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Pourquoi la pratique du candaulisme peut-elle être mal perçue ?

Si généralement le fait qu’une femme puisse librement épanouir sa sexualité avec son conjoint comme avec son amant est une idée réprouvée dans notre culture, c’est que la société a peur des conséquences de ce type d’évolutions des mœurs.

Pour illustrer mon propos, j’aimerais vous faire remarquer que bien souvent les couples candaulistes jouent avec le terme de « cocu » - dont le sobriquet vient de cet oiseau dont la femelle pond ses œufs dans le nid d’autres espèces – un terme qui est plus souvent attribué à l’homme dont l’épouse est considérée comme infidèle et qui peut lui faire reconnaître et élever des enfants qui ne sont pas les siens.

Là est sans doute ce qui inquiète ceux de nos compatriotes qui ne connaissent pas les délices du candaulisme : la trahison sur l’origine de sa descendance, qui nourrit l’angoisse originelle de l’homme et qui fait que l’idée qu’une épouse puisse librement vivre des aventures avec d’autres hommes que son conjoint soit perçue de manière très péjorative.

Cette vision péjorative de la femme à la sexualité libérée et assumée est liée à une angoisse primitive qui perdure dans l’inconscient collectif, tant masculin que féminin, car cette sexualité-là ravive notre question existentielle "Qui suis-je ?" - entendez "D’où suis-je ?" -, à laquelle seule notre mère semble détenir la réponse.

La question de notre origine, qui est à la merci du désir sexuel féminin, fait en sorte que ce désir ne cesse d’inquiéter et conditionne parfois la brutalité du jugement à l’égard des agissements de l’épouse d’un candauliste...

A chacun et chacune sa capacité à composer avec, à questionner la relation, à redoubler d’attachement, à nourrir son désir en lieu et place de la jalousie, de la colère ou de la dévalorisation de son épouse.

C’est au partenaire concerné d’en faire, ou pas, une affaire stimulante pour sa libido et son couple. Cela, en fonction de son histoire personnelle qui est bien sûr à l’origine de la confiance en soi, et de la valeur à accorder au lien amoureux et à la relation de couple.

13 Commentaires

  • Je crois que le candaulisme prend naissance dans la fantasmatique de chaque homme marié avec l’idéalisation de la figure paternelle à rapprocher de l’amant viril de l’épousée. Autre façon d’écarter un imaginaire et tout-puissant papa afin de garder pour soi, non pas une femme, mais une "putain de mère" dont la nécessaire séparation fait souffrir, c’est-à-dire excessivement jouir...Ainsi se nouent les liens oedipiens : masochisme du mari cocu.

  • Merci. Bon réveillon à toi et à tous

  • Merci beaucoup pour cette belle participation mon cher Claude.
    Tu sembles maîtriser de nombreux concepts de psychologie et c’est une véritable richesse.
    Bon réveillon à toi

  • Pour ne parler ici que de l’Œdipe masculin, il s’agit de l’amour fantasmatique incestueux du petit garçon pour sa mère. On touche ici au tabou le plus essentiel et l’enfant refoulera, constituant ainsi l’inconscient, lequel est bien compliqué puisque constitué du refoulé il sera interdit par le psychisme d’expression directe et s’exprimera (très largement) de façon indirecte (symptôme, acte manqué...). C’est dans ce contexte qu’évoluera la sexualité de l’enfant tandis que se dé-nouera (nœud, névrose) progressivement l’oedipe au sein de l’inconscient et que l’adolescent puis l’adulte pourra regarder vers d’autres femmes. Pas toujours et pas complètement. Cette persistance de l’oedipe fera le lit des névroses de l’adulte. N’ayons pas peur du mot. Névrosés nous le sommes tous d’une façon ou d’une autre, à un degré ou à un autre.
    Le candaulisme s’inscrit donc dans ce registre. Le candauliste projette sur sa femme quelque chose du désir non liquidé qu’il porte dans l’inconscient à sa mère. D’autant que l’enfant a toujours su (les enfants savent tout) ce qui se passait entre ses parents dans le lit conjugal et qu’il a toujours désiré voir et s’immiscer. Pour faire court, le candauliste vit à travers sa femme les fantasmes dirigés vers sa mère.
    Dès qu’il s’agit d’inconscient (le refoulé) tout le monde se braque et on comprend que le candaulisme soit réprouvé socialement.
    Voilà. Ceux qui connaissent la question trouveront beaucoup à redire à ce petit laïus trop simple, trop rapide, trop approximatif mais j’ai essayé de dire simplement une chose qui n’est pas si facile à comprendre et pas si facile à accepter.
    Pour qu’il n’y ait rien d’équivoque dans mon propos il va de soi que l’inceste n’est pas un tabou pour rien. Il ne peut en aucune manière être accepté et il n’y a que de profonds irresponsables pour croire qu’on pourrait jouer avec. Je ne parle pas ici du candauliste adulte qui joue avec sa femme et lui-même à un autre niveau très éloigné de cette problématique (qu’il n’est peut-être pas inutile tout de même de conscientiser pour ne pas partir en vrille sans savoir comment et pourquoi).
    Merci de votre indulgence pour ce petit texte écrit trop vite.

  • C’est juste, tu as raison Claude et je crois même que c’est une des origines du candaulisme communément admises.
    Alors c’est avec grand plaisir que je te laisse le soin de nous développer ici ce que tu évoques modestement.
    Merci par avance pour ta contribution à venir qui va en intéresser plus d’un, j’en suis sur.

  • Pour faire suite à ce passionnant sujet j’évoquerais, Candaule, une hypothèse qui à bien y réfléchir n’est pas totalement étrangère à la vôtre. Dans l’inconscient masculin la distinction n’est pas forcément claire entre la mère et l’épouse (quand l’Œdipe n’est pas réglé) et on peut supposer que le candaulisme est une façon de vivre dans le réel les fantasmes oedipiens.

  • Merci beaucoup Domi.

  • Candaule et Maatkare qui répondent à mon commentaire, j’apprécie ces deux acteurs tout particulièrement, l’un pour être à l’initiative de ce superbe site et ses bons mots (Maatkare dirait longs),l’autre pour être la parole des femmes qui pratiquent le candaulisme, ses récits si détaillés et envoutants et ses recadrages toujours plein d’humour, bises à vous deux !

  • Candaule... je crois que tu n’as pas saisi le second degré de Domi... qui m’a bien fait rire :-) (surtout que j’ai des origines britanniques lol).
    Merci Domi :-)

  • Domi,
    "tellement heureux de savoir que ma femme est une femme qui assume ses envies et qui grâce à ces dernières me rend chaque jour un peu plus sûre d’avoir fait le bon choix pour nous deux"
    Une véritable déclaration d’amour à la femme qui illumine votre vie, simplement Magnifique !

  • Ce que pensent les autres, ah belle question, j’ai une toute petite voiture ma femme une très grosse, mon voisin une belle Anglaise. Si ma femme couche dans la belle Anglaise avec mon voisin, qu’en penseront mes voisins qui roulent en Renault et qui rient de me voir seul au volant de ma toute petite voiture, mais tellement heureux de savoir que ma femme est une femme qui assume ses envies et qui grâce à ces dernières me rend chaque jour un peu plus sûre d’avoir fait le bon choix pour nous deux ?
    Voilà, je sais maintenant que 4% de mes enfants ne sont pas les miens, ce doit être ceux qui parlent Anglais, non pas à cause de l’etude britannique, mais probablement à cause de la Jaguar, So British quoi !

  • Bien entendu Maat, j’ose espérer que les dérives que tu évoques ici (fécondation de l’épouse par un amant), si elles existent sont fort heureusement peu nombreuses, ce qui n’enlève rien à la gravité du geste bien entendu.

    Il est en effet bien de savoir qu’une étude britannique datée de 2005 et publiée dans le sérieux "Journal of Epidemiology and Community Health", fait état du constat suivant : "Un homme sur 25 soit 4% des pères déclarés ne serait pas les pères biologique". (source : http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/4137506.stm).

  • Trahison pour l’homme cocu, oui. Mais il y a aussi l’humiliation généralement admise qui en découle, et par là la remise en question de la virilité du cocu. C’est un point que tu n’as pas pris en compte, et je pense qu’il a son importance.

    Depuis des temps immémoriaux les hommes cherchent à avoir le pouvoir sur la sexualité de la femme, et sur sa faculté de procréation, en la bridant, en la masquant, ou en la niant. Face à ça, une femme qui se libère, ça fait tache...

    Mais quand je vois les dérives de certains candaulistes, qui jouent avec le corps de leur femme, recherchant cette fécondation "interdite" par l’amant, la provoquant, et parfois poussant le vice jusqu’à faire avorter la dame à la limite légale (pour recommencer plus tard ?)... Ça me fait froid dans le dos.
    Et je ne parle pas de ceux qui conçoivent un enfant dans ces circonstances et le gardent, avec toutes les conséquences psychologiques futures potentielles pour l’enfant...

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