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Partager son fantasme : libérer son couple, cultiver le désir sans risque

Pour commencer, regardons l’origine du mot fantasme ; celle-ci nous éclaire :
Le mot " Fantasme " vient du grec phantasma qui signifie apparition, fantôme, illusion. Ce mot est lui-même dérivé de phainein signifiant rendre visible, faire briller. Si nous prolongeons tout cela, un fantasme serait donc comme une illusion qui fait briller notre inconscient, ce que Carl Gustav Jung qualifie comme " le produit d’une activité psychique créatrice ".

Le fantasme, qu’il soit d’origine candauliste ou non, est une forme d’accès à notre inconscient. Cela raconte quelque chose de nous-mêmes qui nous échappe et qui a peut-être davantage le contrôle sur nous qu’on ne le croit.

Pourquoi a-t-on peur de partager ses fantasmes ?

Livrer ses fantasmes, c’est un peu comme se raconter de l’intérieur, se révéler dans des possibles que l’on ne va pas forcément concrétiser mais au sens imaginaire, au sens sensuel, au sens physique, au sens d’aspiration et qui dérangerait l’image que l’on a de soi.

Il est bien évident qu’il peut parfois paraître compliqué de se livrer à son partenaire. Le plus souvent, nous voulons nous penser d’une certaine manière. On veut être sûr de qui l’on est. Dire à sa partenaire que l’on fantasme à l’idée de la voir coucher avec un autre, c’est une façon de dire que l’on aimerait être cocu, une image dérangeante dans l’inconscient collectif. Ce fantasme candauliste pourrait ainsi déranger les certitudes que l’on a nous concernant.

Parfois nous pouvons penser que raconter ses fantasmes, c’est aller chercher ailleurs ce que l’on ne trouve pas dans son couple, comme si le couple se devait d’être l’origine de tous les désirs sans avoir besoin de s’enrichir. Me concernant, je préfère considérer que chacun des deux partenaires qui compose un couple devrait comprendre que celui-ci est un fabuleux terrain de jeu qui renforce la confiance, la complicité et le désir de chacun à travers la libre expression des fantasmes.

Il peut aussi arriver que l’épouse d’un candauliste un peu trop pressant lors de l’expression de son fantasme craigne de se retrouver prise au jeu et de s’entendre dire : " Ce serait chouette que l’on fasse ça ! " Alors que ce n’est pas ce dont elle a véritablement envie. N’oublions pas que notre partenaire peut aussi être choquée par l’expression fantasmée d’un désir alors que c’est juste un fantasme. C’est la raison pour laquelle il est délicat d’en parler.

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas forcément tout dire lorsque l’on exprime son fantasme candauliste. Il y a des choses qui relèvent de notre fantasmagorie au sens fantasque, au sens imaginaire, au sens inconscient et qui ne se soucie pas des conséquences. Il n’est pas bon de rendre compte de ses fantasmes. S’en amuser accompagné de son/sa partenaire est toujours très stimulant.

Quelles sont les règles à se fixer lorsque l’on parle de ses fantasmes ?

Précisons en premier lieu que fantasmer ne veut pas dire faire ce dont on rêve. Contrairement à ce que l’on croit, ce que l’on fantasme, ce n’est pas forcément ce que l’on aimerait faire concrètement. Quelques fois on croit qu’on prendrait plaisir à faire, on s’en approche et on s’aperçoit que non pas du tout. Une évidence : La réalité sera forcément différente de ce que l’on a imaginé en cas de passage à l’acte et cela peut nous déranger.

Le côté frondeur, un petit peu désobéissant, quelque peu transgressif de notre imagination qui s’exprime lorsque l’on fantasme à la vue d’un homme séduisant que l’on croise ne veut pas dire obligatoirement que l’on va tout mettre en œuvre pour réaliser ce que l’on imagine.

Lorsque l’on a compris qu’il n’y a pas d’obligation de passage à l’acte lorsque l’on fantasme en couple, il n’y a plus de limites à l’imagination et à la stimulation de notre libido. Il est important de faire de nos fantasmes quelque chose de léger et qui n’engage en rien ; juste le plaisir de rêver son désir à deux. Il est important que fantasmer soit compris comme un jeu. Le fantasme c’est du jeu, de la mobilité, de la possibilité et cette possibilité nous ne pouvons l’imaginer que si l’on chemine en toute légèreté sans appréhension.

Plus nous allons nous autoriser à fantasmer soi-même dans son petit jardin secret et plus nous allons développer une libido de plus en plus riche, plus fantaisiste. Plus l’on s’autorise cette promenade, cet épanouissement dans notre fantasmagorie, plus cela veut dire que l’on a finalement de moins en moins peur de soi-même.

C’est cette peur de soi-même qui bloque le plus souvent notre désir, c’est cela qui nous verrouille, cette peur de ce qui pourrait se révéler en nous. Comme cette petite phrase intérieure qui nous fait dire : " Si je m’écoutais, cela deviendrait n’importe quoi, je ferais n’importe quoi et je ne pourrais plus revenir en arrière " comme s’il y avait cette menace d’une impossibilité de revenir en arrière.

Au contraire c’est cela qu’il s’agit d’apprivoiser pour s’apercevoir que plus on accueille ses fantasmes, qu’on les écoute et plus il y a d’assurance de ne pas faire n’importe quoi au sens où cela nous retomberait dessus et que nous le payerions cher.

Il arrive souvent que les gens qui pensaient être fidèles toute leur vie et qui tout d’un coup vivent une aventure extraconjugale sont les premiers à ne pas en revenir et les premiers à ne pas l’assumer. Pour le coup, cela engendre de gros dégâts.

Il est important aussi d’accepter que notre partenaire ne soit pas sensible à certains de nos fantasmes, ce qui doit impérativement nous inciter à ne pas insister. Ce qui me conduit à dire qu’il est important d’avoir une fantasmatique riche et variée afin de pouvoir alimenter et enrichir la libido de notre couple.

Parfois notre partenaire peut se retrouver gênée à l’idée d’exprimer certains fantasmes, il est alors amusant de les exprimer à sa place et l’accompagner ainsi sur la voie de sa propre libération.

Rappelons que nous ne sommes pas obligés de fantasmer de la même manière et avoir la même propension à fantasmer de manière consciente et à se le raconter. L’appétit de l’un peut nourrir celui de l’autre. Bien souvent nous croyons que l’expression des fantasmes au sein d’un couple doit être équilibrée entre les deux partenaires mais il n’en est rien ! En effet il est des individus qui ont plus de facilité et qui sont donc moteur dans l’expression du désir. Cette expression du désir à travers le partage de fantasmes peut alors révéler l’autre dans ses propres désirs.

Quel intérêt à partager ses fantasmes ?

Nous avons sur le site de nombreuses contributions qui sont parfois le partage d’une expérience vécue plus ou moins enjolivée. Parfois aussi nous pouvons lire des contributions pleinement imaginaires que je qualifie d’histoires candaulistes et qui sont des fantasmes, une idée que l’on a et que l’on va projeter à travers des sensations, des images.

Que ce soit une expérience vécue ou une histoire candauliste, c’est comme une nourriture à fantasme, une énergie de vie pour tous les membres de notre communauté.

Rappelons que nous sommes toujours en train de fantasmer sans nous en rendre compte et ce n’est pas péjoratif. Cela ne veut pas dire que nous sommes à côté de la réalité mais notre réalité est truffée d’images, de projections, de sensations et d’interprétations. C’est cela le fantasme !!

Le fait de parler de ses propres fantasmes avec son/sa conjoint(e) si il/elle est consentante peut être une manière de stimuler la libido de son couple. Il est important alors de bien comprendre qu’il faut parfois du temps pour que son/sa partenaire s’autorise à s’ouvrir à ce genre de complicité.

Un autre paramètre indispensable à ce genre d’exercice est la confiance en soi et en l’autre. Il est en effet indispensable de bien comprendre que l’expression d’un fantasme est totalement dissociée d’un éventuel passage à l’acte. L’expression d’un fantasme n’engage à rien, il permet juste d’explorer et cheminer dans une fantasmagorie que l’on rend commune.

Seule une très grande confiance entre les deux partenaires qui constituent le couple candauliste peut permettre la libre expression des fantasmes de chacun et construire ainsi une relation de couple à la fois aussi solide que libérée.

L’expression de désirs fantasmés à l’égard d’autres partenaires peut aussi stimuler la jalousie et exciter ainsi le désir. C’est l’occasion d’apprendre à apprivoiser ce sentiment de jalousie qui vient se mettre entre les partenaires qui fantasment pour en faire un élément d’excitation et non pas un élément de crispation. Comme nous l’avons précédemment dit dans l’article concernant le désir mimétique, lorsque l’on s’aperçoit que sa partenaire fantasme sur une personne qui pourrait devenir le complice de notre couple, cela réveille notre propre désir.

Parfois lorsque l’on apprivoise cette pratique en couple, le partenaire peut se retrouver à la fois surpris de certains fantasmes qui lui sont révélés mais aussi de l’excitation que ça lui procure.

Exprimer librement ses fantasmes c’est aussi la matérialisation que l’on ne craint pas le jugement de l’autre en livrant parfois même certains penchants qui sont en dehors de la norme. Pour cela, il faut à la fois ne pas se sentir jugé et en paix avec soi-même. Ce qui est un formidable atout pour avoir une sexualité de couple harmonieuse.

Parfois on se croit devoir être le créateur de ses fantasmes alors que vous pourriez tout aussi bien prendre plaisir à écouter l’autre et assumer le rôle de voyeur auditif. C’est là aussi une formidable préparation à l’excitation que peut procurer le récit des aventures qu’a vécues notre épouse avec son amant en notre absence. Cette pratique peut nous faire découvrir le fabuleux plaisir que l’on peut éprouver à imaginer, à visualiser, parfois même à ressentir ce que l’autre vous raconte.

En conclusion

Le fantasme c’est l’histoire du désir qui est quelque part à libérer, un désir qu’il faut exulter, cela en passe effectivement par le fantasme de soi, de sa vie, de l’autre. Je n’aurais qu’un conseil : apprenez à accueillir vos fantasmes, laissez s’exprimer votre imagination et partager votre créativité avec votre partenaire. Fantasmer seule ou à deux ne coûte rien, ne fait courir aucun risque. Cela enrichit simplement et intensément notre complicité et libère notre propre énergie créatrice.
Prenez le temps, Osez et partagez……

7 Commentaires

  • @sexewoman je vous rejoins sur l’excitation lorsque l’on est pas là... voir sa femme se préparer, se maquiller, entendre ses talons, caresser ses bas et voir le string qu’elle a choisie pour lui c’est fabuleux. Lui faire l’amour lorsqu’elle rentre, l’exhortant à être toujours plus libre et désirable, c’est divin !

  • Très bon texte. Pour moi d’offrir ma femme a un autre est le fantasme suprême. Rien ne m’excite plus. J ai encore plus d’excitation quand elle rencontre un amant seul. J adore imaginer la scène et quand elle me revient elle me raconte en détails ses ébats sexuelles ave son amant et je deviens en érection très rapidement. Je la baise ensuite avec grande intensité et lui faisant promettre de recommencer de nouveau. Ma femme à 38 ans et est extrêmement désirable. Elle est grande et très chaude sexuellement. Chacun de ses amants désirent toujours la revoir. Elle en à quatre actuellement.

  • Le verbe, la communication c’est la base de la solidité d’un couple et sans aller jusqu’à ouvrir la porte de son jardin secret, le fantasme reste pour moi le plus puissant de aphrodisiaque. Lorsque nous faisons l’amour, ma chérie (et futur femme ;-) jouit sous mes caresses verbales multiples et variées et je peux me faire réellement plaisir au passage. Et Pourtant, elle n’est pas vraiment prête à quoi que ce soit lorsque elle reprend ses esprits... Patience !
    Mon expérience est inversée, j’ai partagé mon ex -femme rapidement avec mon meilleur ami et cela fut torride pour nous trois. Toutes les conditions étaient réunis et nous avons beaucoup jouer ... à la frontière du candaulisme. Une quinzaine de mois inoubliables ou je me suis découvert un immense plaisir à me masturber en les regardant. Dotée d’une belle libido et aimant séduire, le fantasme qu’elle le voit seul est arrivée aussi vite que celui qu’elle se lache avec lui et d’autres hommes. Philippe a comblé certains de mes désirs et je revis avec plaisirs et très positivement des moments du passé (vécu ou rapporté par eux). Malgré une vie sexuel bien remplit (je vous passe le divorce pour d’autres raisons) et une nouvelle stabilité, cela active de virulents fantasmes à cause de cette sensation d’inachevée qui me pousse à y retourner maintenant avec un mélange d’excitation et de frustration et si... et si...

  • Bonjour et merci de ce très riche et lumineux article...

    Promenade, confiance, désir, expression de soi... harmonie ... Que de joyaux !

    Je n’y ai pas lu le mot "Amour" mais il émane entre les lignes..

    Me concernant, je voudrais ajouter cette réflexion, très personnelle - très périphérique au sujet - à savoir :

    En tant que complice de couple, j’ai toujours eu du mal avec le mot " cocu".. que paradoxalement je vis très bien lors des ébats mais assez difficilement hors contexte, lors d’un premier échange, lors d’un premier contact par exemple.

    Dernièrement, lors d’un échange avec un couple nord américain, est apparu une nouvelle manière de considérer le "cocu" : cet homme, ce mari se définit comme Facilitateur... Je trouve cette vision très intéressante.

    Le conjoint devient le facilitateur du fantasme, de l’expression de celui çi tout autant pour la conjointe que pour le couple. Le cocu devient le "facilitateur - révélateur" - presque au sens photographique argentique du terme...

    Clin d’œil à Lcando : Tout à fait en accord : " Au début était le Verbe ! " ;-)

  • Le candaulisme est tout de même spécifique parmi les fantasmes.
    Je me suis beaucoup interrogé dessus depuis que je me suis decouvert candauliste, un peu par hasard. Tout d’abord pourquoi est-ce exclusivement (ou presque) u fantasme masculin ?
    J’ai aussi constaté, et été surpris de constater que beaucoup d’hommes, bien plus que je ne le pensais, ont se fantasme, l’alimentent par des rencontres virtuelles, mais ne passent pas à l’acte, et se justifient en disant que leur femme n’est pas du genre à faire ça, mais d’après moi, ce sont eux qui ont peur.
    Je ne vois pas ce qu’une femme pourrait ne pas aimer dans l’idee qu’elle puisse séduire, et consommer selon ses envies, des amants pour son plaisir avec le consentement de son homme. Je pense que la tres grande majorité des femmes, si elles sont en confiance, sont prete et seraient ravies de pouvoir profiter de cette possibilité, et que ce sont les hommes qui ont peur, mêmes si ils en revent jusqu’a l’obsession et se masturbent souvent en l’imaginant.
    Bref selon moi, dans la plupart des cas, le seul obstacle à la realisation d’un fantasme candauliste vient de celui qui le porte, a savoir l’homme ...

  • C’est l’univers de l’imaginaire relié au possible qui flirt sur la crête des désirs et des plaisirs d’ailleurs parfois insoupçonnés dans un suspens délicieux.

  • Bonsoir Candaule,
    Fantasme : vaste sujet mais tellement incontournable ! On a tendance à croire nos expériences "uniques et inoubliables" alors que c’est la plupart du temps inexact. Mais j’ai plaisir à débattre ici sur ce sujet ce qui me pousse à oublier cette règle... tant pis pour vous :-)

    Le fantasme est une fenêtre ouverte sur l’inconscient. Il raconte nos désirs et aussi nos peurs, nos appréhensions enfouies depuis l’enfance. Il est indissociable du refoulement que nos vécus ont inscrit dans notre inconscient.
    La réalisation d’un fantasme peut faire revivre une situation, un événement, un trauma de l’enfance et conduire à la catharsis, moment ouvrant une porte sur l’inconscient, amenant la personne à se libérer de traumatismes refoulés.

    Sexuellement, un des risques à réaliser les fantasmes est principalement d’en annuler peu à peu le pouvoir d’excitation... Je n’aborderai pas les autres risques, vous le faites ci-dessus avec beaucoup de pertinence.
    Dans le partage du fantasme candauliste, il y a peu de risques pour le couple pour autant que les limites de la matérialisation de cette envie soient convenues ensemble et conclues comme infranchissables, quitte à en bouger les lignes pour d’autres rencontres si la première expérience se termine à la satisfaction unanime, si j’ose dire "dans l’après-coup".
    Dans le seul cas qui nous préoccupe en tant que candaulistes, je crois qu’il n’y a pas d’autres risques que cette rencontre sexuelle/émotionnelle avec d’autres personnes : D’aucuns préfèreront NE PAS avoir de partenaires réguliers/attitrés quand d’autres, peut-être plus assurés de la solidité de leur lien de couple, aimeront tisser des liens affectueux, le sujet a déjà été abordé sur ce site ; les avis sont partagés, à chacun de trouver les bons "réglages".
    Disons que l’univers fantasmatique de chacun est souvent d’une grande richesse et révèle la puissance des "rêves" et de la "verbalisation" de ces rêves. C’est ainsi qu’on peut conclure en disant que les mots, seuls VRAIS médias sur ce site, ont un pouvoir extraordinaire en faisant naître des images. Souvent (et chacun de nous doit avoir des souvenirs...), l’évocation de moments réels, proche de la réalité ou fantasmés pendant une relation sexuelle amène la partenaire à l’orgasme ou au contraire, la débranche complètement...

    Voilà bien le pouvoir des mots... susciter des images, partager des fantasmes, générer une excitation si forte qu’elle peut conduire immanquablement à l’orgasme.
    Le meilleur véhicule du fantasme est le Verbe, ne l’oublions jamais.

    Cordialement à tous...

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