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Jalousie et désirs candaulistes

Dans les premiers temps de la relation sexuelle, notre désir est porté par celui de témoigner de notre valeur et par l’envie de conquérir l’autre. Un désir bouillonnant et réciproque, qui alimente la mise en œuvre d’un lien relationnel et charnel unique.

Puis vient le temps de la douceur, acquise dans une relation qui a trouvé ses us et ses coutumes. L’inquiétude de ne pas plaire s’est apaisée, le partenaire est joliment devenu « mon » ou « ma », et l’on jouit de ce sentiment de possession qui élimine le reste du monde et paraît satisfaire nos besoins, dans une habitude apaisante tout autant qu’elle peut paraître pesante au fil du temps.

Un sentiment d’étouffement, un besoin de renouveau conduit souvent la personne qui a des désirs candaulistes à souhaiter exposer son couple aux turpitudes de la jalousie.

En effet, rien n’est plus stimulant pour un candauliste que d’être le complice d’une œillade de son épouse, d’un retard de celle-ci, de son rire au téléphone, autant d’aphrodisiaques qui lui rappellent qu’elle s’appartient. Rien de tel que la conscience que son épouse est mue par des désirs qui nous échappent pour repartir à sa conquête.

Quelle est l’origine de la jalousie ?

Ces enjeux du lien à l’autre, c’est dans l’enfance que nous les avons expérimentés. Dans le rapport fusionnel à notre mère, à ses soins, que nous avons tenté de maintenir tant nous étions dépendants d’elle. Mais il a fallu se rendre à l’évidence : son intérêt, ses plaisirs étaient aussi tournés vers l’extérieur, à commencer par notre père, qui obligeait à la « triangularité » que la pratique du candaulisme reproduit. Elle nous échappait donc ! C’est à partir de la qualité de cette relation mère-enfant, de la place qui nous a été accordée, que s’est construite notre aptitude ou non à refouler notre jalousie et notre agressivité pour en faire le carburant d’une pratique candauliste pour oser se lâcher.

Chez certaines personnes, cette jalousie peut-être dévorante ; chez le candauliste elle ne l’est pas, c’est selon notre histoire. Les personnes qui n’ont pas perçu la relation à leur mère pauvre ou fragilisée durant leur enfance, sont généralement des adultes aptes à accepter l’autonomie de désir de leurs épouses. Par ailleurs, plus la mère a été dépendante de cette relation, moins son enfant pourra s’envisager autonome.

L’origine de cette jalousie nous conduit alors à éprouver un sentiment, un besoin de conquérir l’autre, sur fond de rivalité avec l’amant, pour ne pas être abandonné ; une attitude que ne peut tolérer un couple qui pratique durablement le candaulisme.

Mais la jalousie, c’est quoi, au fond ?

Si un candauliste se met à éprouver de la jalousie, c’est que celle-ci traduit, certes, le doute quant à la fiabilité de l’amour et du désir que lui porte son épouse, mais surtout des doutes sur lui-même. Dans ce climat d’inquiétude identitaire, la jalousie est toxique à une complicité candauliste car elle nie plus que jamais l’autre en tant qu’autre et le réduit à l’état d’objet.

Incidence de la jalousie sur une pratique candauliste

Le désir qui anime un candauliste jaloux a des accents de lamentation. Il cherche alors à contrôler sa partenaire, l’absorber, la soumettre, trahissant à l’occasion une agressivité à son égard, ce qui est tout le contraire d’une pratique épanouie du candaulisme.
Les aventures que vit l’épouse d’un candauliste ne sont plus le lieu d’une rencontre avec un amant, et d’une complicité avec son époux mais le théâtre d’une souffrance et d’une peur réciproque. Loin d’être stimulé, le désir candauliste se transforme alors en plainte.

Éviter cette jalousie qui malmène les partenaires d’un couple candauliste, c’est avant tout une affaire de confiance relationnelle ; une capacité que l’on aura construite en fonction de notre première relation à notre mère et des relations suivantes.

Ce cheminement personnel est essentiel. Il donne au désir candauliste ses lettres de noblesse, sa créativité tout au long des aventures que vit Madame et de la relation du couple.

L’expression de la jalousie n’a aucune raison d’être lors de la mise en place d’une complicité candauliste car ce serait à tort estimer que l’épouse est la propriété de son conjoint, ramenée au simple rang d’objet. Le reflet d’une confusion entre avoir et être.

4 Commentaires

  • A mon sens la jalousie fait partie intégrante du candauliste, accentuant davantage le désir. Bien sur celle-ci doit être contrôlée et non pas destructrice.

  • Bonjour à tous,

    Je souligne le caractère remarquable de l’article, et je confirme que moi aussi, j’éprouve un peu de jalousie, mais ce n’est pas désagréable, cela fait partie du plaisir du jeu

    Paul

  • Bonjour
    Je suis d’accord avec CEDRIC78, la jalousie est toujours un peu présente même dans le candaulisme. Elle est même un moteur de la relation, lors d’une relation à trois avec un autre homme, alors que je regardais ma compagne dans ses bras, j’ai éprouvé de la jalousie et un léger mal être qui s’est estompé ensuite. Cette jalousie m’a conduit à être plus attentif à elle et m’évite d’être centré sur moi-même et sur mon unique plaisir.
    Peut être cela change t-il avec le nombre d’expérience , je ne sais pas encore.

  • Bonjour

    personnellement, je ne pense pas que la jalousie est totalement absente du candaulisme.
    Mais il y a jalousie et jalousie
    pour mon cas, il m’arrive d’avoir des petits pincement au cœur mais ça participe a mon excitation aussi , c’est un tout qui fait qu’on prend du plaisir a savoir sa femme avec un autre

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