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Xplore émission de LSFRadio.com consacrée au candaulisme

  • e 5 février 2013
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Nous allons parler aujourd’hui mardi 29 janvier 2013 dans Xplore d’une pratique que beaucoup de libertins connaissent sans le savoir, c’est le candaulisme.

Est-ce que le candaulisme ? C’est une pratique par laquelle l’homme ressent une excitation en voyant sa compagne faire l’amour avec un ou plusieurs autres hommes. Nous aurons en ligne un couple de candaulistes mais aussi un sexologue et un auteur de livres érotiques qui s’inspire beaucoup de cette pratique.

L’idée de voir ou savoir son partenaire vivre une aventure sexuelle et prendre du plaisir avec une tierce personne, c’est une pratique qui se nomme le candaulisme. Peut-être l’avez-vous déjà pratiqué ou fantasmé sans savoir que cela s’appelle comme ça ?

Le témoignage du fondateur de candaulisme.com

Emmanuelle : "Et avec nous en ligne, un candauliste aguerri, Louis bonjour"

Louis : "Bonjour Emmanuelle"

Emmanuelle : "Vous avez 44 ans, vous êtes de Toulouse et surtout c’est vous qui avez fondé le site candaulisme.com, Louis, pourquoi appelle-t-on cette pratique le candaulisme ?"

Louis : "Cela remonte à longtemps puisque c’est une histoire qui remonte à Hérodote, environ -700 ans avant Jésus-Christ. Le roi candaule avait une femme magnifique qui s’appelait Nyssia et il a pris du plaisir à la voir avec son chef des armées Gygès. Au final Nyssia a demandé à son amant de tuer son mari pour prendre sa place. Voilà le mythe fondateur du candaulisme."

Emmanuelle : "Alors, comment vous avez découvert cette pratique ? Qu’est-ce qui vous a poussé vers cette pratique ?"

Louis : "Pour tout vous dire, j’ai été libertin très jeune, et je prenais beaucoup de plaisir à voir mon ex-femme dans les bras d’autres hommes. L’échangisme ayant ses limites, parce qu’être heureux à quatre avoir un échange réussi ça n’est pas évident. Je prenais beaucoup de plaisir à voir ma femme prendre du plaisir dans les bras de son partenaire plus que pour moi, prendre du plaisir avec la partenaire qui m’était confiée."

Emmanuelle : "Aujourd’hui, vous avez une nouvelle femme. Comment lui en avez-vous parlé la première fois ?"

Louis : "Et bien, il a fallu d’abord que je travaille sur moi pour accepter cette idée parce que ça n’est pas évident. Je lui ai confié mes fantasmes dans l’intimité et puis pas à pas, elle s’est faite à l’idée. Ça n’a pas été de tout repos et cela a été long pour lui faire partager et surtout lui faire comprendre le plaisir que je pouvais éprouver à la voir dans les bras d’un autre."

Emmanuelle : "On l’aura tout à l’heure au téléphone, mais comment a-t-elle réagit au début ? Quand vous lui avez proposé ?"

Louis : "Au début, elle ne comprenait pas. Elle avait l’impression, le sentiment que je ne l’aimais pas dans le fait de la voir avec un autre homme."

Jimmy : "En même temps, enfin, si je peux me permettre je pense aussi que ça peut être aussi effectivement le côté un petit peu bizarre d’une relation de couple finalement."

Louis : "Tout à fait. Pour la plupart des gens, c’est perçu comme tel alors qu’en fait c’est un sentiment, une capacité que j’ai développé. C’est ce que l’on nomme la compersion, c’est-à-dire, être capable de prendre du plaisir à travers le plaisir de l’autre. C’est la raison pour laquelle ça ne peut être qu’une pratique de couple plutôt qu’une pratique individuelle ou réalisée avec une personne que l’on n’ aime pas."

Emmanuelle : "Il existe une autre pratique à ne pas confondre avec le candaulisme. C’’est le cuckolding. Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence ?"

Louis : "La différence ? En fait, c’est un peu la même chose, à savoir que votre partenaire a des aventures avec quelqu’un plus, à la seule différence que vous n’êtes pas forcément présent. Et elle est un peu imposée par votre partenaire. Ce n’est pas quelque chose de décidé à deux pleinement. Elle est consentie tacitement par la personne qui est entre guillemets "le cocu" et qui est absent lors des rapports."

Emmanuelle : "Il y a des notions d’humiliation. C’est un peu BDSM le cuckolding, Ce sont souvent des dominatrices qui font l’amour avec d’autres hommes que leur soumis par exemple."

Louis : "Voilà ! Sous le regard de leurs maris, en soumettant leurs maris pour leur plaisir à elles. Alors que dans le candaulisme, c’est un désir commun qui est travaillé à deux et pratiqué à deux."

Emmanuelle : "Alors, concrètement, quand il y a un amant avec votre femme, vous gardez un lien très fort avec votre femme il y a des jeux de regards ?"

Louis : "Oui ça peut être visuel par des jeux de regards, ça peut être le contact comme une main, ça peut être aussi auditif, par la voix, par les mots. Tous les sens sont mis en avant et sont utilisés pour garder ce lien, ce contact. Et le contact est important parce-que c’est le moyen de transmettre le plaisir que mon épouse va éprouver et va me communiquer, voilà. Le but de cette pratique, c’est que l’épouse prenne du plaisir bien évidemment, le plus de plaisir possible et développe l’aptitude de transmettre ce plaisir à son conjoint."

Emmanuelle : "A travers des jeux de regards, tenir la main, c’est vraiment quelque chose qui se passe à trois ?"

Louis : "Oui exactement. Ce ne sont pas des relations entre l’épouse et un amant et le mari qui est totalement passif. Enfin, tout du moins, je ne le vis pas comme tel. Je pense que beaucoup de candaulistes le vivent comme moi. Même si le candauliste, à proprement parlé, n’est pas actif."

Emmanuelle : "Vous ne ressentez pas de la jalousie ?"

Louis : "Au début, oui. Je pense que dans les premiers temps, il y a une peur, une crainte parce qu’on est comparé bien évidemment à l’amant ; que ce soit concernant les attributs physiques, que ce soit sur les aptitudes à donner du plaisir, à élaborer un scénario, à amener sa partenaire au plaisir et puis peu à peu. Si la partenaire sait rassurer, on se retrouve très rapidement libéré de ses peurs pour être confronté au plaisir commun et au partage du plaisir. Parce-que le candaulisme, c’est avant tout un partage."

Emmanuelle : "Qu’est-ce qui se passe dans votre tête ? Quelles sont les sentiments que vous ressentez au moment où votre épouse est avec un amant ?"

Louis : "Alors c’est très stimulant puisque c’est à la fois excitant, très excitant. C’est un peu comme si on était une caméra et que l’on pouvait s’extraire du corps de l’amant et regarder autour, changer d’angle, vous voyez ? Voir sa femme comme nous n’avons pas l’occasion de la voir quand on s’occupe d’elle, comme quand on lui fait l’amour. On la voit différemment, ça c’est la première chose. Deuxième chose, c’est qu’il y a toujours cette peur de perdre et donc cette envie, ce besoin de la reconquérir, c’est très stimulant et 100 % du temps on la trouve belle, désirable. Sachant qu’elle accentue en plus le plaisir qu’elle prend. Et cette situation, aujourd’hui la stimule et nous rend encore plus complices et donc nous rapproche au fil des années parce-que je précise que cela fait un peu plus de 15 ans que nous vivons ensemble et chaque année qui passe nous rapproche un peu plus. Notre amour est encore plus fort. Voilà, en ce qui nous concerne."

Emmanuelle : "Est-ce qu’il existe des femmes candaulistes qui aiment voir leurs compagnons avec une autre femme ?"

Louis : "A mon sens oui. J’en connais quelques-unes mais elles sont moins nombreuses ou à afficher ce fantasme. Il n’y en a pas beaucoup d’inscrites sur le site comme telles."

Emmanuelle : "Sur candaulisme.com ?"

Louis : "Tout à fait, sur candaulisme.com"

Emmanuelle : "Est-ce que cela vous a enrichit personnellement ? Est-ce que cela a enrichit votre couple, cette aventure du candaulisme ?"

Louis : "Oh Emmanuelle, c’est énorme ! Ce n’est pas pour en faire la promotion mais quand vous êtes capable de partager un plaisir commun ou d’éprouver le plaisir de l’autre et que c’est réciproque... ça va dans les deux sens parce-que quand ma femme me voit rempli de plaisir, elle y prend aussi du plaisir. C’est un échange, un réel échange. Et puis, il y a une complicité, il y a du jeu, c’est sans cesse renouvelé parce que les partenaires sont renouvelés, le cadre est changeant, c’est un perpétuel renouvellement et puis un partage profond. Effectivement, je trouve notre couple aujourd’hui plus fort que nombre de couples qui se sont usés au manque de renouveau. Dans notre cas, au lieu de nous concentrer uniquement sur les factures, la maison et les enfants on a aussi fait le choix de mettre la sexualité, notre couple et le plaisir qui nous unissait au centre."

Emmanuelle : "Merci Louis. Je rappelle que vous êtes le fondateur du site candaulisme.com. Pour ceux qui prennent l’émission en cours de route, je rappelle que le candaulisme est une pratique libertine qui consiste à voir sa compagne faire l’amour avec un autre homme. Il y a aussi des femmes candaulistes mais c’est plus rare. Nous allons avoir à présent l’avis du sexologue Philippe Arlin sur le candaulisme."

Jimmy : "C’est une pratique assez exceptionnelle et qui tend à se développer de plus en plus j’ai l’impression ?"

Emmanuelle : "Oui mais tous les couples ne peuvent pas la pratiquer."

Jimmy : "Tous les couples ne peuvent pas le pratiquer !! Alors le libertinage c’est déjà compliqué mais alors c’est vrai que le candaulisme c’est vraiment une pratique qui est assez exceptionnelle. Alors, on va voir ça dans quelques instants, restez bien connectés sur LSFRadio."

Candaulisme, l’avis du sexologue Philippe Arlin

Emmanuelle : "On continue sur notre fameux dossier : le candaulisme. Cette pratique qui consiste à prendre plaisir à voir sa femme avec un autre homme. En ligne avec nous, Philippe Arlin, psychologue et sexologue, bonjour."

Philippe : "Bonjour Emmanuelle."

Emmanuelle : "Qu’est-ce que vous conseillez aux couples qui veulent pratiquer le candaulisme ?"

Philippe : "Qu’est-ce que je leur conseille ? Déjà, c’est de bien comprendre de quoi il s’agit. Je trouve que la personne qui est intervenue avant la très très bien expliqué. On est loin d’une pratique échangiste. Il s’agit de quelque chose de très précis où il est indispensable que la complicité entre l’homme et la femme soit très forte puisque effectivement, le candaulisme ne fonctionnera qu’à cette condition précise de complicité qui permet effectivement de ressentir un plaisir partagé. Même s’il ne l’est pas à travers le physique il l’est, on va dire, à un niveau de communion entre les deux. C’est vrai qu’il faut bien se connaître, avoir une sacrée expérience de communication dans le couple."

Emmanuelle : "On est bien d’accord que ce n’est pas de l’adultère ?"

Philippe : "Ah, ce n’est absolument pas de l’adultère, non. De toutes façons, il faudrait déjà définir l’adultère ! Mais, en tout cas, ce n’est pas du tout une pratique qui consiste à tromper l’autre. Et je mets là dans le sens de tromperie : cacher quelque chose à quelqu’un, avoir ou développer en secret une relation avec quelqu’un d’autre. La personne qui est le plus à plaindre dans cette histoire, si on comprend bien, c’est l’amant. Parce-que si nous sommes dans une véritable aventure candauliste tel qu’il est défini, la vraie relation se passe toujours dans le couple. Et l’amant n’est que l’instrument du plaisir que va prendre la femme et qu’elle partage avec son mari. Et elle le partage quelque part plus avec son mari qu’avec l’amant."

Emmanuelle : "Qu’est-ce qui se produit psychiquement dans la tête d’un candauliste ? Parce-qu’il y a l’attachement à sa femme. Comment il gère cet attachement ?"

Philippe : "Alors, je crois que nous n’allons pas pouvoir faire de généralités. Mais, je crois que ça ne fonctionne qu’à partir du moment où on est dans quelque chose, j’ai envie de dire, de généreux c’est-à-dire où on est vraiment dans l’envie de donner du plaisir à l’autre et savoir que le plaisir de l’autre peut éventuellement ne pas passer par moi. C’est-à-dire que c’est dans ma volonté de donner du plaisir à ma partenaire. Je vais même envisager, certains diront qu’aller jusqu’au sextoy, déjà, c’est quelque chose qui relève de la prouesse ! Là, il s’agit d’envisager de mettre quelqu’un d’autre dans les bras de ma partenaire parce-que je tiens à lui donner du plaisir et je sais que cela y participe."

Emmanuelle : "Il faut donc qu’il y ait un partage et non juste une soumission de la partenaire aux désirs du candauliste ?"

Philippe : "Il ne faut surtout pas de soumission. Et c’est bien là le problème car trop souvent, on est dans un rapport où le désir candauliste est l’envie d’un des deux et pas des deux. Dans ces cas-là, on est toujours en déséquilibre comme on le retrouve souvent dans l’échangisme. Il y en a un qui entraîne l’autre et l’autre est là parce qu’il n’a pas envie de perdre la main. Mais la réalité, c’est que c’est rarement échangé. Le candaulisme ne fonctionnera que si l’on est sur un désir du couple de partager quelque chose. Si c’est la volonté imposée de l’un ou de l’autre, alors on est dans une autre pratique."

Emmanuelle : "Est-ce qu’il y a une forme de bisexualité latente chez l’homme qui s’identifie à sa femme ? Une bisexualité par procuration ?"

Philippe : "La bisexualité, elle n’est pas latente. Elle est juste frustrée. Je pense que l’on est profondément sexuel avant d’être bi, hétéro, homo ou quoique ce soit. Je pense que tout acte sexuel éveille en nous du désir et voir un homme faire l’amour à notre partenaire, voir le corps d’un homme faire l’amour à notre partenaire peut aussi, avoir quelque chose d’excitant. Alors est-ce que c’est bisexuel ? Je ne sais pas parce que l’on n’aura pas forcément envie de prendre la place de sa femme, mais il y a une érotisation des deux."

Emmanuelle : "Donc, ce n’est pas de la bisexualité ?"

Philippe : "Ce n’est pas de la bisexualité dans le sens où toutes ces bisexualités homosexualités, hétérosexualités relèvent de pratiques précises avec des partenaires, en l’occurrence là, l’homme ne participant pas physiquement. Il y participe à un autre niveau mais il n’y participe pas physiquement. Il n’y a pas d’échange, ni de relations sexuelles avec cet homme. Par contre, la fantasmatique qui est présente à ce moment-là, relève de la bisexualité aussi."

Emmanuelle : "Est-ce que cela évite les infidélités de pratiquer le candaulisme ?"

Philippe : "Alors ça ! c’est la pire horreur que l’on puisse entendre ! C’est-à-dire que même si c’est le cas, en aucun cas cela ne doit être fait pour ça. On ne va pas en club échangiste pour tromper légalement sa femme. Il n’y a pas de candaulisme pour éviter l’adultère. On pratique le candaulisme car on a envie d’offrir à l’autre du plaisir que l’on ne peut lui donner. Si on le fait pour toute autre raison, on est dans un vrai dérapage et je pense que le couple n’y résistera pas."

Emmanuelle : "Il faut des limites, établir un contrat entre époux, entre compagnons, comme par exemple ne pas revoir l’amant au risque de créer un ménage à trois ?"

Philippe : "Non, ce n’est pas ça les meilleures règles. Il faut des règles permettent d’être sûr que les deux sont bien sur la même longueur d’onde concernant ce qu’ils souhaitent faire. Après, certaines règles qui vont fonctionner, c’est l’interdiction de revoir l’amant mais pas dans le cadre du candaulisme. Mais la femme ne va pas le voir individuellement. C’est-à-dire que ce qui se passe, se passera dans le couple, non pas sous le contrôle mais sous le regard. Ce qui n’est pas la même chose en terme de domination sous le regard du mari. Mais la femme la plupart du temps, en tout cas dans les contrats qui me semblent valables pour lui donner la cohérence, la femme s’engage à ne pas entretenir de relations amicales ou privées avec le troisième en l’occurrence l’amant."

Emmanuelle : "D’accord et bien merci Philippe Arlin/ Je rappelle que vous êtes sexologue et psychologue. Et figurez-vous que le candaulisme inspire les auteurs de littératures érotiques et nous aurons avec nous Éric Mouzat au téléphone. C’est tout de suite."

Eric Mouzat écrivain de romans érotique et la pratique du candaulisme

Emmanuelle : avec nous en ligne Éric Mouzat, vous êtes professeur à l’université et en outre réalisateur scénariste et écrivain de livres érotiques bonjour

Éric : "Bonjour Emmanuelle."

Emmanuelle : "Éric Mouzat, vous vous êtes beaucoup inspiré du candaulisme, que ce soit votre ouvrage « petits arrangements conjugaux », « scènes d’amour à trois personnages » aux éditions La musardine , « ode à trois » aux éditions blanches. Pourquoi le candaulisme vous inspire tant ?"

Eric : "En fait, je vais en parler peut-être d’une manière un peu dégénérée par rapport à vos précédents interlocuteurs parce-que pour moi c’est une situation de départ, le candaulisme. En soit, je l’ai un petit peu exploité dans mes romans mais je l’ai vu comme une situation riche et intéressante d’un point de vue narratif car cela permet de déboucher sur d’autres univers... des choses qui ont été d’ailleurs évoquées précédemment, comme les rapports à trois, la jalousie, le problème du voyeurisme et de l’exhibitionnisme etc…. Pour moi, ce n’est pas une situation figée. Je l’ai vue d’un point de vue narrative comme des pistes vers d’autres univers qui me permettent de bâtir, de construire des scénarios."

Emmanuelle : "Cela permet d’ouvrir vers d’autres pratiques ?"

Éric : "Oui par exemple, si on considère le candaulisme d’un point de vue un petit peu dégénéré par rapport à ce qui a été dit précédemment, on peut imaginer dégénérer sur le triolisme par exemple sur des relations bisexuelles. Même si, à proprement parlé, dans le candaulisme, il n’y a pas cette bisexualité de l’homme, du mari, mais on peut en imaginant une extrapolation, déboucher sur des choses comme ça et puis ce qui m’a intéressé aussi quand j’ai bâti mes scénarios, c’est de voir le point de vue des trois protagonistes. Parce-qu’on a beaucoup parlé de ce qui se passe dans la tête de l’homme, du mari. On a un petit peu évoqué ce qui se passe dans la tête de la femme et très légèrement ce qui se passe dans la tête de l’amant. Mais moi, je pense que les trois points de vue peuvent être envisagés. Vous avez dit tout à l’heure que j’ai écrit quelques scénarios et dans mes romans j’essaie d’avoir une écriture relativement visuelle, cinématographique et j’essaye d’envisager dans ses relations à 3 la position des 3 personnages, des trois protagonistes."

Emmanuelle : "On aura tout à l’heure la femme de Louis qui nous donnera son avis sur sa pratique du candaulisme enfin par rapport à son mari candauliste. Effectivement, pour vous, ça ouvre sur d’autres univers. ça permet d’aller vers d’autres pratiques, dans la réalité cela peut aussi être le cas ?"

Éric : "Probablement. J’imagine que tout est possible mais si vous voulez, pour moi, ça a été un point de départ duquel on peut dériver vers des choses qui vont vers le voyeurisme, l’exhibitionnisme, éventuellement même des jeux de soumissions psychiques, pas de soumissions physiques. On va pas déborder vers le SM classique, mais il peut y avoir si vous voulez, cette relation de domination psychique entre les divers personnages par exemple. Si on considère la position de l’amant, on peut imaginer que dans sa tête, il y a quelque chose qui va vers la domination de l’homme candauliste par exemple."

Emmanuelle : "Alors, c’est souvent dans le cuckolding où il y a des jeux un petit peu de domination soumission. Nous l’avons évoqué au début de l’émission. Le mari est alors considéré là un petit peu comme cocu et mis à l’écart. C’est ce qu’il souhaite évidemment."

Éric : "Du point de vue de l’auteur, du point de vue du romancier, je ne me contente pas d’une situation simple. J la fait dériver, pour l’intérêt des scénarios bien sûr vers d’autres situations, mais probablement que dans la vie ce n’est pas exactement comme dans les livres, non plus."

Emmanuelle : "L’idée de mettre le couple en danger, ça produit une histoire, parce-que le candaulisme, c’est mettre le couple en danger quelque part ?"

Éric : "Et puis, ça permet d’explorer le psychisme des personnes, ça permet d’explorer la jalousie de l’homme, ça permet d’explorer le risque que la femme trouve l’amant plus à son goût que l’homme, etc…. Enfin ça permet d’envisager tout un tas de situations dramatiques en fait."

Emmanuelle : "Merci Éric Mouzat. Je rappelle que vous êtes notamment écrivain très inspiré par le candaulisme."

Le témoignage de l’épouse d’un candauliste

Emmanuelle : "Nous allons clôturer à présent le dossier concernant le candaulisme avec le témoignage de l’épouse de Louis que nous avons eu au tout début de notre reportage. Elle n’a pas pu réagir tout de suite car elle travaillait. Nous allons voir comment elle vit le candaulisme de son mari. Alors Lisa, Bonjour vous avez 39 ans et vous êtes la femme de Louis que nous avons eu au tout début de l’émission, bonjour."

Lisa : "Bonjour."

Emmanuelle : "Alors, comment votre mari Louis vous en a parlé pour la première fois et comment vous avez réagit ?"

Lisa : "Alors en fait, ça n’a pas été une discussion comme ça de but en blanc. Ça c’est passé naturellement parce-qu’en fait, on avait déjà abordé le libertinage avec sa tentative de me faire découvrir le milieu et moi ça m’a pas du tout plu en fait, la notion d’échangisme à proprement parlé. Donc, on s’est orienté vers du triolisme, quelque chose comme ça au départ. Et il s’est aperçu au fil des expériences que cela lui plaisait beaucoup. Ça s’est fait progressivement, ça n’a pas été une demande officielle."

Emmanuelle : "Vous avez mis combien d’années pour arriver à un équilibre dans le candaulisme ?"

Lisa : "Plusieurs années en fait parce qu’il y a eu plusieurs phases plus ou moins difficiles à vivre aussi, et maintenant on est arrivé enfin à un équilibre, mais il a fallu peut-être 6 à 7 ans."

Emmanuelle : "7 ans quand même ?"

Lisa : "Oui".

Jimmy : "Sept ans, c’est quoi sept ans de souffrances au départ avant que vous preniez votre plaisir avec quelqu’un d’autre ?

Lisa : "Alors en fait, c’est surtout pour trouver ma place dans la pratique parce-que pour moi, spontanément je ne suis pas infidèle de nature, donc je n’ai pas bien compris son point de vue et sa fantasmatique par rapport à ça. Je ne comprenais absolument pas comment il pouvait être excité à me regarder. C’était péjoratif en fait. J’avais l’impression que j’étais une sorte d’objet au départ. Et j’ai mis énormément de temps à comprendre ça parce-que je le prenais trop au sérieux au départ. Je n’arrivais pas à le prendre comme un jeu et donc en parallèle j’ai fait aussi un travail sur moi pour aller un peu plus de l’avant par rapport à notre complicité. Je ne voulais pas non plus d’une sexualité conventionnelle. Notre objectif était de se rapprocher mais cela n’était pas évident il y avait toujours un décalage. On n’arrivait pas forcément à être sur la même longueur d’onde."

Emmanuelle : "Vous avez eu des déceptions, des échecs ?"

Lisa : "Oh oui énormément ! "

Emmanuelle : "Comment ça se présentait ? Qu’est-ce qui se passait qui n’allait pas ?"

Lisa : "Vous parlez au niveau des amants ?"

Emmanuelle : "Oui"

Lisa : "Oui oui, effectivement. Chaque amant est bien sûr différent. Certains sont complètement inexpérimentés et n’arrivent donc pas forcément à comprendre le fonctionnement du couple. Le plus difficile, c’est qu’ils trouvent leurs places aussi parce que je trouve que chacun a sa place et que la relation est importante au-delà de l’acte sexuel. Donc, chaque individu est différent ce qui fait la richesse aussi mais effectivement parfois, il y a des échecs. C’est parfois douloureux aussi. C’est pas juste sexuel. Il y a une dimension beaucoup plus élevée dans cette pratique, une dimension humaine et puis parfois, ça devient des amis que l’on a effectivement pu rencontrer par cette pratique."

Emmanuelle : "C’est vous qui choisissez les amants ?"

Lisa : "Oui"

Emmanuelle : "Et donc il y a une complicité amant mari ?"

Lisa : "C’est pas forcément systématique mais pour moi, ce serait idéal dans l’absolu. C’est ce que l’on vise tous les deux. Par contre, c’est vrai que s’il n’y a pas de complicité entre eux, ça peut vite être rédhibitoire."

Emmanuelle : "Est-ce que vous avez des relations suivies avec les amants ? Vous disiez que vous les revoyez avec Louis. Vous ne les revoyez pas seule ?"

Lisa : "Au niveau de l’amitié, on peut se voir. C’est déjà arrivé aussi que mon mari accepte que je vois mon amant seule. Aujourd’hui, je préfère qu’il soit là parce que le but c’est une complicité. Je vous dis, je ne suis pas forcément infidèle de nature et je n’ai pas l’impression de faire cocu mon mari. C’est ça qui est rigolo. C’est qu’il y a vraiment une complicité avec lui et je ne me verrais pas du tout lui cacher quelque chose en fait."

Jimmy :" Est-ce que c’est Louis qui vous demande d’aller voir d’autres amants ou bien est-ce que c’est vous qui maintenant avec l’expérience avez envie de vous faire plaisir ?"

Lisa : "Je ne sais pas. C’est à la fois les deux et à la fois ni l’un ni l’autre. On est complices. Quand je lui dis que quelqu’un me plaît, il attend de voir comment je vais m’organiser. La fantasmatique ne commence pas au moment du rapport sexuel. Elle commence avec les contacts qui parfois aboutissent, parfois pas. Il attend de voir un petit peu ce qui va déboucher, parce qu’il y a tellement de contacts que ce n’est pas concluant chaque fois. Il attend de voir ce que cela va donner et parfois, il est agréablement surpris car je peux amener des gens totalement atypiques à la maison ! Donc après me faire plaisir moi toute seule, je ne vois pas bien l’intérêt. C’est vrai qu’au départ, j’étais plus ego centrée. Je n’arrivais pas à être complice avec mon mari. Quand je vous voyais mon amant, j’avais l’impression d’être en couple avec mon amant puis avec mon mari. Je n’arrivais pas à trouver ma position, et là c’est vraiment très clair aujourd’hui."

Emmanuelle : "Aujourd’hui, vous pourriez vous passer du candaulisme ?"

Lisa : "Non je ne pense pas, absolument pas mais par contre cela ouvre sur d’autres pratiques."

Emmanuelle : "Justement, ce que disait l’écrivain tout à l’heure, ça peut déboucher sur du triolisme, la bisexualité…."

Lisa : "Oui, de toute façon, mon mari n’est pas passif, c’est-à-dire qu’il est passif dans le sens où il me regarde les premières minutes mais très rapidement ça peut effectivement déboucher sur du triolisme. Et ensuite, on aimerait bien expérimenter avec une femme. La complicité est telle qu’aujourd’hui l’amour est beaucoup plus important aujourd’hui qu’au début. Plus on avance dans les années plus on est amoureux."

Emmanuelle : "Merci Lisa, je rappelle que vous êtes l’épouse d’un candauliste convaincu."

Liens : http://www6.zippyshare.com/v/73742422/file.html

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6 Commentaires

  • baj je pense que le candaulisme est vieux comme le monde bien avant même l’histoire vraie ou fausse du roi Candaule
    mais ça n’avait pas de nom, la pratique existait mais n’etait pas désignée nommément, maintenant c’est fait, ainsi je suis donc un mari candauliste sans le savoir au d epart, j’aimais voir et/ou savoir ma femme avec un ou des hommes mais je ne savais pas que ça pouvait s’appeler CANDAULISME,`maintenant je sais et j’en suis bien aise, mais ça ne change rien à l’affaire.
    on fequente d’autres couples dans notre cas etc ertains hommes seuls pour le plaisir sexuel de ma femme et mon plaisir cérébral
    MAIS j’aimerais savoir si une etude sérieuse existe sur le nombre de couples pratiquant, ceratine disent 5% d’autres 10 mais quelle est la verité, ?
    j’ajoute que j’ai été cocu avant de devenir candauliste,c eci explique peut etre cela enfn dans mon cas
    j’ai beaucoup aimé la situation du cocu quand je l’ai appris et j’ai favorisé alors les escapades de ma femme l’encourageant à prendre des amants jsuqu’a ce que nous en arrivions aux soirées echangistes et enfin au candaulisme qui nous donne toute satisfaction
    voilà mon apport si ça peut aider

  • c’est rassurant de voir qu’on n’est pas seuls dans cette pratique
    De notre côté Vincent se pose parfois beaucoup de question sur la "normalité" de cette sexualité, sur ce que cache psychologiquement cette pratique.
    Finalement nous nous laissons ressentir, communiquons beaucoup et avancons à notre rythme.

  • Bonsoir Louis et Lisa,
    Magnifique témoignage de votre amour et de la façon de voir la vie de couple.
    Je viens de nous inscrire sur le site car très récemment avec ma femme nous avons eu envie d’une vie sexuelle différente pour notre couple. La définition du candaulisme que vous faite dans cette émission me perturbe un peu car je ne ressent pas l’envi de voir ma femme avec un autre homme sur le moment, moi j’ai envi que nous le vivions après.
    Ce qui ne change pas par rapport a votre expérience c’est l’amour que nous portons l’un pour l’autre dans notre couple et la complicité que nous avons.
    Merci pour votre site que nous trouvons très bien rédigé.
    Les amours.

  • J’adore, c’est tout à fait ça !!!!
    pour nous c’est la même, ca fait plaisir de ne plus se sentir seules à avoir cette façon de voir la vie.
    Moi j’ai participé à l’article concernant la saint Valentin, en attendant d’autres aventures
    Bises à tous et toutes
    Adeline

  • Merci beaucoup Johnlou pour vos encouragements,
    ils nous sont indispensables et nous font beaucoup de bien.
    Merci aussi de nous aider par vos contributions et expliquer ainsi la pratique que nous partageons. Le candaulisme est encore aujourd’hui mal connu, et parfois mal jugé par ceux qui ne perçoivent pas le degrés de complicité et d’amour qui peuvent unir un couple candauliste.
    Alors aidez-nous à mieux faire connaitre le candaulisme par vos contributions, que ce soit des aventures, des points de vue ou simplement votre imagination.
    Par ailleurs, en cliquant sur le lien proposé à la fin de la contribution c’est aussi très sympa d’entendre la voix d’une partie des personnes qui interviennent sur candaulisme.com à savoir Lisa, Philippe et moi-même, (même si cette voix n’est pas terrible en ce qui me concerne j’en convient !!!)
    Très chaleureusement à tous

  • Félicitations pour cette interview .... vraiment c’est exactement ça !! Nous partagons à 100% les sensations de Lisa et Louis ... C’est un vrai jeu de plaisir partagé par le couple ! Nous allons "contribuer" pour vous expliquer tout ça...Amitiés candaulistes.... Lisa et John

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