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Comment gérer les émotions de son partenaire ?

Les émotions sont au nombre de quatre à savoir : la colère, la peur, la tristesse et la joie. S’il n’est pas simple de gérer les émotions de son partenaire c’est qu’il n’est pas simple de les comprendre c’est peut-être aussi que l’on a nous-mêmes des difficultés à comprendre nos propres émotions.

Avant d’aborder les différentes émotions que l’on peut rencontrer, il est bon de rappeler que l’émotion est sujette à interprétations chez l’autre, car l’émotion passe par un filtre que l’on appelle le ressenti.

Ce ressenti n’est pas forcément le reflet de la réalité, ce qui fait que cela peut générer des conflits là où on a juste mal compris, mal interprété ce que l’autre ressent parce que son ressenti à générer chez nous une réponse émotionnelle différente.

Qu’est-ce que le ressenti ?

On fait souvent des amalgames, car on ne sait pas faire la différence entre une sensation, un état et un ressenti. Un état cela peut-être le stress par exemple, un sentiment pourra être l’amour, un ressentiment peut être la haine, une sensation peut être la douleur ou l’envie et un ressenti c’est tous cela à la fois. Un ressenti peut aussi bien être une émotion, un état, un sentiment, une sensation ou un ressentiment.

Un ressenti c’est l’interrelation immédiate entre la réalité et notre perception c’est la raison pour laquelle il peut y avoir autant de réalités que de perceptions. Nous sommes assez peu éduqués à ressentir dans notre société, nous intellectualisons beaucoup, nous sommes beaucoup dans le contrôle. Il y a une sorte de tabou lié au registre émotionnel.

Le ressenti de l’autre ne se discute pas. Ce n’est pas un fait, c’est un ressenti. Car dès qu’une personne éprouve un ressenti cela devient sa réalité. Il faudra donc se trouver dans une posture d’accueil de l’autre et de bienveillance à son égard par un accueil de l’émotion de l’autre qui nécessite un travail sur soi.

Ce travail sur soi se compose d’humilité, d’écoute, de l’acceptation de se tromper dans nos réponses adaptatives à l’émotion que vit notre partenaire du droit de corriger ces erreurs et du devoir d’améliorer le lien qui nous unit à notre partenaire.

Nous avons le droit de le faire, car c’est aussi dans notre intérêt personnel de préserver la qualité du lien. Car l’oxygène du lien, ce sont nos émotions. Si nos émotions viennent parasiter le lien, cet oxygène sera appauvri et nous pouvons alors suffoquer en présence de l’autre dans tous les sens du terme.

Si par contre nous devenons capables de nourrir ce lien d’émotions positives, cela donne tout son potentiel à notre partenaire.

Ce qu’il faut impérativement intégrer c’est qu’une émotion renvoie à de la souffrance potentielle. Que ce soit la peur, la tristesse, la colère cela nous renvoie invariablement à de la souffrance. Mais comment gérer les différentes émotions ?

Qu’est-ce que l’émotion de colère ?

Si nous sommes en colère nous allons transmettre cette émotion au travers de comportements comme par exemple l’opposition. Prenons un exemple pour mieux comprendre cette notion :

Nous proposons quelque chose à notre partenaire qui est en colère et là il va nous dire : " non je me sens pas" ou " je l’ai déjà fait "Retour ligne automatique
Cette réponse va générer une émotion chez nous. Cette émotion en réponse chez nous pourrait être de la peur :
" je n’arrive pas à me faire comprendre " ou encore " il/elle ne m’aime pas "
Ce qui va alors générer de notre part une réponse de peur inadaptée qui va renforcer la colère de notre partenaire.
À l’inverse ça peut aussi nous mettre en colère et nous rendre agressifs (ve).
Cette émotion en réponse qu’est la peur est le résultat d’un ressenti qui est un piège pour notre couple si nous ne sommes pas attentifs à ce qui nourrit ce ressentiment.

Pour cela il faut être attentif à son partenaire et à ce que l’on nomme les signaux faibles, qui sont des manifestations qui ne sont pas habituelles. Lorsque l’on détecte ces signaux faibles, il est nécessaire de tenter de désactiver la colère.

Pour désactiver la colère de quelqu’un, il faut d’abord montrer que l’on comprend ce qu’il ressent non pas en lui disant qu’il a raison, mais en lui disant que l’on entend et que l’on comprend son émotion.

Il faut préciser que souvent nous faisons un amalgame, car dire "que l’on comprend l’autre", pour nombre d’entre nous c’est dire "qu’il a raison". Par orgueil, parce que notre ego s’exprime, nous ne dirons pas que l’on comprend ce qu’il ressent.
Il suffit naturellement d’appliquer se protocole de communication que n’avons jamais appris.

Car quand on est en colère c’est que l’on ressent une injustice qui est fondée sur un préjudice subi dont on a envie d’obtenir réparation.

Pour désamorcer la colère qui est l’expression du ressenti concernant une forme d’injustice il est donc indispensable de comprendre l’origine de la colère comme il est aussi important de comprendre et de définir quel est le préjudice subi.

Tant que la personne en colère n’a pas obtenu réparation de ce préjudice, elle continuera à être dans le registre de la colère.

En parlant de registre de la colère, il est bon de savoir que si certains expriment de la colère d’autres boudent, ce qui est aussi une expression de la colère. Bouder qui est une forme de colère, c’est aussi une façon d’attirer l’attention de l’autre.

Là où cela devient subtil, c’est que parfois ces préjudices ne s’inscrivent pas dans la réalité quotidienne, mais s’inscrivent plutôt dans notre histoire infantile avec ce que l’on appelle un préjudice symbolique.

Ce préjudice symbolique peut-être par exemple que l’on a le sentiment que personne ne nous accorder l’attention que nous méritions et cela vous confronte à quelque chose qui dans notre histoire personnelle s’est joué et ce sentiment actuel nous fait revivre une situation dont nous avons assez et nous le faisons payer au quotidien à ceux que nous aimons.

En tout état de cause, être en colère ou bouder coupe chez l’autre l’envie de vous faire plaisir en retour. Si l’on coupe cette envie de faire plaisir, on désactive la force qui fait que l’on va vers l’autre et que l’autre vient vers nous, ce qui est particulièrement dommageable pour la relation de couple.

Qu’est-ce que l’émotion de peur ?

L’émotion de peur s’exprime de différentes façons elle peut prendre la forme de reproche, de critiques qui sont des mécanismes d’autodéfense. Comme nous nous sentons menacés, nous agressons l’autre et nous lui faisons des reproches ou des critiques. Nous lui dirons alors ce qui ne va pas, ce sur quoi il/elle n’est pas la hauteur parce que nous nous sentons menacés. Si l’autre n’est pas capable de nous rassurer, cela ne pourra pas désactiver ce comportement agressif.

Qu’est-ce que l’émotion de tristesse ?

La tristesse et une émotion très dérangeante pour la plupart des gens, il n’y a rien de plus difficile que d’accueillir la tristesse de quelqu’un. C’est une situation très confrontante, car tout à coup on peut perdre la maîtrise absolue en étant à la fois très dérangeante, car cela nous confronte à quelque chose d’insupportable que l’on nomme la souffrance. Deux réactions sont souvent rencontrées : la minimisation « ne t’en fait pas ça va s’arranger » ou tout faire pour sauver l’autre et vous êtes alors dans l’excès de présence, la troisième possibilité étant de fuir cette situation inconfortable en s’échappant. Alors qu’il suffit juste d’accueillir cette tristesse en disant à l’autre que l’on est là s’il en a besoin.

Qu’est-ce que l’émotion de joie ?

Pour ce qui est de la joie, c’est beaucoup plus facile bien sûr, cependant cette joie peut réveiller les sentiments de jalousie chez le partenaire candauliste. Cette joie peut aussi nous confronter à ce que nous ressentons nous-mêmes lors d’une aventure candauliste.

Il est à rappeler que la joie est la seule émotion qui nous renvoie à du plaisir. Car comme nous l’avons vu nous avons 3 émotions sur 4 qui sont liées à de la souffrance. Dans certaines cultures il est presque tabou d’exprimer ses émotions.

En conclusion

Robert Zuili qui travaille depuis plus de 15 ans sur les émotions en arrive à la conclusion suivante :
Nous avons tous une carte d’identité émotionnelle, une sorte d’ADN émotionnel qui fait que comme sur le plan du sang on est donneur et receveur en termes d’émotions qui vont nourrir le lien qui nous unit.

Nous pouvons par exemple avoir un profil émotionnel qui va faire de nous un donneur universel. Faire de nous une personne capable d’apporter de la joie à tout le monde qui donne l’impression que les choses sont faciles, que tout est simple et agréable.

Si nous ne sommes pas tous des donneurs de joie universelle, n’oublions jamais que nous avons tous une part de coresponsabilité dans la relation qui se noue avec notre partenaire.

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