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Wyylde La plus excitante des expériences de couple

La longue route vers le candauliste, chapitre 15 : Max

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Après avoir écumé longuement un site de rencontre candaulistes, et après avoir essuyé, comme à l’accoutumée, mille refus d’Eléa, je suis tombé sur Max. 35 ans, grand, métis, plutôt bien fait de sa personne, et avec lequel le contact est tout de suite bien passé. Nous avons échangés très longuement sur nos désirs, nos expériences passées. Seul souci : Eléa n’avait jamais eu d’attirance particulière pour les hommes de couleur. Il ne s’agissait évidemment pas d’une question d’orientation politique, Eléa était franchement trèèèès à gauche, ni même une histoire d’ouverture d’esprit car elle avait bien bourlingué, beaucoup voyagé, et aimait profondément autrui dans toutes ses différences. C’était simplement une question esthétique : elle n’avait jamais craqué sur un black. Je m’interrogeai pourtant sur ses choix de pornographie puisqu’elle m’avait confié aimer regarder des films où une blanche se faisait prendre par un ou plusieurs hommes de couleur. J’hésitai puis finis par lui présenter le profil de Max en m’attendant à un refus catégorique.

Point de cela, au contraire ! Eléa me surprit une fois de plus. Elle le trouva mignon et nous organisâmes bien vite une petite conférence à l’écrit par Skype. Elle eut assez rapidement un bon feeling avec Max. J’étais ravi !

Une fois cette conversation terminée, je souhaitai bonne nuit à ma tendre et je poursuivis en tête à tête avec Max. Il se montra bien plus entreprenant et dominant avec moi. Il me demanda de me masturber devant lui par cam en lui racontant un de mes fantasmes les plus chers. Je m’exécutai, un peu à contrecœur (ayant horreur de m’exhiber) mais désireux de lui montrer que j’étais de bonne volonté et ainsi prêt à suivre les jeux qu’il m’imposerait. Je pris en revanche beaucoup de plaisir à lui décrire une de mes envies les plus inavouables : je l’imaginais lui en maître de cérémonie, bien habillé, directif, emmenant mon Eléa vêtue comme une princesse salope, les yeux bandés, dans un grand hangar pour l’offrir à un groupe d’inconnus. J’avais rajouté que ces hommes, avant de s’emparer du corps de ma belle, seraient évidemment venus faire durcir leur membre en se servant sans ménagement de ma bouche. Tant qu’à fantasmer autant y aller franco… Tous les ingrédients étaient là : Eléa ayant déposé les armes et sa volonté aux pieds d’un autre homme que moi : un « vrai » mâle, viril sécurisant et pervers à la fois. Mon Eléa, désireuse de jouir sous des coups de boutoir innombrables. Et moi en tant que simple spectateur et objet utilisé sans vergogne comme bouche à pipes.

Bien sur c’était « too much » ! Eléa était à mille lieux de vouloir se retrouver dans une telle situation. Max et moi le savions, mais j’exposai à cet homme un de mes fantasmes les plus fous comme si j’avais voulu, que par magie, il le réalise. Sa réaction, son coté dirigiste, intrusif parlait directement aux zones les plus obscures de mon esprit et leur disait : « Oui, je peux le faire. Oui, en effet, je suis un magicien. »

Max et moi parlions ainsi très régulièrement sur le tchat de ce site candauliste, il m’exposait ses désirs, me parlait de son envie de sortir tous les trois au restaurant mais qu’il endosse le rôle du mari aux côtés d’Eléa, alors que j’aurais le rôle d’un simple ami du couple. Je trouvais cette proposition saugrenue de premier abord. Il surenchérissait en proposant des soirées tous les trois avec des amis. Des amis ??? ! Les siens peut-être alors, mais certainement pas les nôtres ! Il m’était inconcevable d’étaler mes perversions au grand jour et de montrer à mes amis intimes un « amant » d’Eléa. Nombres d’entre eux étaient bien au courant de ma bisexualité, de l’inversion des rôles dans notre couple, et de notre penchant pour le libertinage, mais leur présenter un amant d’Eléa ? Impossible ! Etrangement ces idées commencèrent à faire leur chemin dans ma tête. Non, je ne passerai pas à l’acte mais il s’agissait bien, dans les propositions de Max, de montrer qui était le mâle et qui était le soumis. Il en alla de même quand il m’annonça que lorsque nous nous rencontrerions, il dormirait avec Eléa et moi au pied du lit ou dans une autre chambre. Eléa bondit quand je lui racontai cela et s’insurgea. Je m’insurgeai aussi… puis… Puis je me mis à souhaiter que tout ceci ait finalement réellement lieu ! En insinuant ces pensées dans mon esprit, Max me rendit incroyablement docile. Moi qui ne souhaitais obéir qu’à Eléa, je commençais à vouloir lui obéir à lui.

Il n’hésitait pas à me donner du « Salut Cocu ! » à chaque nouveau message sur le tchat. Je n’avais plus de prénom. Je résistais un peu, au début et répondais avec humour. Ce sobriquet et cette façon de faire me semblait un peu artificiels aux débuts, mais avaient pourtant fini par me plaire. J’acceptai ce surnom et ma condition de futur cocu.
Max s’était imposé en très peu de temps dans mon univers mental comme l’amant dominant idéal ! C’était la première fois qu’un homme qui avait plu à Eléa me faisait un tel effet. J’étais prêt à lui donner toutes les clés pour qu’il réussisse, par exemple, à briser les réticences d’Eléa à m’humilier. Mieux encore, l’ordre établi « Eléa + son amant commandent à Alexandre » commençait à se bousculer. Evidemment, je voulais qu’ils joignent leurs efforts pour faire de moi le cocu le plus servile, l’esclave le plus obéissant, mais mes pensées s’étaient mises à dériver vers une nouvelle formule : « Max qui commande à Eléa et Eléa qui me commande » ou même « Max qui commande à Eléa et moi »

Alors que j’avais toujours placé Eléa dans le rôle d’une déesse, je me mis à ne souhaiter qu’une chose : qu’elle succombe totalement à son charme et passe « sous son contrôle ». Qu’il transforme Eléa en véritable salope, pour être précis : qu’il en fasse SA salope.
Oui mon amour, tu vas bondir en lisant ces lignes… je le sais… Mais c’était plus fort que moi… mon cerveau tournait à plein régime... et évoquer cet épisode relance la machine…
Je désirais donc que Max entraine ma douce Eléa là où elle n’aurait jamais songé à aller. Mais certainement pas par force. Au contraire, je souhaitais qu’il le fasse avec tact, douceur et fermeté. Qu’elle le suive par conviction, volontairement. Parce que ce laisser-aller à la soumission avec cet amant lui apporterait un plaisir sexuel prodigieux ! Je voulais qu’elle ait pleine et entière confiance en lui et qu’elle ose faire avec lui ce qu’elle n’osait pas ou ne voulait pas faire avec moi. Je pensais à certaines pratiques qu’Eléa me refusaient… comme la sodomie. Je pensais aussi à Max la prenant sans préservatif et jouissant en elle. Je pensais à d’obscurs lieux de perditions, forêts, parkings, boites de nuit, clubs, bars, où, comme dans le fantasme que j’avais raconté à Max, Eléa serait offerte par lui à de beaux mâles. Voilà c’était le terme : « offerte » ! Offerte, car lui appartenant désormais.

J’avais mentalement déjà tourné le film retraçant notre relation à trois. Relation au long cours, progressive, évolutive qui aboutirait à une débauche totale, une luxure infinie. Les contraintes du réel telles que l’éloignement (Max habitait à Lille) ou nos disponibilités très limitées, avait été balayées très rapidement du fait qu’Eléa avait montré un pic de libido particulièrement long. Elle n’était plus dans l’hésitation, la reculade, ; un enthousiasme si durable chez elle pour un amant faisait tourner ma « caméra » à plein régime.

Mes fantasmes allaient donc bon train et je ne montrais pas tous les rushes à Eléa : elle aurait pris peur. J’exposais en revanche à Max tous mes fantasmes. Je lui décrivais sans aucune pudeur toutes les situations que j’aimerais vivre avec Eléa sous sa houlette de mâle dominant. Il prenait avec humour les pavés que lui envoyais. Il me confia que cette entreprise qui viserait à faire lâcher totalement à Eléa était tout à fait à son gout. Il surenchérissait même me disant qu’il avait, en tant que cocufieur, beaucoup de projet pour nous, et pour elle. Etait-ce un réel souhait de sa part ou bien abondait-il seulement dans mon sens pour approcher Eléa et pouvoir simplement lui faire l’amour et/ou la sauter au cours d’un trio « classique » ? Si c’était une manipulation elle démontrait au moins une grande finesse d’esprit de sa part et sa détermination à s’occuper de ma chère et tendre devant moi. Et comme il plaisait à Eléa, et que j’avais balayé l’éventualité qu’il fût mauvais amant, manipulation ou pas, tout le monde aurait quand même été content au final.

La rencontre tant attendue approchait : nous avions prévu de le recevoir chez nous lors des vacances de Noël. Nos discussions enflammées se poursuivaient et chose rare, Eléa lui avait donné son numéro de téléphone. Ils discutaient de temps à autres tous les deux, j’étais aux anges. J’avais même reçu la consigne d’arrêter de m’immiscer dans leurs échanges. Ils s’étaient mis d’accord pour me tenir à l’écart, et Eléa ne lâchait que de rares informations sur le contenus de leurs discussions. Cette torture était divine et leur connivence me remplissait de désir !

Finalement, Max nous annonça qu’il ne pourrait très certainement pas venir à la date convenue. Il devait suivre une formation importante pour son avenir professionnel. Il ne savait pas les dates exactes de celle-ci et n’arrivait pas à obtenir cette information, ce qui me semblait pourtant simple.

« Je le saurai demain » nous répétait-il.

Puis « demain ».

Puis encore « demain ».

Il repoussa, repoussa encore et finit par partir quelques jours voir un proche… La période était propice aux retrouvailles familiales et on ne pouvait évidemment pas lui en vouloir pour cela. Mais où en était donc cette histoire de formation ? Et surtout pourquoi si peu d’efforts ? Pourquoi ce subit désintérêt ? Pourquoi avions-nous passé tant d’heures à vérifier que nous étions tous les trois compatibles, à imaginer les situations les plus brulantes pour finalement reculer au dernier moment ?

Je conclus que Max était un grand fantasmeur. Qu’il s’était offert un petit plaisir virtuel à notre détriment. Il avait abandonné au moment où la rencontre était devenue trop réelle. Ce type de profil était assez répandu sur ce genre de site de rencontres, mais j’étais vexé de ne pas avoir éventé la supercherie plus tôt. Il ne répondit plus à mes SMS et ne vint plus sur le site candauliste.

Peut-être s’était fait une nouvelle identité pour poursuivre ses rêveries ? Peu importe, il avait piétiné les miennes : j’étais monté tellement haut dans les tours, j’avais placé tellement d’envie et d’espoirs (oui le mot peu paraitre fort, mais c’était bien le cas) dans cette rencontre avec Max que je vécus très mal cet abandon subit.

Ma libido chuta d’un coup. Alors que j’étais enfin seul avec Eléa, sans enfants, et que j’aurais en temps normal profité de ce moment de répit pour faire l’amour encore et encore avec ma tendre et douce, je n’avais ce soir là plus de désir physique. J’étais évidemment heureux d’être avec elle, de partager le repas gargantuesque qu’elle avait préparé, de pouvoir enfin passer plusieurs nuits consécutives avec elle ! Mais quel choc ce fut au niveau de ma sexualité et quelles révélations j’eus sur moi-même quand je vis la réaction d’Eléa.

Pour elle, ce n’était rien. Il ne viendrait pas et alors ? On réussirait peut être à le rencontrer plus tard… ou pas ? Ou bien ça serait un autre homme ? Peu importe… Mais son détachement me renvoya à cet instant précis à ma propre bassesse : pour moi non, ce n’était pas rien !

Pire encore Eléa voulu me réconforter ne me disant que j’avais mal pris qu’un homme fasse si peu de cas d’elle. Elle émit, avec tendresse, pour m’apaiser, l’hypothèse que ce désintérêt de Max ne cadrait pas avec l’image de Déesse que j’avais d’elle :

« Tu es vexé pour moi », me dit-elle. « On ne dit pas non à une Déesse, on fait au contraire tous les efforts possibles pour la satisfaire. L’attitude de Max te peine pour moi. »

Je sentis un vide abyssal s’ouvrir en moi : quel salaud j’étais ! Cette privation soudaine de ce que j’attendais avec tant d’impatience me montra l’égocentrisme dont j’avais fait preuve : Non, je n’avais même pas ressenti d’humiliation à ce que l’on se désintéresse d’elle ! Ma rage était bêtement égoïste. C’était pour moi, et uniquement pour moi, je qu’étais déçu ! Eléa voulait soulager ma peine prenant en considération mes fantasmes bafoués, mais moi en quoi avais-je pensé à elle ? Elle avait été objetisée dans mon « film ». Bien sur j’imaginais qu’elle aurait pris du plaisir avec Max, mais quel était mon réel amour pour elle dans tout cela ? Quel était le don gratuit (oui c’est un pléonasme) que j’avais fait pour elle dans cette rencontre ? Il n’y en avait pas eu !

Je n’avais voulu au final que me nourrir de ses jouissances avec lui. Ponctionner, pomper, prélever. Prendre, prendre, toujours prendre. Eléa était la vie, mon soleil et elle brulait mille fois plus fort quand un amant était en orbite. Et j’avais un besoin vital de cette énergie dont elle irradiait dans ces moments. Enlevez l’amant, Eléa restait la source de mon bonheur, mais j’avais égoïstement peur de ne plus sentir cette force décuplée en elle, de passer à côté de quelque chose d’essentiel à mon équilibre et qui m’avait cruellement manqué ces dernières années. MON humiliation, MON cocufiage, MON désir de la voir jouir sous mes yeux, MA situation rêvée à moi. On m’avait volé tout cela et j’avais peur de mourir, de dépérir, de me flétrir.

J’étais effrayé de constater ma dépendance aux « infidélités » d’Eléa et à quel point cela impactait mes propres pulsions de vie.

Il me fallut un certain temps pour reprendre pied. Je décidai de changer mon fusil d’épaule, déterminé à offrir à Eléa comme horizon sexuel autre chose que mes perversions candaulistes. Je voulais lui donner l’énergie qu’elle méritait au lieu de la vampiriser.

Donner, pour une fois, donner au lieu de prendre.

4 Commentaires

  • bonjour à vous deux !!
    absolument tres interessant !!je m y voyais vraiment dans le role de l amant,
    tout à fait dans mon registre !!!mais bon !!pas la porte à coté pour moi
    bonne route à vous
    jean m

  • Oui Alexandre, la confiance naît de la pratique, de la confrontation aux émotions que nous procure ce genre d’aventures. Bien entendu il vous faudra construire en parallèle une belle complicité avec votre moitié. Mais j’aime votre regard, comme un éveil concernant ce qui vous lie au plaisir de votre épouse. Cette prise de conscience me semble indispensable à une belle relation. Tout ce que vous ne donnerez pas, vous le perdrez....

  • Merci Candaule pour votre message.
    Cette histoire a eu un impact important sur ma façon d’envisager le candaulisme. Je suis toujours en plein questionnement. Avec le temps j’espère que j’obtiendrai la sagesse et la confiance en moi nécessaires pour être toujours dans le don avec ma compagne.

  • Bonsoir Alexandre,
    Un très beau texte !! J’apprécie beaucoup ce regard que vous avez concernant le fait de donner de l’énergie à sa partenaire au lieu de la vampiriser. C’est un point de vue novateur et qui pose une motivation différente sur la complicité candauliste.
    Là où cela rejoint les désirs candaulistes plus courant, c’est que le désir de madame est toujours au centre.

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