Le candaulisme et les 5 dimensions du prisme émotionnel

Comment construire une belle relation avec son amant

Par Candaule le 3 avril 2019 1

Ma réflexion est partie de la lecture du témoignage d’ ELLETMOI59 qui m’a, je dois l’avouer, beaucoup touché. Rappelons que dans ce témoignage, Madame s’était immédiatement sentie bien avec le complice de son couple. Je pense qu’il est extrêmement important d’être compris dans ses émotions lorsque l’on pratique le candaulisme car cela participe au renforcement de l’estime de soi qui vient contrebalancer le regard parfois péjoratif que l’on pose sur notre pratique. J’ai donc décidé de vous faire découvrir cette grille de lecture conçue par Robert Zuili qui se compose de 5 dimensions.

Quelle est l’influence de l’émotion sur la rencontre avec un complice ?

Commençons par dire que nous sommes tous des êtres d’émotions. Ces émotions peuvent parfois dans une relation candauliste, prendre le contrôle de nos actes. Ajoutons que pour le philosophe Français Pierre Livet les émotions seraient « le moteur principal de nos explorations morales » n’est-ce pas là un éclairage séduisant pour les émotions que peuvent nous faire vivre une aventure candauliste !

Pour Robert Zuili, l’émotion se situe davantage dans l’instant, sachant que le sentiment, lui, est plus inscrit dans la durée et apparaît dans un contexte de changement.

Il nous précise que nos émotions pourrait même conditionner nos choix de rencontres, nos choix amoureux car au fond, l’émotion agirait comme un filtre, et provoquerait ce que nous pourrions appeler une réalité augmentée.

Ainsi, lors d’une première rencontre avec un complice, vous pourriez, sans pouvoir l’expliquer, être attiré par quelqu’un. Dans l’interaction avec ce complice, vous n’allez pas le voir comme il est, mais vous allez le ressentir et cela au regard de vos propres modes de fonctionnement émotionnel et c’est ce que je qualifie de réalité augmentée.

Dans la relation, cette réalité augmentée va vous faire ressentir des choses que votre partenaire, votre conjoint ne ressentira pas. C’est cette interaction-là qui est un peu magique, qui fait que l’on va comme ELLETMOI59 se sentir immédiatement bien avec la personne que l’on rencontre en couple.
C’est ainsi que la confiance va pouvoir s’instaurer parce qu’on se sent écouté, parce qu’on se sent respecté, parce qu’on se sent regardé et désiré.

Ceci n’est pas le fruit du hasard, c’est le fruit d’une accointance émotionnelle qui prédispose le fait que l’on se sente bien avec un complice.

Qu’est-ce que le concept de prisme émotionnel ?

Pour expliquer le concept de prisme émotionnel, nous pourrions utiliser une analogie, une métaphore en disant qu’au fond la relation avec quelqu’un, c’est un lien. Ce lien, si vous utilisez l’analogie de la corde, et que vous regardez comment est faite une corde, vous constaterez qu’elle n’est pas faite d’un seul tenant. Elle est faite de plusieurs filaments, qui bien entrelacés vont faire la force du lien relationnel. Dans la relation amoureuse, c’est exactement pareil. S’il y a des filaments dans cette corde qui sont lâches ou fragiles, ils mettent en péril le lien.

Quelles sont les dimensions qui composent le prisme émotionnel ?
Pour Robert Zuili, ce lien est composé de 5 filaments ou 5 dimensions qui font que parfois avec un complice, on se sent instantanément bien.

L’entente immédiate :
Il y a d’abord ce que l’on appelle l’entente immédiate qui se caractérise par le fait qu’immédiatement on parle et on se comprend avec une personne que l’on ne connaît pas. Nous n’avons pas besoin de réfléchir à ce que l’on va dire. L’échange est fluide, on parle le même langage.

La complémentarité :
C’est ce qui fait que l’on va apporter un point de vue à l’autre qui peut être entendu. Mais ça peut être aussi de l’opposition c’est-à-dire éclairer l’autre d’un point de vue opposé mais qui viendra en complément de sa vision.

La ressemblance :
C’est une synchronicité qui se crée et qui fait que l’on va ressentir les choses de la même façon. On va faire quelque chose en même temps. Il y a quelque chose qui est de l’ordre du narcissisme et qui, par un effet miroir, nous renvoie à nous-mêmes et qui fait que l’on se sente bien. Cette dimension de ressemblance est très importante car cela crée de la complicité dans le lien.

La compatibilité profonde :
Ce sont nos valeurs. Si vous et moi n’avons pas les mêmes valeurs, que vous êtes dans la fantaisie alors que je suis dans l’excellence, que je veux être parfait et que vous, vous vous autorisez de la fantaisie car l’une de vos valeurs est la liberté. Au début, cela va peut-être me séduire, je me dirais "Quelle audace !" Sauf qu’à un moment donné, de votre côté, ma rigueur, mon exigence qui vous plaisait au début vont vous donner le sentiment que cela réduit votre espace de liberté et nous aurons du mal à nous entendre.

Le risque de conflit :
Certains d’entre nous ont besoin de maîtriser le rapport à l’autre, le lien et avoir un ascendant sur l’autre quel qu’il soit ; ce qui existe beaucoup dans la relation amoureuse. Il est important de comprendre concernant cette dimension que si le conflit pour certaines personnes n’est pas un problème, d’autres le refusent absolument. Si vous êtes du genre à apprécier les situations apaisées, il est bien évident que vous ne serez pas à l’aise avec un/une partenaire qui sont facilement dans le conflit.

Ces 5 dimensions conditionnent le rapport que l’on va construire avec son amant et le sentiment que l’on va nourrir pour lui. C’est la découverte de ce prisme émotionnel, de cette compatibilité que l’on va éprouver petit à petit au fil des rencontres candaulistes. Soit le lien se renforce et la complicité avec l’amant s’épanouit pleinement sur la durée parce nos interactions sont fonctionnelles, soit le lien à un moment donné, se trouble parce que l’on a des interactions qui sont dysfonctionnelles et l’aventure s’arrête.

Comment se servir de cette notion de prisme émotionnel dans une relation candauliste ?

Les 5 points qui composent ce concept de prisme émotionnel ne sont pas bien compliqués à retenir. Alors que vous vous retrouvez dans l’intimité de votre couple et que la phase des retrouvailles charnelles est terminée, il me paraît important de débriefer chacun de ces points avec votre moitié.

La première phase de ce débriefing consiste à évaluer, donner une note à chacun de ces 5 dimensions de la relation. Par exemple, concernant la dimension de l’entente immédiate, vous pouvez poser la question suivante à votre épouse :
- " Ma chérie sur une échelle de 1 à 4 le premier contact avec lui a-t-il été naturel ? "

La seconde phase de ce pseudo débriefing aborde une partie un peu plus explicative. En effet, après avoir évalué la qualité la relation, il est intéressant de découvrir les facteurs d’influence qui vous ont conduit à donner cette note et cela sans véritablement réfléchir.

Par exemple, toujours concernant la dimension de l’entente immédiate, vous pourriez poser la question suivante à votre épouse : « Est-ce que tu pourrais me décrire ce que tu as éprouvé pour évaluer à 4 (par exemple) ? » Cette question sera aussitôt suivie de la suivante :
- " Qu’est-ce qui fait que tu lui donnes cette note ? Pour toi, qu’est-ce qu’il a fait, comment il s’y est pris pour que tu éprouves ça ? "

Attention, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’évaluerles qualités d’un complice. Gardez toujours à l’esprit que vous vous devez d’évaluer la relation, pas le complice.

Appliquez-vous à bien noter tous ces éléments dans un tableau composé de 5 lignes qui sont les 5 dimensions et de 3 colonnes : la note sur une échelle de 1 à 4 / les ressentis / ce qui a généré ses ressentis.

Même si cela vous paraît un peu contraignant, un peu trop formel, il est essentiel à chaque nouvelle aventure, qu’elle soit favorable ou pas foncièrement épanouissante, de vous appliquer à remplir ce tableau tous les deux. Vous verrez pas à pas se dessiner le profil de la relation qui vous épanouit, le comportement que doit adopter votre complice ainsi que le profil qui vous colle et les valeurs de celui-ci qui raisonnent en vous.

En conclusion

À l’application de cette méthode, vous allez construire ce que l’on nomme en psychologie un cadre de référence et vous rendre compte que vous pouvez être active pour évoluer avec bonheur dans ce cadre. Vos recherches concernant le complice idéal seront beaucoup plus efficaces, la compréhension de ce qui déclenche des émotions favorables sera beaucoup plus facile. En quelques mots, vous allez découvrir par l’expérimentation comment choisir un complice qui vous convienne et construire avec lui une relation qui vous fasse vibrer pour votre plus grand bonheur et celui de votre candauliste de mari !!!

1 commentaire

Le candaulisme et les 5 dimensions du prisme émotionnel

Par Jeremy_K le 14 juin 2019

Voilà, vous avez lâché le mot : cadre de référence.

Coach certifié depuis plusieurs années, j’ai aussi une sexualité tout à faite libre : je fréquente des couples candaulistes et je pratique le BDSM. Pourquoi est-ce que je commence par dire que je suis coach ? Parce que ma pratique du coaching m’a beaucoup aidé dans les rencontres que j’ai faites dans les mondes candauliste et BDSM. Même si ces deux monde n’ont pas grand chose en commun de prime abord, il est important de souligner deux points communs entre eux.

Tout d’abord, ils sont le lieu d’échanges interpersonnels de (très) forte intensité. Si l’on ne parle que du couple candauliste et que l’on oublie le complice, cela peut générer des incompréhesions dans la perception d’une même situation. Deux personnes au vécu différent, aux histoires différentes, aux caractères différents, aux besoins émotionnels différents... vont souvent percevoir de façon différentes une même situation ou appréhender de façon différente la même personne. Le fait d’échanger dans le couple ne permet pas toujours de résoudre les incompréhensions : pour chacun, les mots peuvent avoir un sens différent. Sans me lancer dans la longue explication des théories de Korzybski, nous ne mettons pas tous la même réalité derrière le même mot. Encore moins lorsqu’il s’agit d’un concept comme une émotion ou un ressenti. Il est donc important que les couples aient comme vous le dites un "cadre de référence" partagé... mais surtout explicite entre les deux.

Second point commun entre candaulisme et BDSM : ce n’est pas bien. Je le dis volontairement de manière provocante, car là encore il est question de cadre de référence. J’ai vu des personnes dans mon cabinet ou dans mes rencontres qui rejetaient les pratiques de leur conjoint(e) parce qu’elles avaient des cadres de références trop différents. Il est important, lorsque l’on discute de candaulisme dans un couple, de se rendre compte que le cadre de référence de l’autre non seulement peut différer du nôtre, mais surtout ne s’est peut-être pas construit de la même façon que nous. Histoire, pratiques sociale et religieuse, éducation, famille... nous sommes tous très différent et c’est de là que nous tenons nos valeurs. Et donc ce qui est bien... ou pas bien. Parfois les couples ne comprennent pas qu’avant d’aborder un sujet (comme le candaulisme par exemple) le plus important n’est pas de chercher à convaincre l’autre de notre vérité : c’est de lui expliquer pourquoi nous croyons en ce en quoi nous croyons. Car sans cette compréhension préalable, le débat peut vite tourner au vinaigre.

Le dialogue est important dans un couple, mais il ne porte pas toujours sur les bons sujets. Et lorsque l’on est devant une situation de blocage il est parfois difficile de prendre du recul seul pour comprendre d’où vient le blocage... et donc arriver à le dépasser. Cela ne signifie pas qu’il suffit de se faire aider pour arriver à sa fin, mais cela permet parfois d’accepter de ne pas arriver à sa fin, ou alors parfois au rythme de l’autre.

Je trouve votre site (... sur lequel je ne suis pas beaucoup venu depuis 2 ans...) très bien fait. Merci donc à vous, CANDAULE, de le tenir, et de contribuer au bien-être de ceux qui y trouve des réponses à leurs questions.

Excellente journée,
JK