avait vécue. J’eus certaines difficultés à tout saisir, la marijuana avait non seulement impacté cette expérience, mais elle impactait également la narration qu’Eléa en faisait.

Elle me confia s’être projetée dans le corps de Martial, imaginant, alors qu’elle se faisait pilonner avec ferveur, toute ouverte, qu’elle me pilonnait moi. Plus précisément, elle avait réussi à se laisser baiser comme je la laissais me baiser et à se sentir femme et homme à la fois. Dominante et soumise.

Puis, elle me remercia vraiment :

- Toi tu es l’homme qu’il me faut ! Non seulement tu as les mêmes désirs profonds que moi et en plus tu me laisses baiser ailleurs pour que je vive la même expérience que toi.

J’étais très ému d’une telle déclaration d’amour.

Quoi de plus beau ? J’avais voulu, par amour pour elle, qu’elle vive seule ce moment. Et par amour pour moi, elle m’avait intégré à la scène lors de son orgasme. Elle me disait en plus que j’avais en effet compris une de ses facettes. Enfin ! J’avais la confirmation que ma quête, n’était pas vaine !

Elle poursuivit en me disant qu’elle rêvait de revivre cette expérience le plus vite possible avec moi présent, cette fois. Elle réclamait son amant comme une forcenée, et me réclamait moi.

Je me surprenais à souhaiter un troisième rendez-vous entre Eléa et Martial, sans moi. Pour confirmer encore, pour qu’elle se lâche encore plus… pour qu’elle creuse ce qu’elle avait touché du doigt.

2 commentaires

Chapitre 17 : deuxième rendez-vous avec Martial (version d’Alexandre)

Par Alexandre et Eléa le 22 février 2018

Oui ,Jack1950 ! vous avez raison en parlant de cette communication qui doit être constante. Et encore pus raison en parlant de cette nécessité de réaffirmer ses sentiments l’un envers l’autre. Je crois justement que c’est ma démarche pour une fois "gratuite", véritable geste d’amour envers Eléa, qui a fait bougé les choses dans notre couple et a permis cette libération.
Eléa a en effet très certainement pris plus de plaisir ( parlons de sa part féminine) avec Martial qu’avec moi. Malheureusement je serais bien capable de refaire ce qu’il lui a fait, n’étant pas calibré mentalement ni physiquement pour satisfaire son désir de pénétration ( là encore physique et mental).
Merci pour votre commentaire, cela fait plaisir de savoir que nous ne passons pas des heures à peaufiner nos écrits pour rien ! Nous sommes lus par certains ici ! Hourra ! ;-)

Chapitre 17 : deuxième rendez-vous avec Martial (version d’Alexandre)

Par jack1950 le 21 février 2018

Ce qu’il faut avant tout quand on commence une vie de candauliste, c’est une parfaite confiance et communication l’un avec l’autre. Tout se dire ne rien se cacher est la chose la plus importante. Mais aussi affirmer son amour et son attachement l’un envers l’autre. La femme a t’elle pris parfois plus de plaisirs avec un autre homme ... sans doute que oui. C’est sans doute aussi vrais pour l’ homme qui peut aussi prendre plus de plaisirs avec une autre femme. Se l’avouer l’un a l’autre en disant aussi ce qui a le plus plu ... et le refaire a deux ... voila la réussite de cette vie spéciale qu’est le candaulisme.

Wyylde La plus excitante des expériences de couple
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