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Entendre un désir candauliste par Philippe Arlin psychologue sexologue

Entendre un désir candauliste nécessite le respect de quelques règles simples :

  • Dans un premier temps, il faut entendre ce qui s’exprime, ce que son ou sa partenaire souhaite, ou peut être simplement fantasme,
  • dans un deuxième temps s’employer à le comprendre, le recevoir, l’accueillir et là, la tâche n’est pas forcément facile.

Quelle est la différence entre écouter et entendre ?

Tout le monde écoute, certes plus ou moins bien, mais c’est une fonction habituelle, connue, réflexe ; mais qui sait réellement entendre ?

Trop souvent les mots sont perçus, mais sont-ils entendus, compris et même s’ils le sont, ce sera en fonction de notre propre compréhension et rarement en fonction de ce qu’ils expriment vraiment.

Voilà bien là toute la difficulté et l’immense différence entre écouter et entendre ce qui est dit par l’autre.

Pourquoi entendre est si difficile ?

  • le moment est mal choisi

Nous avons avec l’autre une conversation à un moment où nous ne sommes pas vraiment disponibles, prêts à entendre.

  • La peur

Nous avons peur de ce qui va être dit de ce que cela signifie ou implique, nous avons peur des demandes, des reproches…

Alors nous mélangeons tout, nos émotions prennent le dessus, nous sommes sur la défensive et pour le coup, nous n’entendons pas ou nous interprétons mal ce que nous avons juste écouté.

  • Ne pas parler la même langue

Contrairement aux apparences l’autre ne parle pas le même langage que nous. Les mêmes mots vont revêtir, pour chacun, des significations différentes, ajoutant encore plus au malentendu et à l’incompréhension.

Comment bien écouter ?

Il faut donc pratiquer l’écoute positive et active, c’est à dire :

  • se mettre en position d’ouverture d’esprit sans peur sans crainte afin que ce qui est entendu puisse être compris, reçu pleinement sans transformations ni déformations.
  • ouvrir un espace où l’autre va se sentir accueilli, entendu, compris.
  • faciliter la parole de l’autre en utilisant la reformulation : On exprime à l’autre ce que l’on a entendu et compris afin qu’il nous confirme que c’est juste et qu’il n’y a pas d’incompréhension.

En résumé, entendre c’est faire preuve d’une écoute de qualité, en choisissant un moment de calme et de disponibilité pour échanger avec l’autre dans le calme et loin de tout conflit.

Ensuite c’est aider l’autre à formuler ce qui quelquefois, surtout quand cela relève de l’intime, est très difficile à exprimer.

Enfin il convient de ne pas oublier que l’on ne peut d’entendre quelque chose qui nous est inconnu et qui peut, par là même, nous faire peur où nous renvoyer à une incompréhension et à un blocage.

Qu’est-ce que recouvre vraiment un désir candauliste ?

Bien entendre c’est d’abord bien comprendre ce que recouvre vraiment un désir candauliste.

Il y a à mon sens deux mots-clés à ne jamais perdre de vue dans le candaulisme :

Il y a le mot clé : Voir…

Voir parce que l’acte candauliste est un acte de voyeurisme au sens le plus pur et le plus érotique du terme.

Mais aussi voir en opposition à agir. Il s’agit d’observer mais de ne pas intervenir physiquement, seul le verbal a sa place.

C’est une mise en retrait, une mise à distance, peut-être pour mieux voir, mieux observer. Ne plus être acteur pour mieux contempler et jouir de l’action.

Et puis il y a le mot clé : l’autre…

L’autre c’est notre partenaire, mais c’est aussi la personne avec qui notre partenaire va prendre du plaisir sous nos yeux. Cet autre qui va interagir à notre place, c’est celui ou celle que l’on nous a appris à jalouser, à craindre, voire à détester.

Accueillir cet autre c’est affronter pleinement l’évidence que notre partenaire est aussi un Autre avec ses désirs ses envies ses besoins et sa capacité à jouir avec ou sans nous.

Pourtant dans la situation qui nous intéresse c’est avec nous ou plus exactement sous nos yeux que ce plaisir va être pris. Nous en sommes témoins confident complice.

N’étant pas acteur, nous sommes encore plus à même d’observer ce plaisir : le voir, l’entendre, le recevoir dans une présence encore plus grande à notre partenaire puisque non perdu dans l’action, …nous approchons d’une forme d’amour désintéressé : vouloir le bonheur de l’autre, que cela soit avec nous, ou sans nous, simplement entendre et partager ce plaisir sans rien demander en retour.

Le candaulisme c’est accepter l’autre et ne pas chercher à le(a) posséder.

Si nous sommes clairs avec ces notions, si nous sommes réellement dans ce sens de l’échange et du partage alors la première étape pour parler et entendre un désir candauliste est posé.

Mais interrogeons bien notre réelle motivation car mentir à l’autre ou à soi-même, aura des conséquences très lourdes sur le couple.

Comment écouter et exprimer un vrai désir candauliste ?

Maintenant que nous avons posé les bases, il va être plus facile d’envisager l’expression et l’écoute d’un vrai désir candauliste.

N’oublions pas qu’il s’agit d’évoquer un désir de partage et que par conséquent si notre partenaire ne s’y retrouve pas ce n’est pas possible, car il n’y aura pas d’échange juste une soumission au désir de l’autre et nous serions alors à l’opposer de ce qui fonde le candaulisme.

Il faut parler de son désir de manière simple et naturelle, en n’oubliant jamais que plus que tout il s’agit d’un désir de partage qui peut bien évidemment être refusé.

Il ne s’agit pas de convaincre mais d’exprimer, d’échanger. Pas question donc d’imposer quoi que ce soit, mais simplement d’exprimer le plaisir que nous aurions à partager avec l’autre un acte sexuel avec un tiers.

Dans ce cadre s’il l’autre exprime un refus cela ne sera pas un rejet mais l’expression d’une différence parfaitement respectable.

Bien souvent, dans un premier temps, l’autre exprimera des peurs et des réticences qu’il faudra entendre non pas comme des refus ou des obstacles, mais des conditions à remplir afin que l’expérience puisse avoir lieu.

On n’écoute pas des peurs avec des peurs,
mais avec confiance et compréhension,
et le souci de répondre et de rassurer.

Quelles peuvent-être ces peurs ?

  • Le plaisir : l’exprimer et le voir

Voir l’autre prendre du plaisir ou se montrer en train d’en prendre, c’est cette notion qu’il faut mettre en avant.

Cela peut passer dans un premier temps par observer son ou sa partenaire (sans tierce personne) se donner sous nos yeux du plaisir (avec ou sans jouets), mais sans notre intervention. C’est un premier pas pour construire cette confiance, ce partage.

  • L’autre : son choix, son rôle, les limites de la relation

Dans un deuxième temps, il faudra aborder le sujet de l’autre : le ou la troisième et c’est bien sûr là ce qui va être compliqué. C’est cet autre et la place qu’il va prendre qui fait peur. Qui est l’autre ? qui va choisir l’autre ?

Autant de questions qui doivent être abordées clairement, car, là aussi, il y a risque d’incompréhension, de peur et donc de rejet.

Tout est évidemment possible, mais au début le fait que cet autre soit choisi par le couple peut aider et renforcer la confiance et la complicité.

Il faudra aussi fixer les limites de chacun. Limites en matière de pratiques : l’autre oui, mais pour faire quoi ? et jusqu’où ?

  • Le passage entre le désir fantasmé et la réalité sexuée

Enfin, il ne faut jamais oublier que le passage entre le désir fantasmé et la réalité sexuelle est particulièrement complexe, il faut donc s’accorder une issue de secours laissant à chacun la possibilité de mettre fin à l’expérience si il ou elle ne s’y retrouve pas.

C’est seulement lorsque que tout cela sera exprimé, entendu, partagé et décidé en commun que l’expérience pourra être concluante et que vous serez à même de vous y épanouir.

5 Commentaires

  • Entendre et écouter, c’est effectivement bien différent.
    Je suis avec ma compagne depuis quelques années déjà, elle connaissais mon passé et ma passion pour le candaulisme avant même le début de notre relation.
    Je pensai donc que cela ne lui faisait pas peur, voir même qu’elle puisse avoir envie de partager cela avec moi dans e futur. J’ai toujours parlé aisément de cela avec elle. Elle m’entendait, mais je me suis rendu compte qu’en réalité elle ne m’avais jamais écouté. Ne pas être compris est une chose envisageable, car le candaulisme n’est pas facile à comprendre même pour nous. Mais ne pas se sentir écouter ou même suscité l’envie chez l’autre de nous écouter pour mieux nous comprendre est terriblement frustrant.
    Certain que le problème venais de moi, de ma façon d’exprimer mes envies, d’expliquer ce qu’était cette pratique pour moi et ce qu’elle m’apportait, je lui proposa de lire des histoires, des définitions, des témoignages... Bref, je l’invita à se renseigner par elle même via différents supports et je me pris un mur de face.
    Je n’ai jamais eu de refus catégorique mais je vois bien qu’elle n’a pas "envie" d’essayer de comprendre et d’écouter.

  • ça n e suscite pas beaucoupd e reponses ni d echanges etc ’est bien dommage
    mais c’est le sort de TOUS les posts mis ici , ce ne sont pas des dialogues mais des monologues stériles, sortes de défouloirs,(y compris pour moi d’ailleurs)
    mais vs avez raison au moins sur un point,
    si et quand on a envie de se lancer dans l’aventure, il faut bien sûr en parler avant mais quand le projet semble bien mûr et mûri il faut foncer sans continuer a parlementer sans ça les paroles défrisent le fantasme et il ne reste que la réalité froide et ça fait un flop retentissant dont on risque de ne pas se remettre, voila un de mes avis , on pourrait épiloguer des jours,d es nuits, jusqu’a epuisement

  • pour repondre à SANDYSTE JE PEUX APPORTER MON TEMOIGNAGE
    il y avait pres de trois ans que j’essayais de persuader ma fememd e prendre un amant lorsqu’enfin elel consentit a me suivre ds un club echangiste.. pour voir..
    ET là elle em surprit car non seulement elle regarda bien mais encore elle se laissa entrainee d’abord a danser par un homme qui avait l’air de lui plaire puis à l a suite il m’emmena ds une petite salle et lui fit l’amour et meme a la suite ma femem accepta les hommages de deux autres hommes Et elle eut de forts orgasmes bien mieux qu avec moi
    donc pour nous, mon candaulism debuta bien grace a une soiree club echangiste et par la suite on retourna ds ce club et ma femme y retrouva son premier " amant" et ils se complètaient a merveille sur le plan sexe puis petit a petit une entente complice cerebrale survint entre eux
    Et il devint l’amant regulier et quasi exclusif d e ma femme
    il devint l’ami du couple et de la famille, nous l’invitions a diner de temps en temps en presence d e nos d eux enfants comme un de mes amis de travail et quand les enfants etaient couchés il restait parfois passer la nuit avec ma femme et moi ds le gd lit conjugal J’avais l’immense plaisir d’assister a leurs ébats etc etc ; ; et ça continue bien que ns avons encore évolués, avec d’autres partenaires etc etc
    je schematise mais en gros c’est vraiment commec ela que ça s’est passé

  • je pense que contrairement a ce que vs ecrivez le voyeur (candauliste) n’est pas désinteressé, ce n’est pas d el’abnégation, ni une preuve d’amour vis a vis de sa femme,il donne du plaisir a sa femme (partenaire) par l’intermédiaire d’une autre personne mais pas uniquement par amour, mais bien aussi parceque lui même en retire un veritable plaisir sensuel,cerebral et aussi physique, ça le fait bander !
    dire que c’est par amour pour sa compagne, que c’est une formidable preuve d’amour désintéressé etc etc, c’est bon comme argument pour faire craquer la femme mais ce n’est pas la vérité intrinsèque et je ne crois pas que la femme en soit totalement dupe, dans le trefonds d’elle meme ça doit l’exciter aussi de faire l’experience,ne nous fermons pas les yeux
    Et quand le femme a franchi le rubicon elle estd elivree de tous tabous, toutes peurs, sans retenue, son mari a ouvert les vannes, alors plus question de maittriser l’inondation consecutive, on ne fait pas rebrousser le chemin a un torrent
    Bien dit n’estc e pas ? hihi , mais c’est sérieux !!!!

  • L’explication est claire et très proche du ressenti pour des non-initiés.
    Cependant elle ne permet pas d’enlever les doutes.
    L’envie est la, sans savoir pourquoi, elle se fait de plus en plus pressante surtout quand le couple discute beaucoup avec les mêmes motivations et beaucoup de complicité. Ce qui parait plus délicat a mon sens c’est comment on gère l’avant et l’après. L’acte lui même est ce que l’on recherche, donc on l’intègre assez bien. L’avant nous impose une phase de séduction (sans sexe) dans la recherche du complice, réservée normalement a l’intimité du couple amoureux.
    L’après, c’est quand tout le plaisir a été consommé, comment on réagit face a une réalité auparavant fantasmée. Justement le fantasme permet de passer outre cet avant et cet après, car on est uniquement concentré sur l’acte sexuelle désiré.
    Doit on franchir cette étape sans réfléchir ? Car a trop réfléchir on finit par repousser sans cesse l’échéance en continuant de penser que cela arrivera bien un jour.
    Même quand tous les signaux sont au vert au sein du couple complice, quand sait-on que c’est le bon moment ?
    Est-il plus facile d’avoir sa première expérience dans un club d’échangisme ?
    Un couple très amoureux a la recherche de toujours plus de plaisir. Candauliste chacun a ses heures. Voir son partenaire jouir avec un autre ou une autre.

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