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Chat échaudé devrait craindre l’eau froide

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Une vision exogène, un regard de l’extérieur, on peut être le spectateur de sa propre vie.
Les rides qui se forment sur votre visage et la blancheur croissante de votre barbe vous font réaliser que chaque année qui passe, chaque année de plus, est une année en moins. On en vient à compter le nombre d’années qui nous reste, peut-être.

J’avais découvert après plus de 20 années de mariage, combien il était excitant pour moi d’assister aux ébats illégitimes de mon épouse. Les blessures étaient au moins aussi douloureuse qu’était fort le plaisir inavouable de la voir ainsi se donner, sans retenue, donnant vie à mes fantasmes les plus fous.

Ce n’est pas ce penchant pour le candaulisme qui a détruit notre mariage, pas davantage que les humiliations que je sollicitais ; c’est l’usure, celle du temps, la plus terrible. Si nous avions des vues communes sur à peu près tout à nos débuts, c’était devenu de moins en moins vrai. J’étais de plus en plus cérébral. Elle était de plus en plus « maman ». Il a bien fallu que nous en tirions les conséquences. Nous nous sommes séparés.

J’avais eu un beau parcours professionnel. Plus beau d’ailleurs que ce que j’aurais imaginé. La réussite aidant, je me suis retrouvé happé par un milieu social qui n’était pas vraiment le mien, mais je m’y sentais bien. Les confrontations de points de vue y étaient plus énergisantes, plus « intello ». Mais sous la façade lisse, il y avait assez de blessures profondes et de complexités pour entretenir mon intérêt. Je dois avouer au passage qu’être ainsi reconnu me procurait une satisfaction énorme, narcissique, valorisante. J’aurais aimé rester éloigné de la gloriole, mais pour l’avoir vécue, je vous assure que ça fait du bien.

On peut espérer une rencontre, la rechercher par tous les moyens, l’attendre…. Quand elle se produit, on en est quand-même surpris.

Bien sûr, si j’avais manqué de temps ou de moyens, j’aurais pu passer à côté. Mais j’ai eu cette chance que beaucoup envient, de rencontrer une perle rare. Un miracle. Tout de suite acceptée par mes amis et ma famille, elle était une synthèse de mes rêves. Belle, enthousiaste, aimante, très peu portée sur la critique d’autrui, compréhensive, humaine, rieuse, vivante, pétillante, et tellement vorace au lit. Elle a une dizaine d’années de moins que moi, a élevé deux enfants, et s’est séparée de son mari il y a 3 ans au moment de notre rencontre. Elle avait eu quelques aventures entre temps, sans lendemain, « juste pour l’hygiène » m’avait-elle dit. Quand elle aimait quelque chose, elle le disait sans détour. La première fois qu’elle a cédé à mes avances, c’est tout naturellement qu’elle m’a avoué « j’aime faire l’amour ». Et de fait, ce fût assez spectaculaire. Sans retenue, sans fausse pudeur, elle s’est livrée totalement.

Nous avons passé quatre années formidables à nous découvrir, à profiter de la vie, à nous aimer, à nous choyer. Puis nous avons acheté une grande maison, et la routine s’est peu à peu installée. Une routine pesante, faite de jours qui se suivent et se ressemblent, faite de nuits plus calmes, faite de frustrations qui s’accumulent.

Ma première épouse était très coquette. Toujours maquillée, apprêtée, elle passait énormément de temps à choisir ses tenues, toujours assez sophistiquées. Au contraire, Martine est assez nature. Et ça lui va très bien. Elle est dans la subtilité discrète, hors des modes. Point d’escarpins, point de jupes, point de chemisiers pigeonnants et encore moins de robes.

J’avais suggéré plusieurs fois à Martine d’essayer des robes ou des jupes, sur le ton de la plaisanterie, mais sans succès. A l’été 2015, sans que je comprenne bien pourquoi, elle s’y est enfin résolue. Nous étions entrés dans sa boutique préférée pour y chercher un jean, et nous en sommes ressortis avec 3 robes. Elle qui ne montrait jamais ses jambes qu’elle trouvait trop grosses, venait tout à coup de me faire un plaisir immense. Même la vendeuse qu’elle connaissait pourtant bien y était allée de ses compliments et de son admiration. Une robe bleu, moulante au bassin et ample au buste, tombant au-dessus du genou, un peu austère, mais très classe. Une robe blanche, un peu « plage », courte, échancrée et légèrement transparente, qui mettait en valeur son teint mat et son bronzage, mais surtout le galbe parfait de ses jambes et de ses fesses. Un régal pour les yeux. Et enfin une robe légère verte, avec un repli sur le devant, moulant ses seins mais large aux hanches, plutôt rigolote et qui ferait fureur en soirée.

Mes démons du passé sont revenus presque aussitôt, me suggérant qu’ainsi vêtue, les hommes allaient m’envier, la regarder autrement, la convoiter, rêver de la déshabiller. Mes démons que je déteste et que j’adore. Je les déteste parce que tout ça n’est pas bien ordinaire, pas bien normal, pas bien moral, pas bien civilisé. Et que j’adore parce que ça m’excite terriblement, qu’imaginer qu’un autre la regarde me chauffe à blanc, qu’imaginer qu’elle pourrait elle-même se sentir belle au point de faire bander un autre homme que moi me fait monter dans les tours comme une formule 1.

Avec ma première épouse j’avais très peu hésité. Notre vie était devenue tellement insipide que la peur de la perdre en osant lui avouer mon fantasme ne m’avait pas titillé. Cette fois c’était différent. Je ne voulais pas perdre Martine. Même si notre vie n’était plus aussi exaltante, je nous voyais bien vieillir ensemble, compter ensemble les années qui nous restaient, et les envisager avec légèreté.

Alors je suis resté seul dans mes fantasmes, jusqu’à un soir de septembre, alors que nous étions sortis aves des amis et que j’avais passé la soirée à l’admirer avec sa jolie robe blanche, que des yeux envieux avaient profité de sa naïveté quand elle se penchait et qu’on devinait ses seins par transparence, que des mains même l’avaient frôlée sans qu’elle s’en rende même compte. Nous avons fait l’amour ce soir-là avec une rare intensité. Intensité émotionnelle s’entend. Nous avons fusionné dans une étreinte longue, patiente, passionnée, nos corps ne faisant qu’un.

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