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Mon éducation de cocufieuse

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Je n’ai appris que progressivement ce que David attendait de moi en cocu complice d’une salope.
Nous avons commencé presque classiquement par quelques clubs à fréquentation masculine, où j’allais parfois seule. Ma seule fantaisie dans ces lieux somme toute assez conformistes dans l’échangisme, était de privilégier l’exhibition, voire la provocation : ainsi de ce sauna où mon principal jeu consistait à draguer dans le jacuzzi, ce qui était admis, mais de continuer le flirt poussé en me faisant pénétrer dans l’eau, au risque de me faire exclure du lieu.

Je n’avais pas encore compris qu’il ne s’agissait pas pour lui de vivre quelques soirées de pluralité masculine, bien séparées d’un quotidien ordinaire, mais d’un mode de vie où je devais subvertir toute tentation monogame, dont l’adultère n’est ordinairement qu’une simple variante. Passer d’une conception de la relation sexuelle à deux à son dépassement dans la complicité, c’était ça l’enjeu.

Ma première véritable initiative fut de renoncer, en permanence, même au travail, à porter une culotte ou un string et à choisir les tenues les plus courtes et évocatrices d’une femme ouverte aux hommes, à tous points de vue.

Julien était un ami de jeunesse. J’entretenais alors de multiples relations dans lesquelles j’évitais de m’investir, car j’étais encore dans la recherche d’un amant protecteur et aimant, prince charmant sans sexe.

Il occupait une place à part parmi ces amants que je choisissais comme par hasard parmi des homosexuels plus ou moins refoulés, histoire sans doute de trouver ceux qui partageaient avec moi l’attrait pour le plaisir anal.

Il a fallu que je le revoie deux ans après ma rencontre avec David, pour qu’une nuit avec lui me serve de jalon de mon éducation libertine, même si alors encore persistaient mes espoirs d’adolescente.

Depuis cette époque, il s’était marié et nous nous rencontrions épisodiquement, pour de longues discussions plus ou moins intellectuelles, qui se terminaient ou non au lit. Ses certitudes m’agaçaient un peu et son principal souci toujours narcissique, alors même que je connaissais les points de faiblesse qu’il m’avait révélés, mais j’avais besoin de me laisser commander par le désir de l’autre.

Lors de notre rencontre au printemps 2010, j’avais changé ou du moins commencé à changer. Plus lucide sur mon désir, grâce à l’analyse, j’étais aussi un peu plus décidée à l’assumer grâce à David ; plus lucide aussi sur les hommes et sur ceux qui provoquaient mon attrait ; plus lucide, mais pas encore assez, sur ma tendance à chercher des compromis impossibles entre ma compassion avec l’autre, celle de mon éducation catho, et une authentique position libertine.

Je ne comprenais pas encore ce que me demandait David ; il fallut tout un temps pour que je renonce à concilier ses exigences d’une relation complice et libertine, non enfermée dans la logique des relations duelles, et la pesanteur de mon surmoi qui m’imposait des compromis avec les autres et surtout avec moi-même (moi m’aime ?).

Ainsi, je n’avais pas saisi que son incitation à ce que je l’inclue dans mes relations « amoureuses » avec d’autres hommes était la même chose que sa demande que je m’engage dans une pluralité sexuelle, comme en club : libertine dans l’amour comme dans le sexe ; complice en sa présence ou en son absence.

Ainsi, je réduisis ma complicité à lui annoncer que je passerais la nuit avec Julien quand je le décidais, mais… Je coupai le téléphone. J’acceptai de lui raconter cette nuit, mais il fallut qu’il insiste pour que je lui en raconte l’essentiel. Il faut même que trois ans se soient passés depuis pour que je puisse vraiment en faire, dans ce récit, un jalon dans la construction de notre complicité libertine.

Ce diner fut l’occasion pour Julien de me déclarer combien mon attitude distante d’autrefois l’avait déçu et qu’il avait vécu ce que je lui confiai alors de mes autres aventures amoureuses comme un abandon de ma part ; ce qui, selon ses dires, l’avait conduit à se marier. Pour répondre aux attentes de David, je décidai alors de monter chez lui pour y passer la nuit.

Quand j’envoyai comme convenu un sms à David, une discussion s’engagea qui témoignait bien de ses coinçages : de son côté, il défendait l’adultère traditionnel, avec le mensonge ou en tout cas le mensonge par omission qui y était associé, sans rien comprendre à ce qui se dessinait pour moi d’une possibilité de relation moins débile entre hommes et femmes.

Je lui rétorquai que bien sûr je ferai ensuite le récit de cette nuit à David, et il considéra cela comme une intrusion dans « la vie privée », comme si une relation amoureuse pouvait s’accommoder de secteurs réservés ! Mais je cédai un peu en coupant le téléphone pour la nuit. David l’accepta comme une étape.

Cette nuit en tous cas m’aida, immédiatement, mais surtout par la suite et jusqu’à aujourd’hui où je la raconte, d’une part à expliquer ce qui provoque mon attirance amoureuse pour certains hommes, d’autre part mes erreurs passées et mes limites encore actuelles sur la voie d’une vraie complicité libertine.

Je suis attirée par le point de faiblesse des hommes, mes erreurs et limites sont causées par ma tendance, catho ; à préférer le respecter, en cherchant des compromis, plutôt que de faire de cette faiblesse une force pour consolider la complicité avec David.

Ainsi, cette nuit m’aida à comprendre pourquoi j’étais facilement amoureuse d’hommes qui s’avéraient déterminés, explicitement ou implicitement, par l’homosexualité et surtout par l’anus comme organe sexuel. Un souvenir-écran de Julien que je connaissais déjà, prenait tout son sens : Enfant, il aurait été violé par sa grand-mère.

Beau compromis puisque c’est une femme, joli substitut œdipien, plus vieille donc que sa mère et son père, qui aurait fait de son anus une zone érogène. D’où la raison qu’il se donnait sans doute de sa demande que je lui lèche et pénètre le trou du cul.

C’était cela, le secret à garder, celui qui lui faisait redouter mon récit à David.

D’ailleurs, il fallut l’insistance de David pour que je lui raconte cela, non seulement parce que j’en étais encore à accepter cette idée névrotique du « privé », mais aussi parce que j’en disais trop sur mon propre désir en reconnaissant que cette « faiblesse anale » provoquait chez moi des sentiments amoureux.

Le lendemain, j’étais encore divisée entre ma sensibilité à cette nostalgie amoureuse de Julien, et ma complicité avec David. Bien sûr je savais qu’il serait impossible d’engager Julien sur les voies de la polyandrie, mais j’espérais lui donner une place dans nos jeux libertins. Mais quand je le lui proposai, il trouva à chaque fois le moyen de s’esquiver.

Ce qui m’a souvent attiré chez des hommes, jusqu’à présent, c’est que je pouvais leur faire porter mes propres limites. C’est en leur nom et à leur demande que je cherchais des compromis qui m’arrangeaient bien : l’arrêt des sms avec Martin, la dérive vers la relation duelle avec Julien, d’autres « erreurs » étaient non seulement des concessions que je faisais à leur coinçage, mais d’abord aux miens.

Il a fallu trois ans pour que je réussisse à écrire ce récit. Peut-être ainsi puis-je renoncer un peu plus à dissocier attrait amoureux, que j’ai enfermé dans une logique duelle, et désir pluriel, que je n’ai vécu, trop souvent, qu’en l’associant à l’idée d’une contrainte extérieure, alors même que dans ce récit, je perçois que c’était déjà, comme cet érotisme anal, l’orientation de ma sexualité adolescente.

J’en connus d’autres encore, des embuches ! Et j’attends de l’écriture, dans cet après-coup, de contribuer au dépassement de ces fixations dont les effets sont délétères. L’écriture comme analyseur, après l’analyse qui pour des raisons que j’évoquerai peut-être, n’a pas suffi pour ce franchissement.

Au début était l’acte, mais la parole et l’écriture aussi sont des actes, à condition d’écrire avec son sang comme disait Nietzsche. Une écriture qui soit subjectivée, où l’encre coule depuis mon sang.

David m’a beaucoup aidée dans la mise à disposition d’éléments qui pouvaient favoriser ce franchissement. Deux ou trois éléments essentiels devaient y contribuer : le site netech qui m’a permis de rencontrer, j’en conviens, des mecs plus ou moins joueurs. Disons que ça a facilité la mise en route…

Avec le site, la possibilité par exemple de filmer, avec la webcam. Bonne manière encore une fois de casser le clivage mais aussi de rencontrer des gens qui y sont aussi disposés. Ensuite l’exhib et la baise furtive, autres modalités d’être, particulièrement adaptées à moi parce qu’elle exige une logique de l’instant et anti-clivage.

Ces logiques sont antinomiques avec mes fixations névrotiques qui passent par le bavardage, le fait de différer sans cesse l’action, et finalement l’inertie, jusqu’à la jouissance du rien - les psys savent bien ce à quoi cela renvoie - sur laquelle j’ai construit, et même revendiqué mon identité.

Position cynique, contre-dynamique et contre productive, lâche et désubjectivante, avec cependant une fixation dans le semblant par le son plus que par l’image (il y a de la consistance dans l’image, et la qualité éthérée du son convenait mieux à mes aspirations identificatoires). Mon univers est donc la seule consistance du son, ce qui me laisse heureusement en lien avec la musique de la parole en favorisant une continuité avec le sens et parfois le goût des autres.

C’est donc à David que je dois d’avoir facilité l’accès, non sans drames récurrents, à quelques écarts possibles par rapport à ma position de rejet, et donc à la découverte de quelques nouveautés. David fut doublé par Philippe, comme en écho, qui, par la même intransigeance émanant tout simplement d’une position clairement subversive, contraignait à ces changements. Je ne prétendrai pas avoir accédé à quoi que ce soit de cette position mais de manière toujours aussi tordue, je m’acharne, malgré l’épuisement et la lassitude que cela provoque chez Philippe aussi bien que chez David, à concevoir l’ampleur de mes fixations névrotiques.

J’ai compris que chaque moment d’éructations et de violence de ma part, dirigées aussi bien contre David en premier lieu, puis parfois contre Philippe, devait s’assimiler à un vomissement bruyant, produit à la fois d’une répression et de l’opération d’inertie, signature d’une sorte de délire que pourtant l’on n’attribue qu’au seul psychotique.

Mais on sait que la névrose est socialement mieux tolérée, elle est même encouragée… Je devrais à ce propos travailler sur les bruits de la névrose et de la psychose… Et puissé-je alors me mettre à bruiter du côté de la psychose, ça changerait…

À ce propos, il faut que je me remette enfin à l’improvisation sur mes tuyaux. Le problème des tuyaux d’orgue, c’est qu’ils s’adressent à Dieu et que mes maîtres y croient. Je vais donc devoir me passer de maîtres et ne m’adresser qu’à moi-même. Cela aussi ça changerait.

La webcam, via netech a été un bon instrument d’initiation pour moi. Je me suis mise à l’utiliser d’autant plus que David a été pas mal absent l’été dernier, d’abord à cause d’une opération et ensuite avec les vacances d’été. Ce qui me paraissait auparavant inenvisageable est devenu désormais naturel, à part pour ma relation laborieuse avec la technique.

Un copain photographe de mon frère voulait me prendre en photo juste après ma période adolescente. Je me rappelle qu’il avait ajouté que cela me ferait du bien… Je pense maintenant souvent à lui… Il avait tellement raison.

À l’époque j’en voulais beaucoup à Gabriel d’avoir pensé faire des nus de moi, comme je ne cesse d’en vouloir à David quand il vise juste, trop souvent encore… Il a donc du mérite, c’est vrai, même si je ne lui reconnais pas encore, tant je suis tellement happée par mon côté « entre deux » qui lui vaut mes éructations réputées.

Revenons à la webcam, idée de David, non seulement l’image ; mais le cul à l’image ! Beau dispositif d’abord de complicité avec David mais aussi beau dispositif anti-clivage. À ce propos, on vient de rencontrer un mec qui fait des films X… Qui sait… ça pourrait être marrant d’inventer un truc : scénario David, moi et de beaux étalons à l’image, Quentin à la caméra. (Pas Michel dont c’était aussi le métier, car la vidéo que nous avons faite au mois d’août en sortant du Bar de l’Opéra avec Thibaut était ratée, mais comment réussir une cam avec un mec qui revendiquait depuis le début l’exclusivité, tandis qu’il faut bien l’avouer, c’était pourtant le plus libertin de tous les mecs du Bar de l’Opéra ?).

Je me rends compte en écrivant que la majorité des mecs que je rencontre et que je retiens (à part Michel après qui je ne cours pas) ont des métiers liés à l’image. Je pense à Jean rencontré récemment, ou encore à Quentin que Marc nous a déniché pour un gang bang (grâce à eux, on a sauvé l’honneur : arrivés derniers gagnants au concours de netech, cru 2013).

On va finir par se le faire ce film de cul. Pas besoin de scénario, il suffit de filmer la réalité : Marie-Laurence en vélo sur les quais de seine avec son foulard, branchant des mecs qui passent par là et se faisant baiser par eux derrière un buisson (c’est ce que j’ai pas mal pratiqué l’été dernier en journée alors que je ne prenais pas de vacances, David a aussi pu assister avant de partir à la campagne à ces rencontres peu banales).

L’avantage de la baise furtive c’est que les mecs, tels François du Bar de l’Opéra qui passent leur temps à différer, disparaissent avant même que je les rencontre. Ça fait gagner beaucoup de temps et j’en ai beaucoup perdu. À ce propos, ça me fait penser à Martin, que j’appellerai désormais le Mur. On y reviendra. Voilà pourquoi la baise furtive est un bon plan. Idem pour l’exhib. Je l’ai beaucoup pratiquée en juin et juillet à Marseille aussi ! Le plus souvent en pluralité.

En voici quelques bons moments : une exhib dans une impasse en juin je crois, non loin du port de Marseille avec trois hommes, (c’est Jean, revu récemment qui m’a rappelé qu’il y avait trois hommes et non deux), dont ce fameux Jean, que j’ai revu avec plaisir dernièrement en compagnie cette fois-ci de David. Comme quoi on rencontre parfois sur le net des hommes futés, et pas coincés.

Une autre baise furtive derrière l’Hôtel Dieu alors en travaux, toujours avec trois jeunes hommes rencontrés au hasard dans un bar et qui me suivirent dans la recherche d’endroits propices. Nous fûmes tout d’abord chassés par un chien de garde. Mais avons ensuite repéré une planque parfaite plus en hauteur (je compris par la suite qu’un clochard y avait élu résidence pour un temps).

Cette planque semi-ouverte sur la route permit à chacun des trois hommes de profiter à la fois de mon cul et de ma chatte. Je me souviens bien de ce soir là car prise à froid par l’un des mecs, il fut tellement brutal qu’il me fallut quelques semaines pour que mon coccyx se remette de nos exploits.

Le plus amusant dans ces moments là était d’en faire enfin le récit détaillé à David et fort heureusement, David qui a davantage le souci du détail que moi, me contraignait à faire marcher ma tête et à porter une grande attention à la trame narrative, comme on dit. David a remarqué que ma démarche n’était pas la même avant, et après l’enculage. Je peux vous garantir que s’il m’avait vue à ce moment là, il se serait marré malgré ma douleur.

Eh oui, un trait de mon masochisme prononcé, ainsi que peut en témoigner Guillaume (il faut dire qu’il est gratiné en matière de masochisme, si nous n’oublions pas d’ajouter notre sentimentalisme grimpant qui s’accommode si bien des états de morosité qui nous caractérisent également tous deux !

Ça en fait des tares que nous partageons ! ) : j’ai un rapport au plaisir qui peut aussi passer par une certaine forme de violence, ce qui est quand même bien la moindre des choses en matière de sexe ! Guillaume présente l’avantage d’aimer les histoires de franchissement (pour les autres plus que pour lui malheureusement).

Mais en ce qui me concerne, sa capacité à franchir certaines limites, notamment celle de la violence, a été à chaque fois l’occasion d’une expérience réussie. (cf vidéos sur netech). En plus, Guillaume est plutôt cool avec David, sans réticence avec la pluralité, même si à un moment, il a voulu s’essayer dans la fonction de maître. Mais il le reconnaît lui-même, il n’est pas un bon maître.

De plus, ça marche pas avec David, juste parce qu’il ne joue pas à ce jeu là et s’en réfère plutôt à l’acception hégélienne du maître.

Passons après les baises furtives aux expériences d’exhib, par exemple au Bar des Batignolles. Revenue à Paris après l’épisode de l’enculage douloureux à l’Hôtel Dieu en travaux, j’attendais David au Bar des Batignolles, le patron était alors descendu à la cave et moi je décidai d’écarter les jambes du haut de la trappe ouverte.

J’ai fini par baiser avec lui presque aussitôt. J’imagine qu’il n’a pas dû profiter de l’occasion autant qu’il l’aurait voulu, tant j’ai été gênée par cette douleur persistante, souvenir de mes exploits marseillais. Dommage, car c’était amusant de se laisser inviter dans l’appartement du patron dont la femme enceinte était en vacances.

En cachette de sa serveuse, bavarde, me dit-il, il n’était donc pas question de baiser dans les toilettes du bar… Raison pour laquelle il me copia discrètement le code d’entrée de sa maison pour que je l’y rejoigne ensuite.

David étant alors arrivé au Bar des Batignolles m’a donc patiemment attendue et aussitôt revenue, je lui ai raconté. Pas mal les codes d’entrées, quand on en a. Cela sert de belles planques et du coup me revient une aventure du mois précédent où sortant du Pub à Marseille avec un marin pêcheur et ses copains, nous nous sommes retrouvés dans une cage d’escalier (sans code celle-là) et nous y avons fait des exploits.

Il y avait du sperme partout et l’un des mecs à la fois excité mais vraiment effrayé a fini par légitimer sa présence en faisant mine de monter la garde. Des photos ont été prises, pas mal. Il faudrait que je les demande à Vianney. Il y a une autre histoire de code, mais je garde ça quand nous aborderons le Bar de l’Opéra…

Dès début Juillet donc, je restai à Paris pour passer du temps avec David qui se remettait de son opération. Nous nous rendions au L’inattendu où l’action était alors encouragée par le patron.

Il arriva par exemple qu’un soir, installés avec deux mecs au fond du bar en compagnie de David, nous étions tellement peu discrets que le patron resta un moment dos à nous, comme s’il s’agissait pour lui de légitimer notre présence tout en la cachant un peu.

Certains soirs, il déplorait par un commentaire le peu d’ardeur que nous mettions à créer de l’ambiance du bar… Mais cela ne durait pas… Car il est toujours très stimulant d’entendre de telles sollicitations. Je pense par exemple à un soir où il y avait beaucoup d’hommes. Nous commençâmes avec David à jouer au 4-21. J’avais un gage si je perdais, et inversement.

C’est ainsi que je me suis vue montrer ma chatte à un mec en face de moi, à l’embrasser… Jusqu’au moment où je changeai d’homme, m’étant faite repérer par un autre qui sans que je m’en aperçoive, admirait mes performances. Il buvait avec un ami qui devait se marier prochainement.

Je finis par vouloir les embarquer après avoir essuyé plusieurs gages avec eux, jusqu’aux toilettes me semble-t-il…
Comment se rappeler de tous ces mecs coincés dans les toilettes ? Mais un seul nous suivit ce soir là, le « célibataire », qui finit par accepter d’abandonner son copain pour une baise prolongée dans un endroit privé cette fois-ci.

Superbe moment passé avec un bel homme, bon baiseur, avec la complicité amusée de David qui prenait des photos. J’appris par la suite que cet homme était aussi abonné au même site que nous. Je ne m’en rendis compte que parce qu’il mit un témoignage sur ma fiche qu’il avait finie par repérer.

Au Bar des Batignolles, le bruit se propageant au-delà des oreilles de certains habitués des baises dans les toilettes, le patron se rigidifia et devint nettement moins complice… C’est le même phénomène qui se produisit auparavant, pour d’autres raisons, au Bar de Bastille avec un patron que je baisais souvent, en plus de ses clients, aux toilettes le plus souvent mais aussi au bar, jusqu’à cette fois avec un enculage au bar par un mec enfin marrant.

Le patron, Salah, devint jaloux et exclusif. Un soir il me fit une réflexion qui me déplut car je compris qu’implicitement, elle était dirigée contre David (il fallait qu’il me fasse cette réflexion, profitant de l’absence de David) alors que je venais seule sans David.

Il m’avait déjà interdit juste auparavant de baiser dans les toilettes. J’improvisais alors immédiatement une baise avec cinq hommes dehors de son bar, dans la rue parallèle, derrière une voiture. Au départ, nous étions trois mais deux autres ayant repéré notre manège se sont joints à nous. Les passants et des voisins à la fenêtre profitaient du spectacle. L’un d’eux a pris des photos et une vidéo. J’eus droit à tout ce soir là et je dus y mettre un terme, aidée par le jeune black, car les petits jeunes n’arrivaient plus à s’arrêter (ce qui caractérise cette rue, c’est aussi les rondes fréquentes de flics et j’avoue y avoir songé plusieurs fois).

Je voulais récupérer les vidéos pour David car le récit l’avait captivé. En vain car le petit black était un copain du fils de Salah et du coup Salah était déjà passé par là (il a dû les garder pour lui ?). Suite à cela j’eus droit évidemment à la morale du patron qui depuis tout ce temps écoulé, a conservé ce même discours et est devenu de plus en plus ennuyeux.

Dommage, on s’est tellement amusés chez lui, au comptoir, que ce soit avec lui ou d’autres tellement plus dévergondés, jusqu’à l’enculage public… Il évoque toujours la fermeture de son bar, lassé par son métier… je l’ai pourtant revu un an après, en août dernier, alors que je revenais d’une baise en voiture avec un jeune homme pioché dans la même rue mais d’un bar adjacent.

Je soulignais combien l’expérience de la baise furtive est source de rencontres réussies, ajoutons que l’exhib aussi, et y compris au Bar de l’Opéra. Oui, je dois avouer que l’exhib au Bar de l’Opéra a été à l’origine de bons moments, certainement parce qu’il n’existe pas plus coincé et misogyne (entre autres choses) que ce lieu !

Ce même mois d’août dernier, alors que David était parti en vacances, j’ai connu des moments amusants également, malgré son absence, notamment avec une bande de mecs, plus âgés ceux-là. Je quittai alors Batignolles et Bastille pour Opéra. Quelques temps avant, David m’avait fait connaître le Bar de l’Opéra, célèbre pour ses cocktails. Mais je n’aime pas trop ce genre de trucs, sauf pour goûter, ou piquer dans le verre des hommes.

C’est ça le vrai plaisir. Du coup, je n’ai jamais commandé que des bières dans cet endroit là, ce qui d’emblée engage mal les choses avec Gaston, le serveur « pro » des cocktails, par défaut certainement de sécrétion d’autres types de jus ? C’est en effet le seul patron des bars de Paris que j’ai fréquentés et que je n’ai pas baisé, n’étant pas assez complice avec lui car certainement, je ne buvais que de la bière…

C’est d’ailleurs Bill qui me les servait le plus souvent. Bill est un serveur qui gagne à être connu. Je n’ai pas eu le temps… Dommage. Les choses s’engageaient donc mal. J’ai compris rétrospectivement que dans ce bar, tout devait passer par le jus de Gaston. Il allait falloir rivaliser avec son nectar.

Il me semble que le premier soir, je croisai immédiatement François dehors devant le Bar de l’Opéra. Je l’avais remarqué car il était en train de fumer et semblait assez (trop) entreprenant. Première erreur puisqu’ il n’entreprend pas grand-chose avec les femmes.

François me propose immédiatement de me joindre à eux, c’est-à-dire à Michel, un autre mec dont c’était l’anniversaire et un quatrième, sympa, que je reverrai ensuite mais qui ce soir là part relativement tôt car il doit préparer ses vacances prévues le lendemain.

On parle pas mal, de la vie, des hommes, des femmes et des rapports plus ou moins débiles entre les hommes et les femmes. Je leur livre ma théorie sur les hommes, rares, comme David par ex, qui permettent aux femmes d’être des femmes, c’est-à-dire des hommes qui aiment les femmes. Bonne entrée en matière pour ce lieu si… conventionnel.

Les choses allèrent très vite puisque d’emblée se succédèrent des scènes assez exhibs dehors avec le quatrième qui malheureusement devait partir assez vite, avec photos que j’envoyais à David, c’était notre jeu, qui en retour me les commentait.

Plus tard, embarquant Michel et le mec dont c’était l’anniversaire, plus François qui venait de raconter son expérience de baise avec une femme dans la fontaine du Palais Royal, je leur proposai de nous y rendre. On trainait déjà beaucoup car Gaston ne cessait d’arroser les mecs, comme en contre-point de mes propositions de sortir de ce lieu…

Je n’avais pas encore compris la fonction et le succès du breuvage de Gaston, surtout envers François, son grand complice. Nous finîmes tout de même par sortir, fîmes quelques mètres, et François et son invité s’arrêtèrent. Impossible de les embarquer. Seul restait Michel. J’ai donc fini rapidement dans une voiture prêtée à Michel et garée en face, les autres étant retournés au Bar… Juste une pipe, et puis rentrée avec le dernier RER.

Dès le deuxième soir au Bar de l’Opéra, je fis une pipe à François au bar et ensuite il me lécha la chatte, à moins que ce ne soit dans l’ordre inverse. La fille qui était à côté de moi était effrayée et son copain se marrait. Gaston qui voyait et surtout entendait tout donna un bout de papier à François…

Le fameux code de la porte d’accès à l’immeuble du Bar de l’Opéra. Mais nous ne l’utilisâmes pas… Je ne me suis pas posée la question : rester sur place me convenait puisqu’il y avait de l’action… Mais je me demande tout de même aujourd’hui pourquoi il n’a pas saisi cette initiative. Il est évident que semi-planqués dans l’entrée du Bar, nous aurions pu baiser, mais je n’ai finalement jamais baisé avec François.

J’ai donc baisé avec de multiples autres. Je garde des souvenirs amusants d’exhibs dehors avec de nombreux hommes, connaissances ou pas de François et la bande… Ce qui se passait dehors ne semblait pas gêner Gaston, surtout tant que le lien était gardé avec François, comme s’il lui avait attribué une fonction de mac.

Lui aussi était bien loin de pouvoir occuper cette position, celle-là même qu’occupait alors Gaston de manière tellement refoulée que ça me coutera cher ! François observait les nombreux sms et photos que j’envoyais à David. Plus refoulé que Michel, il ne faisait pas de commentaires sur leur nombre, important, et semblait partager cette complicité masculine, pour un temps.

Michel, lui, ne courait pas du tout vers une complicité masculine et pourtant plus libertin en apparence que les autres, il se révéla pourtant être très agressif et exclusif à l’encontre de David. Lassée de répondre à ses questions, plus que lourdes et redondantes à propos de ma relation à David avec qui, malgré l’éloignement, je maintenais un contact rapproché par les sms et photos d’exhibs notamment, je finis par lui dire qu’il ne pouvait pas comprendre.

J’ai supporté Michel parce qu’il n’avait pas peur de l’exhib et au moins je m’amusais bien avec lui. C’était aussi l’occasion d’amener François dehors avec nous pour poursuivre nos plans d’exhibs, plurielles cette fois-ci, oscillant de l’un à l’autre, ce qui provoquait parfois les commentaires de femmes qui discutaient avec nous puis se montraient choquées aussitôt que je changeais d’homme.

François semblait avoir besoin de la présence d’autres hommes pour se décoincer. Moi-même je me rends compte que j’ai toujours utilisé Michel en visant François. Grossière erreur cette focalisation sur François. Un autre point faible : j’aime les mecs futés et coincés. Il en existe pourtant des futés tout court mais comme ils ne servent pas mes résistances, ce n’est pas sur eux que je tombe…

S’encombrer de futés/coincés s’accommode bien en effet à la compromission, à la logique de concessions et de compassion. Gaston de Marseille est aussi un futé/coincé, mais tellement moins coincé que François, et sur d’autres plans !

Un jour, toujours au Bar de l’Opéra, je provoquai une crise chez une femme venue avec son homme qui prétendit être dans la police et Michel le crut. Au moment où Michel discutait avec la copine du dit flic, je sortais avec le flic/financier je crois, et l’exhib commença aussitôt.

Lui était très intéressé visiblement par mon trou du cul… Enfin un qui sortait de l’ordinaire… Sauf que restant accroché à mes orifices devant son amie sortie à sa rencontre, cela provoqua un drame, pour le plaisir de Michel qui semblait n’avoir pas compris mais était ravi de pouvoir enfin consoler une pauvre femme, la femme à consoler que j’aurais certainement dû être.

La veille de ce soir là, nous finîmes par nous rendre chez François, plus exactement dans son bureau, avec Marc qui me connaissait déjà et commença aussitôt par m’enculer. Je demandai à François de prendre des photos pour David, ce qu’il fit, oscillant entre la recherche de musique sur son ordinateur, et les photos. Ça lui convenait bien d’avoir les mains occupées par autre chose, et Marc est une valeur sûre !

Lorsque Marc partit, François estima que c’était à son tour. Mais je lui fis la réflexion qu’il profitait d’être seul pour baiser. Bien sûr que j’aurais pu me taire et baiser avec lui. Mais je devais déjà savoir que le deux avec un futé/coincé était trop risqué pour moi. Bref, ma réflexion sembla le couper dans un élan certain ; il fit sauter son préservatif à peine enfilé et se rhabilla, commentant qu’il me respectait trop…
J’avoue ne pas avoir bien compris ce qu’il voulait dire…

Aussitôt que les gens évoquent le respect, c’est toujours incompréhensible. L’esprit américain nous aurait-il suivi jusqu’à la rue Sainte-Anne ? Ce soir là sur le chemin du retour vers le Bar, François me dit que le lendemain, un de ses amis venait de loin, de Dubaï ( je crois ?) avec son amie, qu’il aimerait un plan avec eux et moi, à quatre, que je lui devais bien ça, car il avait de son côté inclus David avec les photos.

Je lui répondis que ça ne faisait pas assez de mecs pour moi ! Bizarre, disparue d’un coup la notion de respect… Il insista, y compris par sms le lendemain je crois. C’est donc revenue sur place le lendemain soir que je m’amusai avec ce prétendu flic, mais aussi et surtout avec tous les copains de cet ami de François, venu comme prévu avec son amie.

Je ne sais plus si j’ai tenté une exhib avec ce mec, je ne crois pas même si j’y ai beaucoup pensé notamment car il était aussi mignon que mon flic/financier, mais ce qui est certain c’est que cette fille m’examinait. Quant aux copains de ce mec, ils m’ont trouvée tordue mais au moins, ils se sont un peu amusés. C’était je crois le soir le plus amusant au Bar.

De mon côté, je n’aime que le jus des mecs. J’ai bien goûté aux cocktails féminins complétés à celui de leur mec, encore une fois avant la période du Bar de l’Opéra, au sauna, chez moi aussi … Mais pas mon truc.

François n’avait pas eu ce qu’il désirait. Les choses se gâtèrent. Il m’envoya un sms dès le lendemain pour me dire que j’avais mes photos, et lui ses images. « Restons-en là » était la formule finale je crois…, ou une tirade tirée de Costa-Gavras dont je ne me souviens plus…

Et en effet, il m’expliqua qu’il avait renoué une relation avec son fils adolescent et qu’il voulait lui offrir une belle image de son père, ceci pour me faire comprendre, je suppose, que je faisais tache dans le tableau.

J’aurais dû alors lui proposer d’amener son fils à la partouze à quatre qu’il rêvait de diriger… Ça c’est l’image typique du mec qui prend les femmes soit pour des putes, soit pour des mères.

J’étais donc une pute. Il est vrai que l’image d’un père-pilier-de-bar arrosé par le jus de Gaston est plus « respectable » : Accro au jus de Gaston, promesse d’un amour et en retour d’une dévotion, dignes d’une famille au carré…

L’expérience confirmera cette image, encore une… Alors que je revenais en septembre au Bar de l’Opéra, avec David cette fois-ci, je baisais dans les toilettes, comme il m’est d’ailleurs arrivé de le faire avec Michel en août, mais cette fois-ci c’était avec deux mecs que je n’avais jamais vus.

Gaston qui contrôle tout, ne me loupera pas, est-ce parce que ces deux mecs n’étaient pas des habitués du Bar ? Est-ce parce qu’ils étaient deux ? (Bizarrement je crois que c’est ce deux qui n’est pas passé…) Ou est-ce encore parce que François ne pouvait plus prétendre, de manière bien illusoire, au rôle du mac ?

De ce jour, et à chaque fois que je revins encore, Gaston marqua la rupture. La première fois, ce fut en septembre alors que le patron étant revenu et donc lui étant relégué au sous-sol du Bar, il refusa de me servir ma bière. Seul Michel réagit contre les propos de Gaston, mollement, mais il l’affronta tout de même. François fit semblant de ne pas avoir entendu…

De plus en plus consternant. L’autocratie de Gaston et l’allégeance que lui vouait François m’agaçaient déjà depuis un bon moment. Avec son jus en effet, Gaston avait un vrai don pour maîtriser absolument toutes les relations et tous les comportements sociaux de François (et des autres, mais particulièrement de François).

J’y avais été sensible auparavant lorsque je me rendis compte qu’il contribuait à accentuer la capacité naturelle de François à être dans l’évitement, par la bonne technique qui consiste à différer.

C’est ainsi que voulant amener Gaston ailleurs, dans un autre bar, car nous ne pouvions déjà plus rien expérimenter, il le retient tout simplement avec la technique du verre offert par tel client de passage…

Entre ce coup et d’autres, ceci me valut de me retrouver dans une boite sordide, seul lieu ouvert à une heure aussi tardive, avec François comme seul compagnon de jeu, lui désemparé sans son jus, et moi désemparée sans mon téléphone qui ne pouvait pas fonctionner dans ce lieu tout noir, bruyant et rempli de mecs pour surveiller ces grands adolescents agglutinés.

Quels amusements attendre d’un lieu aussi impraticable ?
Heureusement, toujours en communication avec David et comprenant que ce lieu était incompatible avec tout jeu, il m’appela pour me dire de me tirer de cet endroit, ce que j’acceptai malgré ma déception de ne pouvoir sortir de l’inertie de François, ou plutôt malgré mon entêtement à vouloir sortir du Bar de l’Opéra et m’extirper des breuvages douçâtres de Gaston.

C’est une fois de plus mon entêtement qui m’a piégée. Tandis que François me trouvait perdue, (il est vrai qu’il trouvait dans ce bar ce qu’il appelait sa famille (sic !), je le trouvais à mon tour sous l’emprise de Gaston….

Une famille toute orale, liquide et hâbleuse. Quant à moi j’aurais préféré être plus mouillée et moins hâbleuse !!! Le Bar ressemble ainsi à une grande bouche toute prête à vous introduire dans la famille, prototypique, à l’extérieure de laquelle en effet, vous risquez d’être perdu…

D’ailleurs, si je n’étais pas perdue, ni ne me suis retrouvée perdue, j’ai tout de même perdu au Bar de l’Opéra, ou chez François ( ?), une pochette en cuir, cadeau de thèse auquel je tenais et qui malheureusement contenait mon permis de conduire, entre autres choses…

En retour ou en compensation de cette perte, allez savoir pourquoi, François tint à m’offrir un briquet blanc, bic, mais pas celui qu’il avait fait lui-même et qui contenait un logo du Bar de l’Opéra, son petit fétiche. Ouf ! Je vais pour ma part lui offrir un truc signé… de ma main.

Quand je retournai une dernière fois dans ce Bar pour leur accorder une seconde chance dans le conflit ouvert entre Gaston et moi, François commanda une série de cocktails. Il était avec une amie ce soir là. Je pensais vraiment qu’il allait me donner un des verres devant Gaston, je pensais mal et dus lui demander. J’attendis qu’il monta pour se rendre dehors et fumer afin d’avoir une dernière discussion avec lui.

Michel nous accompagna. Je passe sur le caractère accablant de cette discussion : durant le mois d’août, ça peut éventuellement tourner au carnaval, après tout rentre dans l’ordre.

Ce qui m’étonna le plus est que lorsque je lui proposai de me suivre chez moi cette fois-ci (il est vrai que nous étions au mois de septembre !), proposition avancée devant Michel qui était déjà venu passer la nuit à deux reprises déjà ; François me répondit une chose totalement absurde du type qu’il ne se voyait pas recommencer une relation avec une femme, ou même habiter avec une femme…

Je lui répondis que si je n’habitais pas avec David, ce n’était certainement pas pour habiter avec un autre. J’ajoutai que je voulais juste m’amuser avec lui, pour baiser sans plus… J’aurais dû lui répondre qu’il aurait pu inaugurer la pluralité avec moi et David ! Ne pas vivre avec un homme n’exclut pas de vivre avec deux hommes ! Ou plus…

Michel quant à lui ne reviendra pas chez moi. Je crois que cela vient du fait que s’il prétend être libertin, ce que j’ai cru au départ, il n’a pourtant cessé de revendiquer l’exclusivité, presque depuis le début, et lorsque David est finalement arrivé chez moi (la première fois je ne lui ai pas dit pour qu’il ne refuse pas l’idée de me suivre), il n’a jamais joué le jeu.

La deuxième fois fut très ennuyeuse, non seulement parce qu’il il faisait la gueule à David, il était même agressif, (ça aurait dû augmenter ses performances mais c’était malheureusement le contraire…) mais en plus parce qu’il ne m’a jamais enculée.

Il n’aime pas ça. Rédhibitoire pour moi. C’est peut-être ce qui lui a permis d’affronter Gaston tout en continuant à boire son Whisky au Bar de l’Opéra. Je dis ça car Gaston avait décidé de ne pas servir les hommes qui m’accompagnaient.

Heureusement que les journées apportaient leur lot d’amusement car l’ambiance se gâtait rapidement chez les « quinquas » et plus…
J’avais alors trouvé un nouveau jeu pour la journée. N’étant pas partie en vacances faute de fric, et obligée de trouver quelqu’un pour louer ma maison, je devais effectuer quelques finitions.

Pourtant je détestai les travaux manuels…Je trouvai donc un homme sur le site qui accepta, très rapidement, d’échanger une visite à Ikéa pour acheter des étagères en ma compagnie et me les amener contre une baise…

Nous nous y rendîmes le matin, tout en discutant boulot, passionnant car j’étais tombée sur une tronche avec un pseudo prometteur, quelques petites choses marrantes dans le magasin puis comme promis, échange de services une fois retournés chez moi…

J’ai rencontré ainsi cinq hommes. Le suivant m’a monté les étagères, les deux suivants m’ont débarrassé des meubles pour les encombrants, et enfin le dernier m’a posé un lustre noir dans ma chambre.
Tous les cinq, vous avez été les plus amusants de ce mois d’août.
Et l’idée était tellement bonne que je l’ai utilisée aussi pour Marseille.

Allez savoir pourquoi, ce fut moins convainquant dans le sud, sauf pour les étagères Ikéa… (J’ai décidément trop de livres. Si au moins je trouvais le temps de les lire, après les avoir enfin rangés…)

Pour revenir au Bar de l’Opéra, je n’y ai pas encore remis les pieds depuis, car la dernière fois que je m’y suis rendue et que la totalité des mecs m’a ignorée continuant de discuter, il me semble y avoir entendu des insinuations anti-sémites …à propos des belges d’Anvers… Si Gaston, en complicité avec François, - à moins que ce ne soit l’inverse -, favorisaient les discours anti-sémites, en plus d’être coincés et misogynes, etc., son statut de futé/coincé doit alors se trouver sérieusement égratigné !

On ne sait jamais ce qui se cache derrière l’inertie donc elle demeure un temps supportable. Mais si je dois faire confiance à ce que j’ai cru entendre, nous ne sommes plus ici dans le cadre, au mieux, de l’inertie d’un mec coincé, mais bien dans l’attaque.
Cela dit, l’attaque était là bien présente avant et sous d’autres formes.

Et c’est la mienne avant d’être celle de qui que ce soit d’autre, comme en témoignent mes difficultés encore répétées à ne pas condescendre à la névrose des mecs qui, plus ils sont déprimés, plus ils nourrissent mes coinçages. François m’avait annoncé qu’il était en plein mutation : il avait décidé de quitter son boulot de joaillier pour ouvrir un bar dans Paris…
Tellement prévisible !!! Ne prenant aucun goût aux plaisirs des femmes, il allait maintenant s’occuper des hommes (prémonitoire son objet fétiche de joaillier pour allumer le Bar).

Pourquoi étais-je de mon côté dans l’évitement d’autres hommes que David, qui sauraient s’occuper de moi ? Seul Gaston en effet, celui de Marseille, me parle de plaisir et s’en préoccupe, s’en débrouille même parfaitement.
Sauf que Gaston, c’est David qui la trouvé.
Détail important, Gaston n’est pas du genre de hâbleur, comme ceux que j’ai pus rencontrer au Bar de l’Opéra par exemple, mais presque partout ailleurs… Gaston sait parler, écrire aussi, c’est ce qu’il partage avec David.

Les femmes l’intéressent, au point que plus rien d’autre d’ailleurs, à part ses fils très certainement mais aussi la lecture, ne semble l’animer. J’arrêterai là les points de ressemblances entre Gaston et David car il n’y en a pas d’autres. Il sait bien me pousser à mes limites, masochistes par exemple, et entre bouteille de bière et concombre, abuser de mon cul.

Dans l’évitement, je l’ai toujours été, dans l’inertie aussi, et le négativisme… Je l’ai déjà dit. Sauf durant ma période de grande adolescence juste après le bac (avant non, j’étais véritablement perdue à moins que l’on m’ait perdue ?), où j’avais enfin pris une vraie décision : celle de quitter la maison.

Et de cette première décision, découlaient toutes les autres qui m’ont conduite à Paris pour suivre ce que je voulais réaliser. Pourtant je ne me suis pas aperçue que quelque chose d’essentiel avait été rejeté. Ayant de multiples aventures avec les hommes, je n’avais pas compris que je ne pouvais pas connaître une expérience amoureuse véritable. Mais j’ai déjà évoqué ce point.

Il fallait le caractère intransigeant de David pour que j’admette l’état des lieux… Avant ma rencontre avec David quelques hommes très importants m’ont véritablement permis de grandes avancées, tels que Philippe, mon professeur de piano et ami, puis Richard, avec qui j’ai appris le boulot mais aussi presque tout le reste et aussi le 4 mains au piano, puis Jacques, mon professeur en DEA puis amant, intellectuellement libertin, puis enfin David qui fut d’abord l’un de mes formateurs, puis l’amant qui sait faire coexister l’amour avec le désir.

Il n’existe rien que David ne m’ait pas donné. Je ne peux pas en dire autant en retour, alors qu’il ne me demande pas grand-chose, juste de quitter ma position adolescente d’entre-deux, pour choisir, enfin… Il existe un ou plutôt deux autres hommes, ceux de l’ombre. Philippe par exemple.

Il aura fallu une expérience traumatique, bien plus pour David encore que pour moi, pour que je comprenne qui était David, et bien après-coup, pour que je devine qui j’étais.

Sans cette plaie ouverte sur moi-même, avec le concours de Martin surnommé précédemment le Mur, je n’aurais pas eu l’occasion de connaître l’ampleur et la complexité du génie de David.
Je parle toujours de lui en termes de génie. Ce n’est pas parce que je suis (aussi) hystérique que je parle de lui en l’associant à la figure d’un Maître, mais parce qu’il l’est, celui qu’évoque Hegel, dont la première vertu est de ne pas craindre la mort.

Sur la voie débutante de la complicité polyandre avec David, il y a trois ans, je devais passer une nuit d’Août avec Martin, David étant absent, expérience délicate pour moi pour plusieurs raisons : inhibition quant à l’idée d’avoir une aventure ; inhibition quant au fait que cette aventure se produise avec l’un de mes anciens stagiaires, compliquant les choses par l’existence d’une relation affective pas tout à fait neutre ; et enfin difficile gestion de la complicité : comment être plus que deux en n’étant que deux physiquement ? David avait résolu le problème et m’avait proposé de lui écrire des sms tous les quart d’heures.
Ce qui me paraissait a priori si peu contraignant se révéla l’être sur place.

Je pense que cette soirée fut la plus coincée que j’aie jamais vécue…Je me sentais en effet prise entre la possibilité, plutôt amusante, de prendre mon pied en jouant à la vieille initiatrice (je ne l’ai pas assumé à ce moment là et c’est bien dommage ! Il y avait de quoi faire !) ; et la complice véritable qui faisait de Martin l’objet d’un jeu entre nous deux, David et moi, racontant tout à mon homme, notamment ce que j’appréhendais du plaisir de Martin.

Comme si les deux étaient incompatibles ! Je ne comprenais rien à cette complicité, il faut bien le dire… Pourtant il était si facile d’allier les deux ! Au vu de la passivité de Martin, l’idée m’obsédait de le violer, surtout analement. Il a des points communs avec ce que j’avais connu au tout début de ma relation avec Julien. Cette idée, je pus l’inaugurer un mois plus tard, dans des conditions difficiles puisqu’il s’agissait de renverser ce qui cette nuit là s’était produit : une exclusion de David, car j’arrêtai mes sms un moment dans la nuit alors que nous avions repris la baise.

Mais rien à dire d’un point de vue baise sur cette nuit là. Rien à dire car j’étais en dehors du coup et donc une véritable mégère, aussi hableuse, évitante et coincée que mes compères du Bar de l’Opéra. Mais tandis que j’étais à côté de la plaque, le Mur en revanche avait bien compris la logique de l’exclusion et en était devenu mon complice.

J’exigeais donc de lui, une fois que David ait mis les choses au point, de le revoir, cette fois-ci avec David. Mais toujours dans le mood sentimentaliste, je ne me trouvais certainement pas dans les bonnes dispositions pour dépasser cette première nuit traumatique.

En revanche, je vérifiais ce que j’avais perçu sur Martin, sans pourvoir aller bien loin, les 20 mn de baise pour chacun à leur tour s’étant passées pour moi avec Martin dans le verbiage durant les 10 premières mn. Aussi, j’étais très touchée par ce que je percevais de l’état de David et il m’était difficile de faire abstraction de cette ambiance si peu favorable au jeu, un game, dont l’enjeu était de taille.

Je crois que j’avais raison lorsque j’étais persuadée de pouvoir faire de Martin ce que je voulais puisqu’il faut bien le dire, il était partant. Il aurait même été partant pour tout si je ne l’avais pas guidé moi-même sur la logique débile du deux. Mais ce n’est pas la raison qui fait le larron. La raison sans une véritable position garantit la permanence… du coinçage.

Tout a échoué parce que je ne comprenais rien du tout à la logique complice et restais enfermée dans le schéma de ce que j’imaginais être celui de couple, celui que je fuyais précisément en n’ayant jamais accepté d’être enfermée dedans.

Et voilà qu’au moment où j’inaugurais, grâce à David, la possibilité de trouver une véritable solution au problème posé par la dualité, je m’en échappais en tombant dans ce que j’avais évité jusqu’alors ! Le comble… Et aussi ahurissant que soit ce constat, je m’enlisais dans l’erreur, de plus en plus…

La fin est dans le commencement disait le chef d’orchestre Sergiu Célibidache, en fidélité avec la phénoménologie… Julien vint en premier mais il ne compte pas puisque nous étions déjà amants. Martin marqua alors ce début, sans oublier le 10 bis où je me suis rendue seule la première fois…

Une série d’erreurs de ma part se succédèrent sur le même mode et je finis par ne plus voir du tout Martin, surnommé le Mur, qui de son côté se montrait tel qu’il se décrivait lui-même, c’est-à-dire mort.

J’ai dû penser que j’étais suffisamment morte moi-même encore à cette époque pour refuser un face à face avec ce genre de choix, (trop) familier d’habillage ! S’exclure de soi-même et des autres, c’est là mon affinité avec Martin. Barrer le passage et aussi empêcher quiconque de voir derrière. Le paradigme de l’emprise ! Le petit Hans n’a pas été jusqu’à se transformer en girafe ou en cheval. Mais Martin ressemble vraiment à un mur et sait même « parler » mur.

Fallait-il cesser de rencontrer de l’identique pour briser le cercle de la répétition ? Au contraire ! Ajouter de l’identique jusqu’à plus soif ! Ça c’est Michel avec qui je fais du piano qui me l’a appris au boulot, avant David. C’est aussi ça le renversement. Vous aurez deviné que les mecs du Bar de l’Opéra ne sont pas à proprement parler si loin de la logique du mur…

J’ai donc fini par comprendre, ou du moins je l’espère, qu’il n’y avait pas d’un côté les bons mecs, et d’un autre côté les autres. À moi d’être dans une logique telle que les coinçages ne soient pas possibles. Alors Les Murs, les clubs, netech, les bars…. Idem, ça ne change rien du tout pour moi. Pas de bons mecs, pas de mauvais, pas de bons et mauvais moments. Une chanson que j’ai beaucoup entendue sans véritablement la saisir.

C’est plus simple maintenant. Toujours disponible pour une baise furtive, sortant parfois dans les bars, plus rarement dans les saunas et les clubs, organisant quelques gang bang, je me dis que je tomberai bien sur d’autres Martin, Julien, François, et qu’en plus de Gaston de Marseille qui semble tenir malgré mon style parfois éthéré, j’aurai rapidement une collection d’amants réguliers pour conforter la complicité avec le cocu que j’aime.

4 Commentaires

  • toutes les femmes sontd es cocufieuses plus ou moins conscientes mais toutes sont de bonnes cocufieuses en demeure etc est vcomme ça qu on les aime

  • Ça fait mal aux cheveux quand même !

  • Chère Cocudezouc,
    La première des qualités de ce témoignage est d’être écrit par l’épouse de David, un candauliste semble-t-il discret et pourtant ô combien influent. Le titre ensuite « Mon éducation de cocufieuse » très bien choisi car très évocateur. Et enfin la longueur du texte composé de plus de 8500 mots, un record sur le site !
    Notre auteur semble bien riche d’une expérience certaine qu’elle partage au gré de ses périples avec de très nombreux complices. Elle nous offre un autre regard sur les aventures candaulistes, elle semble en effet affranchie du regard des autres je dirais même plus elle a besoin de ce regard, elle en nourrit sa libido et celle de David son partenaire.
    Rien ne semble l’effrayer, ou plutôt tout est prétexte au désir et au plaisir. De l’exhibition dans un bar où elle a ses habitudes, au plaisir fugace pris dans les toilettes de cet établissement avec de très nombreux complices, notre auteur semble se délecter de la liqueur des hommes qu’elle envoûte par l’ouverture du compas que forment ces jambes.
    Toutes les pratiques la stimulent, avec une préférence pour l’amour de groupe, que ce soit chez elle ou le plus souvent semble-t-il dans la rue derrière son lieu de chasse où elle dévore ses victimes, aussi bien avec sa bouche, son sexe ou son cul !
    L’expérience est bien là !! Ce récit rassemble là, une immense expérience de la pratique, comme un inventaire énoncé dans le désordre des aventures, des protagonistes, comme des réflexions.
    Nous sommes nombreux me semble-t-il à vouloir mieux partager les aventures de cette cocufieuse Magnifique ! Cela passe par un inévitable découpage de ce qui compose l’apprentissage de votre éducation de cocufieuse.
    Le récit de votre éducation gagnerait aussi par une meilleure structuration de vos aventures. Car pour nous tous, il est intéressant de découvrir plus dans le détail et dans la technique, les méthodes de séduction que notre cocufieuse applique avec tant de naturel dans les aventures qu’elle nous conte.
    Alors Madame, après avoir stimulé notre curiosité, flatter a présent, notre désir de mieux vous connaître à travers la description d’une des aventures (tenant compte des remarques formulés), qui vous a le plus marqué, et qui figure sans nul doute, dans cet inventaire de votre éducation de cocufieuse…
    Dans l’attente impatiente de vous lire….

  • Logorrhée un peu particulière, intellectualisation floue et pleine de circonvolutions elliptiques et réellement compréhensibles que par l’auteure elle-même, je me demandais où nous allions en arriver.
    Deux ou lieux communs que ne supporte aucune démonstration ou argumentation, pour finir sur une synthèse de couple en bon et dû forme !
    L’érotisme n’a pas beaucoup de place et l’expression de David semble être réduite à sa plus simple expression.
    Je dois dire que j’ai failli lâcher trois ou quatre fois le texte, dans l’interminable mélange de rencontres, entachées de réflexions sur la nature des relations psychologisées, des genres érotiques et de provocations sur la dénaturation féminine, mais j’ai tenu !
    Il me faudrait le relire 3 ou 4 fois pour parvenir à en extraire le venin ! Mais en ai-je vraiment envie, si ce n’est pour la performance ? !

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