Accueil > Témoigner le candaulisme >Histoires candaulistes >

Elle se maquille devant lui qui la regarde...

! Signaler un contenu abusif

Elle se maquille devant lui qui la regarde. Assise par terre face à un petit miroir ovale. Concentrée sur ses gestes répètes cent fois. Coton tige, mascara. Cou tendu, appliquée mais aussi pensive, car elle se farde pour sortir vers un ailleurs, sa vie à elle, seule. Aller dans la rue, prétexter des achats, pour croiser, rencontrer les autres, le regard des autres, celui des femmes et surtout des hommes.

Elle est prête, se juge encore dans le miroir près de la porte d’entrée. L’œil est sévère, la critique sera sans complaisance, et puis se décide à sortir, les clefs de son véhicule dans une main, le sac choisi en accord avec la toilette qu’elle exhibe à l’autre bras.

En roulant son esprit fonctionne rapidement, comme l’auto, bien au dessus des limitations de vitesse. Elle a choisi cette robe noir en tissu induit qu’elle prétend trop courte pour son âge et qu’elle sait lui aller parfaitement tant elle lui épouse les contours de son corps svelte. Soutien gorge pigeonnant et bas autofixants munis de dentelles. Elle les a enfilés juste avant de sortir.

Elle manque d’assurance. Le soin porté à sa toilette, à son apparence, ses cheveux toujours coiffés, cachant une partie de son visage sont sa thérapie pour affronter le face à face, la confrontation, l’approche, la proximité, la rencontre, la vie.

Elle se soigne, si tant-est qu’il y est besoin de soigner. Il s’agit de se sentir vivre. D’éprouver, de s’éprouver de s’approuver. Elle arrive déjà dans la ville. Gare le coupé et choisis une table à la terrasse d’un café chic.

Le regard de chaque homme est différent : droit, de biais, par dessus l’épaule de sa voisine comme s’il répondait à quelqu’un qui le suit. Celui là repasse plusieurs fois, ou s’arrête carrément sans décider de franchir la distance qui le sépare d’elle. Elle se fait désirer, son décolleté montre une gorge aux seins généreux. Un signal érotique tellement puissant que même des adolescents à peine sortis de l’enfance répondent par des regards francs et en souriants.

Ses jambes sont croisées et la broderie noir de ses bas fins se laisse découvrir aisément. Les lèvres brillantes, les mains soignées souvent dans les cheveux, il ne faudra pas longtemps à un postulant mâle pour tenter sa chance. Elle est comblée, elle a le pouvoir, adore ce premier contact où l’homme est si peu sûr de lui.

Pourtant ils s’avancent, toujours maladroits.
Lui fait un compliment : "vous êtes belle mademoiselle ? Madame ?"
Ou bien détourné : "je suis sur qu’on se connaît."
D’autres tente leur chance en comptant sur leur propre charme : "puis-je vous offrir un verre ?"
Certain trop direct : "je voudrais vous embrasser !"
Certain aussi trop timide : "puis-je vous offrir des fleurs ?"
A qui elle répond : "ne demandez pas ! Faites-le !"
D’autres s’assoient alors qu’on ne les-y a pas invité, d’autres enfin qui fuient avant que leurs yeux ne se soient croisés, qu’une parole est été échangée.

Celui-là sera l’élu. Il ne le sait pas encore. Les cheveux poivre et sel un peu trop longs, bel homme droit, élégant, sans doute assez timide car il est déjà passé, a tourné son regard sur elle pendant quelle repeignait ses lèvres, a insensiblement ralenti son pas, retenu ses enjambées pour prolonger son observation, évité de se retourner, sans doute de l’autocensure.

Elle lui sourit maintenant qu’il a fait ces pas dans sa direction. Un sourire ça n’engage pas, il sourit aussi un peu gauche ne sachant pas comment interpréter ce signe.
C’est peut-être le soleil qui l’éblouit. De toute façon, il s’est lancé, attiré, capté, par la vision, l’attirance, la beauté certaine de cette femme.

"Bonjour, puis-je vous offrir un café ou autre chose ?" S’empresse-t-il de rajouter.
Pas très original pense-elle mais bon. Voyons où cela nous conduit. " Je veux bien, à condition que vous vous asseyez. Je me tords le coup à vous regarder."
Il met du temps à comprendre tellement la vision de ses seins prêts à bondir hors de leurs balcons l’obsède. Assis, la vision est aussi envoûtante. Ces jambes interminables, joliment galbées dans leur peau de nylon. Où l’œil est forcé de remonter le plus haut possible pour contempler ce qui est admirablement suggéré sous la broderie, puis redescendre sur les pieds cambrés enchâssés dans des escarpins indémodables et qui font la fierté de ces échasses gracieuses.

"Je n’irais pas par quatre chemins, vous me plaisez et je vous propose de m’accompagner à l’hôtel pendant une heure ou deux. Qu’en dites-vous ?"
Elle le dévisage, certaine de sa réponse mais désireuse de prolonger le rite, la danse de séduction, ne pas s’avouer disponible trop vite, laisser encore le doute, goûter de cette ascendant sur le mâle, sur l’amant dominant.

"Qui vous dit que je suis celle que vous croyez, mon beau monsieur ?"
Se croyant refoulé, il fait mine de s’en aller pendant quelle déboutonne un peu plus son buste.
« Il fait chaud, commandez-moi un thé froid, je le boirais en réfléchissant a votre proposition » lui dit-elle en lui touchant la main. Il attend écrasé par le doute, ne connaissant pas assez la femme il hésite ne voulant pas paraitre trop entreprenant. Ses yeux ne savent plus ou se poser.
« Si vous voulez me plaire, offrez moi le meilleur hôtel de la ville et je vous suivrais. » dit-elle.
Un large sourire s’affiche sur le visage de l’homme qui retrouve son assurance.

A la réception de l’hôtel, ils échangent un sourire complice quand le réceptionniste leurs demande pour combien de nuit ils désirent occuper la chambre. Cette réplique entendu dans de nombreux films et qui n’est pas une fiction aujourd’hui. Dès la porte refermée, il se jette sur elle, cet instant qu’il espérait depuis qu’il avait flashé sur cette femme par hasard. Il désire la prendre là sans préliminaires inutiles, sans même la déshabiter.

Il retrousse sa robe avec autorité jusqu’à la taille, écarte le string de la dame d’un doit agile hume, lèche, se frotte d’une énergie animale contre ce sexe chaud et suintant. Elle se dégage de lui d’une rebuffade. Elle se retourne, s’accroupie au bord du lit soumise servile, et offre son cul en spectacle à son agresseur désiré.
La suite est pire ou mieux que vous l’imaginiez, fusion, jouissance qui atteint par moment la souffrance, voluptés quelquefois brulantes, éclatements des sens à la limite du déchirement des corps…Et puis tout s’apaise.

Elle remonte dans son auto. Elle est impatiente de rentrer chez elle, retrouver celui qu’elle aime. Heureuse.

1 Commentaire

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Inscription