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1000 et 1 un fantasmes, mythe et réalité

Il y a un an, je risquais à prendre la plume pour avouer et décrire quelques-uns de mes fantasmes. Ces aveux eurent le goût d’une sorte de transgression, un sentiment mêlé de la peur de te décevoir avec celle de l’espoir de créer la surprise. Si les corps s’enchevêtrent parfois, les pensées de l’autre se pénètrent difficilement. C’est tout le charme d’une rencontre.
Lorsque ces aveux ont été lus, j’ai éprouvé un sentiment de liberté et de de joie. Liberté de m’autoriser ces révélations, joie de ne pas me sentir jugé, joie de me sentir accueilli. J’ai eu l’impression alors que nous pouvions en quelque sorte déplacer les frontières de nos règles amoureuses. Tenaillé par le quotidien et les événements de la vie, j’ai laissé de côté ces préoccupations. Je le regrette parce que je crois que se raconter de cette manière peut favoriser notre complicité ou au contraire prendre le risque de se déplaire, de te déplaire. Et puis, un an après j’ignore encore la manière dont tu as éprouvé cette lecture. Si je peux imaginer interpréter dans la manière dont tu te livres charnellement, tu restes cependant silencieuse et l’univers de ton imagination me reste encore partiellement clos, du moins je le crois. Je ne dis pas que je le regrette d’ailleurs car finalement ta discrétion, tes réserves n’en finissent pas d’alimenter et de tourmenter mon imagination.
Un an après alors, je résiste difficilement à la tentation de poursuivre cette exploration comme on prépare un voyage en terre inconnue. Pour l’amoureux ou l’être désirant, le plaisir et le désir de l’autre sont, je crois, une sorte de continent inconnu dont les frontières ne sont pas perceptibles. Un an après, je prends le temps de me raconter à nouveau sans exagérer mon imagination dans un récit où tu incarnes malgré toi l’héroïne principale. En soi, se raconter, prendre le temps de le faire est déjà un plaisir. Je prends alors le risque de susciter le dégoût, la répulsion ou l’attirance pour une forme de pulsion de vie.
Dans la littérature, le récit érotique passe de manière conventionnelle pour secondaire. C’est étrange parce que la plupart des grands auteurs s’y sont essayés. Je crois qu’il y a là une sorte d’hypocrisie de notre société comme si définitivement la sexualité portait tout le poids de la culpabilité humaine.
Il y a aussi sans doute le fait que la sexualité et la manière dont nous la vivons reste très personnelle. Un récit singulier ne parlera donc pas au plus grand nombre. Il n’y a sans doute pas d’universalité dans la sexualité contrairement aux normes imposées par la société. Alors les auteurs qui parlent de sexualité ne parlent que d’eux-mêmes et s’adressent surtout à eux-mêmes.
Le grand livre fondamental de notre culture occidentale « la Bible » assimile donc le désir sexuel au péché capital. Dès lors, ce plaisir est coupable. Pourtant, la plupart des philosophes admettent cette opinion bien ancrée dans les consciences comme une erreur fondamentale. En effet, Adam et Eve ne sont pas tant coupables de se désirer que de chercher à accéder à la connaissance, c’est-à-dire la science. Pour ce couple des fondateurs de l’humanité, il s’agit de répondre au mystère fondamental de leur origine et de la vie. C’est étrange car en posant cet axiome la religion chrétienne se construit autour du paradoxe qui oppose la foi à la raison. Le christianisme s’apparente donc à la religion du rationnel. Le christianisme inscrit dans l’histoire de l’humanité le besoin de savoir d’où nous venons, comme si la réponse à cette question permettrait à l’humanité de se libérer de toutes ses passions, de tous ses doutes. Tu le sais mieux que moi à présent, cette quête infinie et épuisante de savoir est inutile. La vie et la mort sont plus puissantes que la pensée. Le misérable corps que nous habitons et où se loge notre conscience ne peut pas lutter contre les limites du savoir. Nous n’avons pas d’autre choix que d’accueillir la vie dans la posture la plus humble qui soit et définitivement les hommes ne sont pas des dieux. Le christianisme ne condamne donc pas seulement la chair mais cette soif inextinguible de savoir. Le christianisme à l’instar de toutes les autres religions proclame l’injonction de se situer dans l’ignorance. Le christianisme invite d’ailleurs les simples d’esprit à se situer au rang des premiers élus. Et pourtant, en prenant le risque de confondre dans son récit primitif chair et connaissance, le christianisme a élevé comme fondement de notre culture occidentale le savoir et la science. En se substituant au désir charnel, la science occupe le désir fondamental de l’homme occidental. La religion crée la science comme désir car elle la condamne d’emblée. En occident, le sacré s’apparente au savoir. Et cette quête sans réponse définitive porte, selon moi, le péché fondamental de notre culture, c’est-à-dire de chercher à savoir aussi bien que si nous étions des dieux pour répondre au mystère de la vie.
Ce socle de notre culture s’oppose par conséquent au principe d’accueillir la vie dans toute sa simplicité. Le savoir par la science s’oppose à la sagesse.
La quête de savoir nous porte à résister à la vie elle-même. En effet, en cherchant absolument à répondre à la question de nos origines nous cherchons surtout à résoudre ce qui se situe à l’autre bout de l’énigme ; c’est-à-dire la question de la finitude de toute chose vivante. Admettre que nous ignorons tout offre la possibilité d’accueillir la vie dans ses joies et ses souffrances. Résister par la science au contraire enferme l’homme dans une posture rigide et le conduit indubitablement à l’insatisfaction de ne pas savoir et d’avoir à lutter pour rien. Et dire que c’est au nom de ces deux fondements majeurs de notre culture, science et religion, que nous avons tenté de dominer et d’effacer les autres cultures. La science et le monothéisme ressemblent parfois à un crime pour l’humanité.
Il me semble que je me suis bien éloigné de mon sujet de départ.
J’étais donc partie pour parler d’érotisme. Eros est un dieu grec et les dieux grecs précèdent les trois grands monothéismes. L’érotisme offre une place sacrée au corps et au plaisir. Le christianisme s’inspire aussi des fondements religieux des grecs mais s’en éloigne par ailleurs. Le christianisme pose dans ses fondements que le verbe s’est fait chair. Le verbe est plus important que la chair dans la hiérarchie des valeurs. « In principio erat verbum et verbum erat apud deum et deus erat verbum… ». Pour le christianisme le verbe s’est fait chair mais à travers le personnage de Jésus, il s’agit d’une chair qui souffre, d’une chair martyrisée, d’un corps faible et chétif. Si la religion ordonne de s’identifier à Jésus, il s’agit de se représenter le corps comme un fardeau qui ne peut se libérer que par la raison. Le christianisme ordonne au pénitent de se couper de son corps et consacre une humanité schizoïde, coupée d’elle-même. Enfin, le christianisme consacre Adam et Eve comme le modèle des fondateurs de l’humanité. C’est la consécration du couple monogame et capitaliste. L’homme possède la femme et réciproquement. Ils possèdent les clefs du foyer, ils possèdent le monde, ils sont dénaturés, en dehors de la nature. Les fondements de notre société sont ainsi posés. Inutile de le rejeter ou de le nier, ces fondements nous déterminent. L’imagination et la vie nous libèrent heureusement ce carcan. Les humains ont appris à se méfier de ce socle de valeur.

Quant à l’érotisme, pourtant il se trouve dans toutes choses. C’est le plaisir de lever les yeux au ciel pour contempler l’infini du ciel étoilé, c’est le vent qui caresse la peau, c’est le bruit des animaux qui anime la campagne, c’est le soleil qui réchauffe la peau, c’est la douce sensation de sentir le sol ou l’herbe mouillée sous ses pieds, c’est…l’érotisme est le moment où chacun s’autorise à abandonner le rôle que lui impose les conventions sociales, c’est le moment du plaisir à l’état brut, presque animal, cru, cruel. C’est aussi pour nous l’occasion de se rappeler que nous ne sommes pas que des parents.
C’est aussi l’obscénité des chairs, ce sont les courbes charnues d’une femme, c’est le sexe tendu vers le plaisir de donner du plaisir. Alors pour moi c’est toi qui incarne ce plaisir charnel. Et je laisse mon imagination délirer. Tu y prends la place centrale.
L’homme, le mâle se retrouve toujours dans la frustration de sa propre jouissance limitée au moment de l’orgasme. L’éjaculation est une joie et une tristesse. Une joie car c’est le moment ultime de la montée du plaisir où les sens s’abandonnent entièrement à l’instant vécu. C’est une tristesse car le sexe se rétracte déjà et se situe dans l’attente de renouveler le pouvoir de d’offrir du plaisir à nouveau. Je crois que c’est parce que le plaisir du mâle se situe dans cette limite que nous avons une imagination si abondante. La limite de notre plaisir ouvre un imaginaire sans limites. A l’opposé, les hommes imaginent le plaisir féminin comme renouvelable et donc inépuisable. Notre société a consacré le mâle comme sexe fort. Nous savons que c’est une supercherie. Il s’agissait de compenser par la culture ce que la nature ne pouvait pas offrir. La domination masculine est contre nature.
Bref, cette limite de mes propres capacités à te donner du plaisir nourrit mes fantasmes. Je crois que les fantasmes sont une manière de chercher à retenir l’instant là où le plaisir de l’orgasme s’éteint dans l’instant. Le fantasme tente de figer le plaisir dans une image. Le fantasme procède aussi d’une possible transgression en imaginant l’impossible, le redouté, l’interdit. Il s’agit d’aller un peu au-delà de soi en jouant avec ses peurs. Libérer les fantasmes, les dire c’est aussi en quelque sorte se révolter contre soi et ce qui nous détermine.
Certains franchissent le pas de les réaliser. Les dire c’est déjà franchir une limite, c’est oser s’abandonner à l’autre. Les fantasmes s’inscrivent aussi dans une histoire. La nôtre, la mienne, la tienne. Tu as connu, je le crois, deux hommes. J’ai été seul longtemps à l’âge où comme dit Brassens « s’amuser tout seul ne suffit plus ».
Nous pouvons représenter une forme de sagesse. Mais je nous imagine moins sages. Je nous imagine moins sages car durant toutes ces années de solitude où je m’interdisais le plaisir, j’ai eu le temps d’imaginer.
Au bout d’un certain temps, la littérature que je connaissais, suffisamment chaste, ne compensait plus ma frustration de la privation charnelle. Je suis tombé vers l’âge de dix-huit ans sur mes premières scènes de cinéma érotique sans avoir eu la possibilité d’embrasser une seule jeune fille sur la bouche.
Il s’agissait d’un film que tu connais peut-être : « L’empire des sens ». C’est un film japonais qui raconte l’histoire de deux amants qui se perdent dans une relation charnelle. A l’époque, il s’agissait d’un film transgressif et cependant avec un côté intello. Je ne peux pas dire que j’ai entièrement aimé et compris le film. A cet âge, surtout j’ai été subjugué par une scène qui finalement marqua profondément mon imaginaire. Je vis pour la première fois une scène de fellation que je trouvais d’une grande beauté. Une scène toute en silence et sans doute subversive. Je crois qu’il s’agit d’une première scène de fellation tournée au cinéma sans être suggérée. Surtout, l’actrice japonaise laisse la semence de l’homme couler entre ses lèvres. C’est la représentation du plaisir de l’homme qui produit l’intensité de l’excitation.
Depuis cette scène, la fellation reste pour moi, comme pour beaucoup d’autres hommes sans doute, un art érotique majeur. Certains pensent que la fellation consacre une sorte de domination masculine qui exprimerait la volonté de toute puissance de l’homme sur la femme. A la fois l’homme priverait la femme de la parole en pénétrant sans bouche et en même temps il ne lui procurerait pas de plaisir. Vu sous un autre angle, l’homme offre son sexe à la bouche de la femme dans un abandon total. L’image de la dévoration de son sexe apparaît alors et l’homme se soumet aux caresses des lèvres et de la bouche. La vérité se situe sans doute entre les deux.
Par la suite, j’ai bien sûr vu d’autres scènes de fellation et je les recherchais dans les films que je voyais. A l’époque, la pornographie n’était pas accessible comme aujourd’hui. Il fallait que je me procure des cassettes en douce et ce petit péché représentait pour moi une forme de transgression suprême teintée de honte.
Aussi lorsque pour la première fois tu avalais mon sexe dans ta bouche, tu réalisais mon fantasme le plus puissant.
Tu le sais, cette scène est finalement devenue une scène primitive de notre relation charnelle. Et aujourd’hui, je ne me lasse pas de te dévorer des yeux lorsque ta bouche absorbe mon sexe comme une glace. Lorsque j’atteins l’orgasme tu peux alors m’offrir le plaisir suprême de me répandre au fond de ta gorge, c’est la permission de m’abandonner totalement. Surtout, la fellation place ton visage au centre du plaisir. Voilà pourquoi il s’agit d’un art essentiel. Le visage de chacun est unique et nous distingue des autres.
J’ignore pourtant tout du plaisir que tu peux éprouver à ce moment-là. Je me demande parfois si tu ressens avec autant d’intensité ce que j’éprouve. J’ignore si tu avales mon sperme avec plaisir ou si tu tires surtout ton plaisir dans la satisfaction de me combler.
Si l’érotisme c’est la possibilité de s’autoriser à être obscène dans le sens le plus cru du terme, je te contemple comme une suceuse. Dans mes fantasmes, j’ai besoin de me dégager de moi-même pour mieux te regarder. Voilà pourquoi, j’imagine parfois avoir le droit de te filmer, de te photographier ou de t’imaginer avec un autre homme. Pour éprouver le plaisir de me faire peur, pour éprouver la situation instable de celui qui perd son équilibre, de celui qui lâche prise sur le réel et ne possède rien, ne maîtrise rien. Il y doit y avoir comme une sorte de saveur dans la douleur d’assister à ce que la femme aimée procure du plaisir à d’autres ou qu’elle en prenne avec d’autres. L’homme aimé abandonne le pouvoir de donner du plaisir à la femme aimée, telle que le consacre la société. La femme aimée n’est pas sa possession. Il n’est plus le maître du jeu, c’est elle qui dirige et l’homme jouit du spectacle de son aimée qui donne à jouir ou jouit elle-même. Cet imaginaire me fait tellement vaciller que lorsque nous avons joué ensemble ce scénario, je n’ai pu retenir longtemps mon éjaculation.

Ton visage descend à hauteur du sexe d’un homme encore habillé. Tu déboutonnes gracieusement son jean, bouton après bouton. On voit son sexe déjà tendu dans son pantalon. A présent, ta main libère son sexe de sa cachette. Une longue queue se déploie à hauteur de ton visage. Ton regard exprime de la surprise mais aussi une timidité exquise. Tu ne l’avales pas directement comme si tu étais une habituée. Non, tu esquisses un petit mouvement de recul de la tête et cependant ton visage s’anime d’une envie. Tu te confrontes à la surprise de ton désir, effrayée de désirer un autre homme que celui que tu aimes. Tu es choquée de ne pouvoir ralentir la montée de ce désir. Ton cœur palpite de plus en plus vite au fur et à mesure que tu tentes en vain de réprimer tes instincts. Tu es surprise de te découvrir que ce désir charnel jaillit de toi, brisant tes tabous, ta culture, ton éducation.
Alors tu caresse le sexe avec ta main et ton visage s’approche doucement, tes lèvres s’entrouvrent. A présent, tes lèvres absorbent son gland charnu et suave. L’homme se tend dans une énorme érection. Ta bouche l’humidifie de ta salive. Tu es à ses genoux et l’homme prend ta tête entre ses mains. Respectueux, il s’enfonce plus profondément avec douceur. Tu découvres son sexe avec ta langue qui s’attarde à la surface de son gland écarlate puis de sa verge, puis de ses bourses. Après plusieurs minutes de cette découverte du sexe d’un autre, l’homme montre avec des gestes son besoin d’accélérer le rythme du va-et-et-vient de ta bouche. Il enfonce son sexe plus profondément ce qui au début provoque chez toi d’abord un haut-le-cœur puis ta gorge s’habitue à la taille de son sexe. Les va-et-vient du sexe de l’homme s’accélèrent. La peau des deux amants rougit. Ils savent que le plaisir de l’homme est sur le point de jaillir. L’homme retire sa queue de ta bouche et te demande de le saisir avec ta main. Tu le masturbes à hauteur de ta bouche entrouverte. Son sperme jaillit enfin par saccades violentes en grande quantité. Il se répand sur ta langue, tes lèvres et ton visage. Tu aspires de nouveau son gland et lèche le sperme qui coule le long de son sexe. Avec tes doigts, tu essuies ton visage puis lèche le sperme. Tu te délectes du suc poisseux et salé de cet homme. Ton corps et ton esprit s’abandonnent totalement. Dans les bras de ton amant, tu es libérée de toutes tes servitudes et des conventions.
Tu n’as pas peur de décevoir, tu n’es pas effrayée par le désir de plaire. Tu t’offres la possibilité de laisser s’exprimer tes instincts animaux refoulés.
Une fois remis de vos émotions, l’homme est de nouveau prêt à te satisfaire et tu chevauches son sexe en dominatrice. Ta tête bascule en arrière au moment d’expirer le souffle de ton plaisir.
Au fond, peu importe la scène que nous pourrions imaginer. Il n’y a précisément plus de rôle à jouer. C’est cet affranchissement qui se joue dans cet imaginaire là. Nous pourrions tout aussi bien te retrouver nue à quatre pattes en position de levrette, le cul offert. Tu es lovée à présent aux bras de deux hommes. Ils s’attardent à t’embrasser toutes les parties du corps. Le visage de l’un deux se porte entre tes cuisses qui s’écartent d’elles-mêmes, déjà humides d’un plaisir qui s’écoule de ton sexe ouvert. On ignore le visage de ces hommes. Je laisse libre cours à ton imagination si toutefois tu t’y autorises. Nous savons toutefois qu’ils ne peuvent ressembler à un homme du commun. Ils sont forts et puissants sans doute, peut-être que l’un deux est tatoué de serpents ou de scorpions sur le corps. Peut-être que l’un deux présente un torse velu comme un homme des cavernes. Peut-être encore est-il un homme noir aux muscles saillants. Ils sont peut-être tout autre et même beaux d’une splendide laideur.
Avant d’être nue, à nu, tu t’es effeuillée de tes vêtements et de ta pudeur devant eux, lentement, timidement. Un à un tu as ôté tes vêtements tandis qu’ils te regardaient en silence à la fois respectueux et envieux. Ils ont savouré la montée du plaisir qui monte. Ils t’ont jaugée comme un objet sexuel. Peut-être ont-ils échangé entre eux quelques regards ou quelques mots. Peut-être ont-ils employés des mots crus que tu n’as pas l’habitude d’entendre et que je n’ai pas l’habitude de te dire. Ils espèrent que tu aimes le sexe, la bite et que tu te conduises en vraie salope. Ils apprécient que ta chatte ne soit pas épilée comme toutes les actrices porno. Les mots qu’ils prononcent te pétrifient. Il t’est impossible de t’imaginer dans la peau d’une femme soumise à son propre appétit sexuel et à celui des hommes. Et cependant, cette forme d’humiliation t’autorise à te conduire anormalement. Tes représentations sexuelles sont en quelques sortes anéanties. Tu es désarmée de tout ce qui constitue ton être, dépouillée de ta parure de ménagère et de ton savoir vivre d’enseignante. Devant eux, même ton rôle de mère s’anesthésie. Tu sens que tu n’existes que pour le plaisir. Ils t’ordonnent de te caresser devant eux et tu t’exécutes.
Alors, tu ressens comme eux le désir qui traverse ton corps, brûlant. Tu ressens le besoin d’être prise.
Ces hommes pétrissent ton corps de leurs mains lourdes et agiles à la fois. Ils saisissent tes seins, en mordillent les alvéoles. Puis, un des deux hommes lèche ton clitoris avec sa langue. Ton plaisir monte doucement et tu ressens les premiers tressaillements qui te traversent. Ton sexe s’humidifie de plus en en plus. Il fouille ton sexe avec ses doigts, respire le parfum de ton sexe, goûte le liquide que tu produis. L’autre homme porte son sexe à ta bouche. Tu le suces alors que l’autre continue à laper ton sexe. A présent, sa langue glisse sur ton anus ce qui semble ne plus te déranger. Il introduit un doigt et continue à humidifier cette partie de toi. Tu n’as désormais plus peur du plaisir anal et tes fesses se cambrent dans la direction de son sexe. L’autre homme occupe toujours ta bouche.
Au niveau de ton anus, l’autre homme trace le chemin avec son sexe sans te contraindre. Puis tu acceptes qu’il accélère ses mouvements. Tu as réussi à franchir le seuil de la douleur pour rejoindre celui du plaisir. Les deux hommes vont et viennent simultanément. Ils ne sont occupés que par le plaisir, le tien, le leur. Dans cette animalité crue, tu attends qu’ils se répandent enfin. Bientôt, tu es heureuse d’accueillir leur semence. L’un éjacule dans ta bouche et l’autre dans ton cul. Tu trembles de plaisir. Tes yeux sont dilatés par le plaisir. Tu es ravie d’être ainsi offerte, inondée de ton plaisir et du leur. Tu es toute poisseuse de leur sperme. Le temps est arrêté.
Dans ce spectacle d’une sexualité débridée et sauvage, Il ya quelque chose de presque fabuleux au sens de « extraordinaire, de sur-réaliste ». Ce spectacle se rapproche des scènes de la mythologie gréco-latine où dieux, animaux, humains, personnages mythologiques se chevauchent sans crainte d’aucuns jugements ; dans une sorte de violence ébahie.

Dans ces scénarios, j’imagine que tu accepterais de me faire une petite place, de celui qui regarde ou te rejoins à un moment.
Si tu étais libre de moi, je sais que tu plairais à des hommes et que tu serais convoitée. Combien tu aurais raison de te laisser séduire et de t’abandonner au plaisir. Tu découvrirais sans doute des plaisirs nouveaux, tu oserais aller plus loin qu’avec moi-même. Tu découvrirais de nouvelles peaux, de nouveaux muscles, de nouvelles formes, des nouvelles odeurs, de nouveaux goûts, de nouveaux scénarios et ton imagination libérerait alors de nouvelles possibilités.
En amour, j’ignore s’il est possible au cours du temps d’une vie de franchir toutes les frontières. Je crois que l’amour conventionnel lié par la représentation sociale se soumet à de nombreux tabous. Les fantasmes s’en libèrent. Certains doivent sans doute franchir le pas de les assumer dans la réalité. J’imagine que la plupart du temps ce sont les hommes qui sont à l’initiative de ces demandes. Je crois, mais je me trompe peut-être, que les femmes sont moins torturés que les hommes. Elles aiment leurs hommes avec tous leurs défauts et acceptent que celui-ci soit éjaculateur précoce ou qu’il se comporte de telle ou telle manière. Elles peuvent encore, j’imagine, accepter de faire l’amour avec un autre homme ou plusieurs hommes par amour, par plaisir de faire plaisir à l’homme qui partage leur vie. Elles peuvent alors se découvrir autrement, attirées par le plaisir et cette découverte d’elles-mêmes pourra effrayer leur compagnon. La réalité est peut-être plus décevante que les fantasmes mêmes.
J’imagine que dans la découverte de leur plaisir, les femmes sont plus précoces que les hommes mais qu’en même temps elles s’affranchissent plus tard des tabous sociaux. C’est au hasard des rencontres avec un amant qu’elles découvrent l’étendue des sources de plaisir que leur offre leur corps. Elles regrettent sans doute souvent d’avoir tardé à franchir le pas en s’offrant à un homme unique.
Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout cela. C’est peut-être l’arrivée à la quarantaine ou ce que nous avons vécu ces dernières années qui me conduit à m’affranchir des limites de mon propre carcan culturel. C’est la conscience que tout s’oxyde à l’air de la vie, que tout peut se perdre, que tout passe.
C’est peut-être ça la crise de la quarantaine ou le démon de midi. C’est peut-être tout simplement l’accélération du temps depuis la naissance des enfants, le rétrécissement de notre intimité dans le temps et l’espace. C’est sans doute un peu tout ça à la fois.
C’est encore le désir désormais de ne pas se tromper, de ne pas se mentir, ni même à soi-même. C’est encore le désir de courir à l’air libre en échappant même artificiellement, même virtuellement au monde qui nous entoure. C’est peut-être le discours d’un homme épuisé dont la nature est de toujours douter. C’est encore, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la peur de te perdre. C’est peut-être l’idée que tu puisses être blasée de notre vie à deux. C’est étrangement, le discours d’un homme qui t’aime.
Au fond tout cela était peut-être en moi déjà auparavant, au moment même où nous nous sommes rencontrés. Au moment même du premier baiser où j’ai ressenti dans l’instant le besoin et la possibilité de t’emmener avec moi. A cette époque, je m’étais en quelque sorte déjà affranchi de moi-même avec toi sans même en avoir conscience, prêt à vivre l’instant présent et dans cet instant présent déjà prêt à vivre l’aventure de la vie à tes côtés. Qui sait, alors ce que tu recherchais en moi ?

2 Commentaires

  • "L’empire des sens" est effectivement un film magnifiquement érotique. Lorsque je l’ai vu la première fois j’étais content de l’avoir enregistré. Ainsi j’ai pu, a l’époque, faire voir à Caro, mon épouse, comment se faisait une pipe parfaite. Caro a prit, ce jour là, une très bonne leçon de fellation. Elle a toujours gardé cette façon de faire, l’a même perfectionnée ce qui a fait que ses amants s’enthousiasmaient toujours du plaisir qu’elle leur donnait. Elle en était très fière. Après avoir vu ce film, elle m’avait dit que si elle n’avait pas été, déjà, l’épouse d’un candauliste, elle m’aurait apprit à le devenir.

  • Formidablement bien écrit, les sentiments, les sensations, les plaisirs et les envies sont formidablement biens décrits. Ce texte nous fait vivre ces moments sublimes que nous font connaitre nos merveilleuses épouses.
    MERCI & bravo

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