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Indécision

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Je suis assis sur ton lit, tu es dans ton dressing. C’est une séance d’essayage, nous choisissons les dessous que tu vas mettre pour ton amant. Tu sors un porte jarretelles d’un tiroir, tu le ranges, tu en sors un autre.
Tu l’agrafes devant avec dextérité, puis tu le fais pivoter autour de ta taille pour bien aligner les suspensions de chaque côté.
Et maintenant, les bas.
Assise sur ton tabouret, tu ouvres un paquet neuf, acheté pour l’occasion. Le bruit du plastique qui se décolle m’excite. Tu déroules un bas, le carton autour duquel il était maintenu tombe à tes pieds. Vaincu, soumis. Tu glisses une main à l’intérieur pour juger de la couleur à la lumière.
- " Comment tu trouves ? "
- " Bien ".

Tes doigts courent sur le tissu délicat, le bas t’obéit, il est en accordéon entre tes doigts. Tu écartes l’ouverture, tu soulèves la jambe et tends ton pied comme une danseuse pour éviter de filer la soie toute fine. Tu es concentrée, je suis attentif, pétrifié d’admiration et de désir. Tu te lèves, fixe le bas aux suspensions, tu t’assois et recommences l’opération. Un rapide coup d’œil dans le miroir, avant de choisir les escarpins.
- " Attends ! Je vais te faire plusieurs propositions "
- " D’accords "
Tu ne choisis pas les plus hauts, tu aimes procéder par étape. Tu les enfiles l’un après l’autre. Le bruit du cuir sur la soie me bouleverse, c’est un son d’un érotisme total. Une fois, deux fois.

Tu te plantes devant ton miroir, portant une main à ta bouche, pour mieux réfléchir. Laissant l’autre bras ballant, tu te déhanches à peine, ton pied gauche légèrement tourné vers l’intérieur. C’est ta pose quand tu te reluques. Tu te mates de haut en bas, sans complaisance. Tu as la mine sérieuse. Tu es une aristocrate. Prendre futilement les choses futiles est une attitude de rustre.

J’imagine que les putes dans les bordels de luxe devaient avoir les mêmes gestes, les mêmes poses, comme toi, assurées et consciencieuses. D’ailleurs, tu aurais fait une pute inoubliable. Tu les aurais tous mis à tes pieds. A part deux ou trois, auxquels tu te serais offerte sans retenue. Aujourd’hui, le bordel, c’est ton dressing et tu es ma pute. Tu m’interroges mais tu as déjà une autre idée.
- " Tu aimes ? "
- " Essaie avec d’autres escarpins "

Tu essaies. Puis tu offres ton cul à un miroir comblé et tu te retournes, à droite, à gauche, pour surprendre ton reflet. Je suis maintenant dans le dressing avec toi. Je n’ose pas te toucher. Je te propose ta paire d’escarpins la plus salope.
- " C’est pas trop ? "
- " C’est jamais trop "
- " Je te plais comme ça ? "
- " Tu plairais au monde entier ! "
Tu hésites sur les escarpins, tu insistes :
- " c’est pas trop ? "

Tu choisiras un entre deux. J’en étais sûr. Tu te regardes encore, debout devant le miroir, concentrée. C’est moi, maintenant, qui suis assis sur le tabouret. Je n’ose toujours pas te toucher, de peur de te déranger.

Je te prédis dix fois que ton amant va tomber raide. Je l’envie comme jamais je n’ai envier quelqu’un, j’ai une boule dans la gorge tant je te désire, du mal à déglutir. Tu ne te quittes pas des yeux, sauf pour me sourire.

Tu te penches pour m’embrasser en glissant ta langue subrepticement dans ma bouche, d’une façon qui n’appartient qu’à toi. Tu vas faire pareil avec un autre dans quelques heures.
- " Aujourd’hui, c’est un autre qui va te croquer ! "
Tu me souffles un langoureux :
- " mon amour.... "
- " Ça, tu ne le dis qu’à moi, ou si tu le dis à un autre, tu mens "

Puis tu reviens au miroir, sans transition. Tu es une experte.
Un long silence et tu dis :
- " … Ou alors… "
Et déjà, tu cherches une autre tenue dans tes tiroirs qui regorgent de trésors.
- " T’en a pas marre ? Je peux te montrer autre chose ? "
Délicieuse hypocrisie, tu sais que je n’en aurai jamais marre.

Nous sommes dans la voiture. Tu as des « stay-up » et un string et tes escarpins les plus scandaleux. Je t’accompagne chez lui. Nous allons bientôt arriver, je te propose de monter le rejoindre sans ta culotte. Tu fronces les sourcils en guise de réponse. J’insiste.

Nous sommes arrivés. Je te demande une dernière fois de me confier ta culotte. Presque comme un ordre. Je vais t’attendre dans un bar, je te la redonnerais après, si tu n’as pas été sage du tout. Tu acceptes et tu l’enlèves très vite pour ne pas être vue des passants. Je la prends, tu m’embrasses, tu sors.

Toi qui as tant hésité pour choisir tes dessous, tu sonnes à l’interphone avec détermination. Je t’attends et je t’imagine assis devant lui, écartant lentement les jambes pour lui offrir ta magnifique chatte déjà humide. Il s’approche doucement, comme on ferait pour ne pas effaroucher un animal trop craintif.

Tu souris, heureuse. Il est à la hauteur du merveilleux cadeau que tu viens de lui faire.

2 Commentaires

  • je confirme parfaitement écrit ...un vrai plaisir de vous lire et d’imaginer...carole

  • C’est superbement bien écrit, un vrai délice à lire.
    En espérant que vous ne vous arrêtiez pas là ...

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