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Quand l’amour s’en mêle

Quand une relation est suivie, que les moments en compagnie de l’amant sont tous plus riches les uns que les autres et que de surcroît tout est mis en œuvre pour construire une complicité de couple, l’apparition de sentiments ou d’un attachement peut paraître somme toute naturel.

Bien souvent, de nombreuses personnes conventionnelles et/ou libertines refusent totalement cet aspect dans toute relation coquine. La peur, l’éducation, la possessivité sont autant de raison de brimer des sentiments naissants. « Surtout ne tombe pas amoureuse de ce mec !!! » pourra-t-on entendre de la bouche de notre meilleure amie ou tout simplement de notre propre esprit.

Identifier ses peurs

Il paraît intéressant et judicieux de se poser un instant pour identifier ce qui bloque cette acceptation. De quoi a-t-on peur réellement ? De devoir choisir entre l’amant et le mari ? De souffrir quand la relation amant-maitresse cessera ou si le mari demande de l’arrêter ? De faire souffrir son mari ? Est-ce un sentiment que je veux absolument contrôler parce-que « c’est mal » ? Si mes proches l’apprenaient, me jugeraient-ils ? Et si je ne supportais pas que mon amant rencontre une autre femme ? Va-t-il me quitter ? Que va-t-on devenir si l’amour s’en mêle ? … autant de questions qui ne peuvent avoir de réponses immédiates et qui nécessitent parfois d’en passer par l’expérimentation pour y répondre. Un travail sur soi peut paraitre utile pour apprivoiser l’origine de la peur que vous aurez identifié.

Sentiments partagés … ou pas

Cependant, si l’épouse peut tomber amoureuse de ses amants, de leurs côtés, se laisser aller au sentimentalisme n’est pas chose facile. Pour un amant, la peur de l’attachement à une femme mariée est un frein courant et d’autant plus compréhensible que celle d’un candauliste est par définition loyale envers son conjoint.

Face à un couple uni, l’amant a donc deux options : soit il accepte qu’elle ne sera jamais totalement libre pour lui soit il vit cette rencontre comme une aventure simplement sexuelle.

Si l’amant s’attache et n’accepte plus de ne pas avoir son amante seulement pour lui, il souffrira assurément de cette situation ou renoncera à cette idée. Comme me l’a si bien dit récemment un ancien amant « T’aimer c’est une chose … aimer l’épouse … c’est différent » et de rajouter « … mais tu étais déjà prise ».
Sans mauvais jeux de mots bien sûr …

Ceci illustre bien la difficulté pour l’amant de se projeter avec une femme qui ne soit pas libre et donc de se livrer totalement à elle. La limite peut donc tout simplement venir de l’amant qui souhaite construire sa vie avec une femme disponible. Si le couple n’est pas ouvert au polyamour, les relations resteront dans un cadre limité mais toutefois encore ouvert à de nombreuses expériences.

Transparence et honnêteté

Globalement, concernant la possibilité de laisser la place aux sentiments, la première chose à faire est certainement d’en discuter avec son partenaire de vie. Soit les choses sont évoquées en amont, au moment où les règles de fonctionnement sont établies dans le couple soit une discussion s’imposera plus tard si l’épouse commence à envisager la relation avec son amant sous un angle affectif. Dans tous les cas, la communication et la transparence sont de mises.

Même si le sujet peut être délicat à aborder, il est nécessaire d’être honnête vis-à-vis de soi-même comme au sein de son couple pour espérer un avenir positif. Si le mari a, dès le départ, posé une condition de non attachement à l’amant, l’épouse saura à quoi s’en tenir. Soit elle sera dans le même état d’esprit soit elle pourra avoir la surprise de se laisser envahir par autre chose que du jeu avec l’amant. Si tel est le cas, il semblera préférable de ne pas poursuivre la relation avec l’amant ; ce genre de situation n’allant pas en s’arrangeant.

Si l’épouse d’un candauliste veut rester dans l’intégrité que nécessite la pratique, elle ne peut se fourvoyer et mieux vaut écourter que de compliquer les choses. Cependant, la pratique candauliste peut voir ses limites évoluer au fil du temps et le mari se surprendre à accepter voire souhaiter que sa femme tomber amoureuse de son amant. L’excitation se cache parfois dans des recoins inattendus …

Qualité et durée de la relation

S’il est bien une chose qui peut paraître difficile à admettre quand les sentiments s’en mêlent, c’est que la relation avec le complice ne dure qu’un temps. Quand on vit une relation suivie, on peut se prendre à rêver d’un idéal de vie à trois mais généralement et sans vouloir paraitre pessimiste, force est de constater que la relation amant-maitresse ne dure pas.

Tous les ingrédients paraissent pourtant réunis pour réussir un ménage à trois mais ne nous y trompons pas, ces cas de figure sont encore rares. Non pas que cela soit voué à l’échec de façon intrinsèque, mais de nombreux paramètres doivent être au vert pour que cela fonctionne longtemps.

On vise souvent la durée alors que le plus important est de profiter de chaque instant, de chaque rencontre le temps que cela dure. Cet état de fait oblige à se concentrer sur l’instant présent, à apprécier les moments comme ils viennent et à les considérer comme précieux. Si la relation est vécue ainsi pleinement, le souvenir n’en restera que meilleur et aucun regret ne pourra entacher la belle histoire qui aura été vécue.

8 Commentaires

  • Merci à vous LCANDO pour votre ouverture d’esprit. Et rassurez-vous, concernant le volume de vos textes, vous écrivez si bien qu’ils ne sont jamais ... "encombrants". Au plaisir.

  • Bonjour,
    Dans notre expérience, donc subjectivement, on peut tomber amoureux d’un(e) autre. On a même le droit, chacun de nous reconnaissant ce droit à l’autre, par amour...
    Pourquoi n’aurait-on le droit d’aimer qu’UNE personne ?
    Pourquoi n’aurait-on le droit d’être aimé que d’UNE personne ?

    L’amour est un partage. Si l’amour pluriel ne vous déstabilise pas voire vous rend plus forte, tout va bien. Tout va mal quand une relation est perturbée ou perturbe une ou plusieurs personnes.

    Selon papa Freud, nous devrions sacrifier notre sexualité sur l’autel de la Société. Depuis notre cher Sigmund, la société a évolué mais n’est pas prête à accepter un autre schéma que le couple, càd DEUX personnes destinées à perpétuer l’espèce...

    Autour du couple candauliste originel, si des amours se développent, les complices n’ont pas le droit de bousculer les règles, déstabiliser l’environnement du couple. C’est déjà agréable d’aimer et d’être aimée, sachant qu’on ne vole rien, qu’on ne prive personne, qu’on ne dévalorise personne. Cet amour greffé est tout aussi beau et valorisant. Simplement, il ne doit pas bousculer l’harmonie du couple.

    Je suis aimée et aime mon homme à un point qu’il ne comprendra peut-être jamais. Nous approchons de la symbiose parfaite, sans tabous et pas seulement sexuels ! La vie n’est pas un long fleuve tranquille !
    Ceci-dit, et mon chéri le sait parfaitement, je suis aimée et aime un de nos complices. Celui-ci respecte la règle vue plus haut, nous ne nous rencontrons, au grand plaisir des trois, que de temps à autre pour des jeux coquins ET amoureux qui nous ravissent. Mon mari sait tout de ça. Je ne lui enlève rien, au contraire, cette ouverture sur d’autres personnes renforce notre couple, le cimente à jamais.

    On ne "renverse pas la table", on profite de tout et tous, sexuellement et amoureusement, en symbiose avec les Autres. Dans notre cas, ils sont quelques un(e)s à avoir apporté de l’Amour ce qui à tout prendre est plus agréable que de se voir apporter de la haine...

    Il convient d’être réalistes et matérialistes de temps en temps, ne pas perdre le contact avec le quotidien, le tissu social. On est dedans ou dehors. Dedans est plus confortable et n’empêche pas d’aimer, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie...

    Mon chéri et moi aimons beaucoup l’analyse de KALLIPYGE31. Merci !
    Voici notre petite pierre à l’édifice, pardon pour son volume encombrant !
    Amoureusement, K.

  • Tomasini, je suis assez d’accord avec vous... Je veux partager des jeux avec mon homme et des amants de passage mais garder mon homme comme unique bénéficiaire de mes sentiments...

  • Merci Kamadeva ;-)

  • Kallipyge....quelle magnifique réponse et encore une fois des réflexions profondes et ciselées dans le bon sens et l’intelligence !
    Merci

  • Je pense que chaque couple candauliste a son fonctionnement.
    Certains se plairont à vivre des relations d’un soir quand d’autres préféreront pousser la complicité si le feeling est présent. Chaque situation et type de relation a des avantages et des inconvénients. Certains seront stimulés seulement par la nouveauté et d’autres seront de plus en plus excités par la richesse d’une complicité croissante. Et parfois, les deux. Le tout est que chacun s’y retrouve. Le candaulisme comme d’autres pratiques d’ailleurs peut être l’occasion de vaincre certains aprioris par envie ou par curiosité.

    Certains candaulistes pourront être excités par le fait que leurs femmes puissent avoir des sentiments pour leurs amants alors que d’autres ne le supporteront pas. Quoiqu’il en soit, les choses sont en mouvement permanent et le même couple pourra voir ses modalités de fonctionnement changer au fil du temps ; le principal étant à mon avis de laisser des portes ouvertes à des évolutions car dans une pratique aussi ouverte soit-elle, on peut aussi paradoxalement s’enfermer.

    Quand l’amour et la confiance sont les valeurs de base du couple, le champ des possibles me parait déjà être beaucoup plus large. Un couple candauliste a lui même souvent évolué en partant d’une relation conventionnelle. Et on ne sait pas par avance ce que chacun aura envie d’expérimenter et la direction que le couple prendra. Le plus délicat étant peut-être de ne pas rester échaudés par des expériences qui ont pu être douloureuses.

    Construire sur ce qui semblent être des erreurs après coup peut être plus constructif pour avancer que de rester sur des peurs qui auront été générées par ces mêmes expériences "désagréables" pour l’un des trois partenaires. Et c’est aussi ce qui fait la force des couples qui durent.

  • Tout ça c’est bien gentil mais la transparence et les sentiments ça ne pas de pair car comment avouer à son mari qu’on est tombée amoureuse de son amant ?? Difficile voir même impossible car le mari restera le mari et entre partager des jeux sexuels avec un autre homme et accepter que celle ci en soit amoureuse ce n’est évidemment pas la même chose. La peur effectivement peut s’installer à juste titre et sans vouloir être réducteur c’est simplement la peur de perdre son épouse dont il s’agit ce que l’on peut comprendre aisément. Personnellement je ne trouve aucun avantage à une relation suivie car les sentiments ne se commandent pas et c’est tout à fait humain, on n’y peut rien donc si on veut prendre le risque de compliquer singulièrement cette relation candauliste alors oui choisissons la relation suivie mais où est le plaisir de la découverte ? celui du stress d’avant rencontre ? le plaisir et l’excitation de faire l’amour avec quelqu’un de différent, qu’on ne connait pas ... de se découvrir ? de faire des choses différemment car finalement l’amant régulier avec qui on finit forcément par avoir une certaine complicité, il devient petit à petit comme un deuxième mari et au bout d’un certains temps s’installera fatalement une sorte de routine aussi. Alors envisager un ménage à trois pour les plus téméraires ? J’ai fais cette expérience il y a une dizaine d’années et je peux dire que c’est TRÈS compliqué car la 3ème personne arrive dans un couple déjà formé et doit s’insérer dans ce duo comme une pièce rapportée qu’il restera toujours. Gérer les tensions à deux ce n’est pas facile et à trois c’est quasiment impossible. A mon avis la seule chance de réussite c’est si les deux hommes sont bi et que des sentiments les unissent ... au sinon toutes les personnes que je connais qui ont tenté cette expérience ont échoué ...
    L’amant régulier pour moi c’est le candaulisme cuckold pour le mari qui aime les relations dans lesquelles il se retrouve écarté, voir humilié et ceci sans jugement de ma part car on peut aimer ça y a pas de souci mais pour un couple traditionnel c’est la clé de la porte qui s’ouvre sur les problèmes. Ça reste mon avis bien sur et je comprends que l’on puisse envisager cette situation autrement.

  • bonjour,
    j’adore et partage votre conclusion. Profitons de l’instant...le temps n’en est qu’une succession !
    Amour et confiance (en l’autre, en soi) , avec la transparence et l’honnêteté sont véritablement les piliers de la pratique.
    Merci

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